Jean de Baroncelli
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Marie Henri Jean de Baroncelli de Javon |
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Jean de Baroncelli, 10e marquis de Javon, né le à Paris et mort le à Montpellier[1], est un écrivain et critique de cinéma français.
Jeunesse et études
Jean de Baroncelli est issu d'une famille aristocratique établie depuis plusieurs siècles à Avignon. Il est le fils du journaliste et cinéaste Jacques de Baroncelli[2] et le neveu de Folco de Baroncelli. Il naît le dans le 16e arrondissement de Paris[3]. Il fait des études de droit et de lettres, et est diplômé de l'École libre des sciences politiques[4].
Il se marie le avec l'actrice Sophie Desmarets[5]. Le couple a une fille, Caroline, née en 1952[6].
Parcours professionnel
Ses débuts professionnels commencent durant la seconde Guerre mondiale, après la défaite de et sa démobilisation. Il est d’abord écrivain. Il publie à 26 ans chez Grasset, à la fin de l'année 1940, un récit de guerre (Vingt-six hommes). Il y évoque le peloton de motocyclistes qu'il commanda avant l'armistice en tant que lieutenant, la bataille de Dunkerque et son bref passage en Angleterre. Son récit est remarqué par des critiques[7]. Il est pressenti pour le prix Goncourt mais n'est pas retenu par le jury[8]. Il est aussi en lice pour le prix Renaudot à la fin de l'année 1941[9]. Comme d'autres ouvrages similaires, son livre a à la fois la faveur du public et des autorités allemandes, qui assurent un tirage important à l'éditeur[10]. Jean de Baroncelli donne son premier interview au critique littéraire Henri Poulain de l'hebdomadaire Je suis partout, qui le publie dans son périodique en [11]. Jean de Baroncelli publie ensuite, la même année, deux textes dans ce journal d'extrême droite, antisémite et collaborationniste[12],[13] : d'abord un texte pour l'anniversaire des combats de Dunkerque, publié en « une »[14], puis une nouvelle inédite, Les Solitaires[15].
Il publie quelques autres romans après la fin de la guerre mais il ne va pas au bout de certains de ses projets littéraires (publier une trilogie intitulée Né en 1914 ; seul le premier tome est paru)[16].
Il écrit aussi une pièce de théâtre[17] et des nouvelles[18].
En 1944, il hérite d'une tante, Valentine de Surville, une grande propriété de 225 hectares au nord de Montpellier, appelée « La Paillade ». Elle comprend un domaine viticole de 75 hectares, géré par un régisseur. Il y passe toutes ses vacances pendant 30 ans avec son épouse[19]. Il fut exproprié et on construisit, sur ce domaine, la ZUP de La Paillade dans les années 1960. Il a conservé avec son épouse la jouissance d'un mas.
Il est aussi critique cinématographique après la guerre. D'abord à l'hebdomadaire Une Semaine dans le monde, sous le pseudonyme de Jean Florence. C'était un hebdomadaire publié un temps par le quotidien Le Monde à la fin des années 1940[20],[21]. De 1952 ou 1953 à 1983, il écrit ensuite dans le journal Le Monde de nombreuses critiques de cinéma, ainsi que des entretiens et des enquêtes. Bertrand Poirot-Delpech, dans son article nécrologique du Monde, rappelle qu'il était surnommé dans le monde du cinéma « Jeannot » (surnom donné par son épouse) et « Baron » au Monde. Il présente le critique comme un « honnête homme éclairé (...) ennemi des théories », qui ne voulait être « d'aucun clan, d'aucun a priori en isme »[22]. Thomas Sotinel le présente comme un critique au ton pondéré et au style déjà désuet pour l'époque, un « homme de droite » qui prit position contre la censure[23].
Il a été membre du jury lors de plusieurs festivals (par ex. Berlin 1957, Cannes 1958 et 1963, Venise 1961). Il a même fait un temps partie du conseil d'administration du Festival de Cannes. Il a également participé à plusieurs émissions du Masque et la Plume.
Il est, avec Jeander (critique du journal Libération) et des exploitants de cinéma parisiens, à l'origine de la création de l'Association française des cinémas d'art et d'essai en 1955[24]. Il a été aussi à la fin des années 1970 le rédacteur en chef des publications d'Unifrance (notamment la revue Unifrance - Film), l'organisme chargé de la promotion du cinéma français à l'étranger[25],[26].
Style et opinions
Sa notice biographique sur le site de la Bibliothèque du film, de la Cinémathèque française, dit que:
« Jean de Baroncelli a contribué à l'institutionnalisation de la critique de cinéma. Il a donné à cet exercice une assise journalistique inédite en développant la place de la rubrique « Cinéma » au sein du Monde au moyen de comptes rendus réguliers, de longs entretiens et d'enquêtes. La pondération qui caractérise ses articles fut aussi le moyen d'asseoir la « respectabilité » du métier de critique : pondération du style au moyen d'exposés concis et de phrases courtes, pondération des idées ne convoquant aucun arsenal théorique, pondération du goût, susceptible d'emballement mais peu amateur de radicalité, pondération du ton, loin de la virulence des Jeunes Turcs de la Nouvelle Vague qui, à la même époque, se livraient à la critique de cinéma de manière totalement opposée[27]. »
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Romans publiés
- Vingt-six hommes. Récit de guerre, Paris, Grasset, 1941.
- Né en 1914. Gilbert, Grasset, 1945.
- Le Disgracié, Paris, La Jeune Parque, 1946 (Lire en ligne le début).
- Les Chevaliers de la Lune, Paris, La Table ronde, 1950.
- L'Hispano blanche, Paris, Orban, 1988.