peintre et graveur néerlandais (1624-1700)
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Lambert Doomer (Amsterdam, - Amsterdam, ) est un peintre néerlandais du XVIIesiècle, avant tout dessinateur, à l'œuvre assez diversifiée. Doomer semble néanmoins s'être spécialisé dans l'exécution de paysages peints ou dessinés, technique qu'il poussera au stade de l'excellence.
Né en 1624 à Amsterdam, Lambert Doomer reçoit un premier enseignement chez son père ébéniste, Herman Doomer[1]. Vers 1642, il devient l'élève de Rembrandt, alors client chez son père, mais celui-ci ne l'influence pas dans son style[2] bien qu'il lui ait probablement permis de perfectionner sa technique du dessin[1].
Auberge près de Nantes (ou Une auberge à Montbert[3]), huile sur bois, 28 × 40,5 cm, Amsterdam, Rijksmuseum.
Il exécute entre 1644 et 1646 des dessins topographiques grâce auxquels il reçoit une première reconnaissance. Ces derniers sont basés sur son voyage en France en compagnie du peintre Willem Schellinks avec lequel il rend visite à ses deux frères à Nantes[4]. C'est à cette époque qu'il réalise par exemple Vue du pont à Angers (Paris, Musée du Louvre), Auberge près de Nantes (Amsterdam, Rijksmuseum, ill. ci-contre), Nantes sur les rochers de l'Hermitage (New York, Metropolitan museum), et une suite de dessins topographiques sur les bords de la Loire (Paris, Musée du Petit Palais)[3].
Il effectue aussi, en 1663, un séjour en Suisse et en Allemagne, le long du Rhin, d'où il rapporte également des dessins de paysage.
au Musée des beaux-arts de Nantes
De sa maturité date, en 1668, le portrait de la famille de François Wynants, apothicaire d'Amsterdam, tableau qui représente en même temps l'épisode biblique d'Anne présentant au grand prêtre Héli son fils Samuel (musée des beaux-arts d'Orléans, ill. ci-contre[5]).
Entre 1669 et 1695, il vit à Alkmaar (Ouest des Pays-Bas) où il réalise également des portraits de notables dans la manière de Bartholomeus van der Helst[2] (Les Régentes de l'orphelinat, 1681, Alkmaar, hôtel de Ville, ill. ci-dessous[6]) et peint des vues de la ville.
Trois régentes de l'hospice pour hommes d'Alkmaar
Dans les années 1670, il vend des copies de ses dessins et en réalise de nombreux autres qui constituent aujourd'hui près du quart des œuvres qui nous sont parvenues.
Ses compositions, d'une grande simplicité et d'un profond naturalisme, se rapprochent du style de Gerbrand van den Eeckhout, dont Doomer s'inspira[2].
Il retourne à Amsterdam en 1695. Il s'y éteint en 1700, âgé de soixante-seize ans.
On lui doit aussi quelques dessins d'animaux (Tête de bouquetin, Rijksmuseum[7]) et des tableaux à sujet pastoral (Passage du gué, Musée des beaux-arts de Strasbourg[8]).
Également vendeur de cadres et collectionneur, Doomer acheta des œuvres de Rembrandt et un album de dessins de Roelandt Savery.
Œuvres
Le Pont des Treilles sur la Maine, à AngersAuberge près de Nantes, huile sur bois, 28 × 40,5 cm,1644?, Amsterdam, Rijksmuseum[9].
Le Pont des Treilles sur la Maine à Angers, vu d'amont, huile sur bois, 83 × 60 cm, avril 1646, Paris, Musée du Louvre. Ill. ci-contre[10].
Vue de ville au bord d'une rivière dans un paysage montagneux[12], plume, encre brune, lavis brun et gris, quelques touches d'aquarelle, traces de craie (?) blanche, H. 241; L. 408 m, Beaux-Arts de Paris. La feuille des Beaux-Arts de Paris est signée et datée de 1692, elle est très précise et présente un aspect plus "romantique" que les répétitions précédemment exécutées. Ce dessin représente sûrement un paysage allemand en partie imaginaire[13].
Les Régentes de l'orphelinat, Alkmaar, Hôtel de ville. Ill. ci-dessus[6].
Portrait de François Wijnants et d’Alida Essingle, en Elquanah et Anne venant recevoir la bénédiction d’Eli, 1668 Orléans, Musée des beaux-arts. Ill. ci-dessus[5].
Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, Rembrandt et son entourage, Carnets d'études 23, Beaux-arts de Paris les éditions, 2012-2014, p. 67-69, Cat. 15
Annexes
Bibliographie
Stijn Alsteens, Paysages de France dessinés par Lambert Doomer et les artistes hollandais et flamands des XVIe et XVIIe siècles, Fondation Custodia, 2008[1].
(de) Wolfgang Schulz, Lambert Doomer – Sämtliche Zeichnungen, Berlin, 1974 (lire en ligne).