La Roche Ballue
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Historique
Le site de la Roche Ballue s'organise autour d'un étang artificiel situé au pied du front de taille, haut de 35 à 40 mètres et long de 900 mètres, de l'ancienne carrière de pierres exploitée pendant 150 ans, du début du XIXe siècle jusqu'en 1977.
Les roches massives du coteau sont exploitées pour permettre l'aménagement de digues plus en aval de l'estuaire de la Loire, sur les îles de Noirmoutier et d'Yeu. Elles sont également utilisées dans le secteur de la construction et du bâtiment (routes, pistes de l'aéroport de Nantes, base sous-marine de Saint-Nazaire pendant l'occupation allemande[1].
Cette activité a contribué au développement économique et social de la commune de Bouguenais. Les hommes venaient des villages environnants et parfois d'Espagne, d'Italie ou du Maroc pour y travailler. Les roches étaient ensuite acheminées vers la Loire distante de 600 mètres par des wagonnets ou par téléphérique pour être chargées sur des bateaux à destination du port de Nantes ou celui de Saint-Nazaire[1].
Mais l'activité a généré de nombreuses nuisances pour le voisinage, notamment du fait de l'utilisation d'explosifs pour casser le front de carrière. La faible rentabilité du site et la mobilisation des riverains a conduit à la fermeture en 1977[2].
En 1996, la Ville de Bouguenais décide de réaménager cette ancienne carrière en site naturel de loisirs, tout en conservant son aspect sauvage et en respectant la mémoire des lieux[3].
Île Mindine
L'île Mindine est le nom d'un site naturel de 6 hectares de la Roche Ballue composé de prairies humides, roselière, peupleraie et d'un plan d'eau proche de la Loire[4]. Ses zones les plus profondes restent en eau toute l'année. C'est le domaine des plantes aquatiques immergées, comme l'élodée, et l'habitat d'espèces piscicoles. En bordure de ce plan d'eau, d'étroites plages vaseuses ne se découvrent qu'en été et précèdent des prairies durablement inondables. C'est le domaine d'herbiers flottants et de la renoncule aquatique. A plus haute altitude, les eaux de crues et les fortes marées hivernales vont et viennent sans s'attarder mais peuvent parfois noyer l'intégralité du site. Les milieux durablement inondés ont tendance à régresser dans l'estuaire de la Loire en raison des aménagements réalisés depuis le XVIIIe siècle pour le canaliser et le creuser afin d'en améliorer la navigabilité jusqu'au port de Nantes. L'aménagement et les modalités de gestion hydrauliques du site permettent de rétablir des conditions écologiques respectant les besoins de la faune et de la flore des marais. Les hérons, aigrettes et spatules pêchent à pied les petits poissons qui abondent en eau peu profonde. Les grèbes et le grand cormoran pêchent en plongeant dans les eaux les plus profondes. Les foulques pâturent les herbiers aquatiques, en plongée ou en surface. Les canards s'alimentent en filtrant la surface de l'eau ou en basculant dans l'eau peu profonde. Les limicoles exploitent le haut des rivages ou les vases découvertes en été. Une mare pédagogique aménagée permet l'observation d'insectes tels que l'agrion élégant, la sauterelle grise, la punaise arlequin, le brun des pélargoniums, le scatophage du fumier, le charançon poudré, la libellule à quatre taches. L'emblématique angélique des estuaires poussent en ces lieux[5].