Langues au Mexique
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| Langues au Mexique | |
| Langues officielles | Aucune |
|---|---|
| Langues principales | Espagnol mexicain, anglais, langues uto-aztèques, langues mayas, langues oto-mangues, langues mixe-zoque, langues algiques, langues yumanes, langues tequistlatèques, langue des signes mexicaine |
| Langues nationales | Espagnol, langue des signes mexicaine et 68 langues autochtones |
| Principales langues immigrantes | Anglais, français, portugais, créole haïtien, allemand, bas allemand mennonite, italien, vénitien du Chipilo, catalan, basque, galicien, hongrois, romani, russe, arabe, hébreu, judéo-espagnol, arménien, japonais, mandarin, cantonais, coréen |
| Principales langues étrangères | Anglais américain, portugais brésilien |
| Langues des signes | Langue des signes mexicaine, langue des signes maya yucatèque |
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Officiellement, le Mexique est un pays multiculturel et polyglotte selon la réforme de 1992 à l'article 2[1] de l'actuelle Constitution politique des États-Unis mexicains; ainsi que la Loi générale des personnes handicapées[2] (en espagnol Ley General de las Personas con Discapacidad) de 2005, et la Loi générale des droits linguistiques des peuples autochtones[3] (en espagnol Ley General de Derechos Lingüísticos de los Pueblos Indígenas) de 2003. Ils concèdent le statut de langues nationales à l’espagnol en conjoint avec les langues des communautés autochtones[4] et la langue des signes mexicaine[5].
Même s'il n’existe pas de déclaration constitutionnelle qui fasse de l’espagnol la langue officielle, c’est celle-ci qui a été utilisée historiquement pour tous les documents officiels et est parlée par plus de 99%[6] des Mexicains (soit comme langue maternelle ou seconde). Bien que la situation soit loin d'être parfaite, grâce aux dernières reconnaissances juridiques sur les langues autochtones, tout comme celles relatives aux principes sur l'égalité et la non-discrimination (consacrés dans l'article 1[7] de la Constitution), et la Loi générale pour l'inclusion des personnes handicapées[8] (en espagnol Ley General para la Inclusión de las Personas con Discapacidad) de 2011; l'État mexicain est obligé de protéger et promouvoir les droits linguistiques de tous et toutes les Mexicain(e)s qui ont une langue maternelle reconnue comme nationale, par le biais de la traduction des documents officiels[9],[10] et la disposition des services publics dans leurs langues comme ceux relatives à l'administration civile, à la sécurité publique ou la justice, à l'éducation ou la culture, ou à la santé[11],[12],[13],[14],[15],[16],[17],[18]. Tous et toutes les député(e)s du Congrès de l'Union peuvent s'exprimer librement en leur langue maternelle aussi si elle est reconnue comme nationale, grâce au système de traduction simultanée[19]. Depuis le début de la décennie des années 2010, les services publics et privées de radiodiffusion veulent privilégier davantage les contenus en langues nationales[20],[21],[22],[23],[24].
Population mexicaine par langue indigène
| Principales langues indigènes au Mexique en 2015[25] | |
| Langue | Pers. |
|---|---|
| Nahuatl | 1 725 620 |
| Maya yucatèque | 859 607 |
| Tzeltal | 556 720 |
| Mixtèque | 517 665 |
| Tzotzil | 487 898 |
| Zapotèque | 479 474 |
| Otomi | 307 928 |
| Totonaque | 267 635 |
| Mazatèque | 239 078 |
| Ch'ol | 251 809 |
| Huastèque | 173 765 |
Créé le lors de l'adoption de la Loi générale des droits linguistiques des peuples indigènes (Ley General de Derechos Lingüísticos de los Pueblos Indígenas), l'Institut national des langues autochtones (en espagnol Instituto Nacional de Lenguas Indígenas), mieux connu par le sigle INALI, est l'organisme décentralisé de l'Administration publique fédérale mexicaine et rattaché au Secrétariat à la Culture (en espagnol Secretaría de Cultura ou CULTURA), œuvrant à promouvoir et à protéger l'usage des langues autochtones du Mexique qui ont survécu jusqu'à présent, pour empêcher leur disparition et leur extinction. Son « catalogue des langues autochtones » (en espagnol Catálogo de lenguas indígenas mexicanas) publié en 2005 reconnaît 68 langues autochtones divisées en 364 variantes, et regroupées en 11 familles[26],[27].
