La Ville bidon

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La Ville bidon
Réalisation Jacques Baratier
Scénario Jacques Baratier
Christiane Rochefort
Daniel Duval
Musique Michel Legrand
Acteurs principaux Bernadette Lafont
Jean-Pierre Darras
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Drame
Sortie 1976

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

La Ville bidon est un film français réalisé par Jacques Baratier, sorti en 1976[1]. Il s'agit de la reprise du téléfilm La Décharge, tourné en 1968 et 1970, réalisé en 1971 mais censuré et donc non diffusé sous ce format. Le film a été réédité en DVD en 2008 par Doriane Films[2].

Ce film satirique est une critique de l'urbanisme des villes nouvelles dans la banlieue parisienne, dont il montre l'affairisme et l'idéalisme hypocrite, dans le contexte du démantèlement des bidonvilles et de la spéculation sur les terrains vagues (gravières et décharges). Il insiste aussi sur l'absurdité de la vie dans les grands ensembles, dans un contexte de montée de la société de consommation.

Le titre du film est lui-même un jeu de mots qui veut signifier que les "bidonvilles" ont été remplacé par leur inverse "une ville bidon" qui n'est une amélioration qu'en apparence, car, l'auteur s'emploie à démontrer que cette ville nouvelle contient autant d'aliénation, et peut-être même plus, que ce qu'elle prétendait remplacer.

À la fin du film (1 h 17 minutes) Jacques Baratier est prémonitoire quant à l'avenir des « grands ensembles ». Faisant parler le gardien d'immeuble, il prédit sentencieusement : « La qualité de la vie, qu'ils disent ! Là où il y avait des trous pleins d'ordures, ils ont bâti des grandes bites en ciment… Et ils croient que c'est pour toujours ? Moi, j'attends ! Et j'attends même pas vingt ans, pour voir comment tout ça va pourrir, comment tout ça va culbuter à la décharge… »

Un député-maire, allié à un architecte et à un promoteur immobilier, veut construire des tours en béton à la place du bidonville actuel. Un sociologue dépêché sur les lieux dans le but de valider le départ des occupants (surtout des étrangers et des ferrailleurs) prend finalement fait et cause pour eux.

La découverte d'un meurtre dans le bidonville, qui fait intervenir la police, accentue la pression sur les habitants. Finalement, le maire parvient à son but et inaugure fièrement sa ville nouvelle.

Fiche technique

Distribution

La participation de Françoise Choay, historienne et philosophe critique de l'urbanisme, professeur à l'Université de Vincennes, est à noter et donne une indication sur la tonalité critique du film. Dans la nécrologie qu'il lui consacre, le philosophe Thierry Paquot décrit ainsi son intervention dans "le film d’un de ses cousins, Jacques Baratier, La Ville bidon (1971), où elle brocarde l’architecte de la ville, joué par Pierre Schaeffer, en lui demandant : « Il faudrait peut-être quand même penser aux habitants ? »."[3]

Musique du film

Deux chansons de Claude Nougaro, écrites spécialement pour ce film, contribuent à son atmosphère: Sa Maison et La Décharge. Selon Thierry Paquot, "La chanson du générique est écrite et interprétée par Claude Nougaro, ce qui aida au lancement du film, dont la première sortie sous le titre La Décharge avait fait peu d’entrées, malgré la présence lumineuse de Bernadette Lafont et le jeu trouble de Roland Dubillard..."[3]

Réception

Notes et références

Liens externes

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