Selon le recensement de 1790, vingt ans avant du début de la Guerre d'indépendance, la population hispanophone représentait à peu près de 34 % seulement. D'après le géographe mexicain Antonio García Cubas, en 1889 la population hispanophone aurait dépassé la barre de 62 % ; tandis que dans le recensement de 1895, seulement 17 % de la population s'est déclarée comme locuteur d'une langue autochtone[28]. L'assimilation des communautés autochtones faisait partie des politiques gouvernementales tout au long du XIXe siècle et la plupart du XXe siècle ; soit d'une façon ouvertement hostile envers eux, ou plutôt mitigée mais toujours condescendante de la philosophie du mestizaje ou darwinisme social appuyait par la plupart des intellectuels de l'époque comme Francisco Pimentel, Vicente Riva Palacio, Justo Sierra ou José Vasconcelos [29],[30]. Ainsi, García Cubas, membre de la Société mexicaine de géographie et statistique (en espagnol : Sociedad Mexicana de Geografía y Estadística) affirma de façon tellement raciste en 1874 dans son œuvre intitulée Materiales para formar la estadística general de la República Mexicana, que les autochtones appartiendraient « à une « race » décadente et dégénérée à cause de leurs coutumes et leur personnalité, un véritable fardeau pour le développement du pays qui pourrait se régler par la disparition de leur civilisation, le métissage et le déplacement de nouveaux colons ; bien qu'ils soient légalement des citoyens »[31].


Au XXIe siècle, le racisme mexicain est malgré tout systémique ; les communautés autochtones sont encore extrêmement appauvries, marginalisées et ostracisées par la plupart de la société mexicaine métissée et blanche ; ils sont presque absents dans la publicité, la production audiovisuelle, les universités le plus prestigieuses ou les postes supérieurs des entreprises privées. La culture et les traditions des autochtones contemporains serait encore considérée plutôt comme inférieure ou honteuse bien que tous les Mexicains soient fiers de la culture et les traditions des autochtones du passé. D'après le recensement de 2010, il y avait plus de six millions de personnes de cinq ans et plus qui parlaient une des soixante-huit langues autochtones reconnues[32], soit plus de 6,6 % de la population totale du pays en 2015; et parmi ceux-ci, 12,32 % ne parlent pas du tout l'espagnol[25], soit moins de 1 % de la population totale. Même si le nombre de personnes qui peuvent soutenir une conversation en langue autochtone augmente, leur proportion diminue[33].
Les deux langues autochtones qui sont les plus parlées sont :
- Le nahuatl avec plus de 1,7 million de locuteurs. Cette langue appartient à la famille des langues uto-aztèques et est principalement parlée surtout dans le centre du Mexique, mais aussi dans petites communautés dans l'est et le sud du pays (comprenant la ville de Mexico et les états de Mexico, Morelos, Puebla, Tlaxcala, Hidalgo, San Luis Potosí, Durango, Nayarit, Michoacán, Guerrero, Oaxaca, Veracruz, et Tabasco)[34]. Elle était utilisée au sein de l’empire mexica comme lingua franca avant la conquête espagnole (sous sa forme classique); aujourd'hui elle comporte pas mal de dialectes (30 selon l'INALI)[35] en raison de sa distribution géographique, cherchant à se standardiser en une seule norme[36].
- Le maya yucatèque avec plus de 850 000 locuteurs. Cette langue appartient à la famille des langues mayas et est principalement parlée dans la péninsule du Yucatán (comprenant les états de Yucatán, Campeche et Quintana Roo). D’autres langues mayas sont également parlées : le tzotzil, le tzeltal et le chol, dans l'etat de Chiapas; le chontal dans l'état de Tabasco; et le huastèque dans les états de Veracruz et San Luis Potosí. Toutes les langues mayas sont issues du maya classique que l’on retrouve sur les monuments et codex de l'ancienne civilisation maya. La situation institutionnelle du maya yucatèque contraste avec celle des autres langues autochtones du Mexique en raison de l'existence de l'Académie de la langue maya du Yucatán (en Maya yucatèque U Molay Ah Maya Than Yucalpetén Yucatán) et de sa norme standard[37].
Les langues autochtones ont eu une grande importance tout au long de l’histoire et la culture mexicaine. Ainsi le nom du pays trouve-t-il son origine dans la langue nahuatl. De nombreux mots actuellement et couramment utilisés au mexique sont d’origine autochtone, par exemple[38] :
- cenote, un puits naturel des massifs calcaires (du maya yucatèque dz'onot, passé en français).
- cacao, fèves comestibles à partir desquelles est fabriqué le chocolat (du maya yucatèque kakawa emprunté des langues mixe-zoque).
- cigarro, cigare (du maya yucatèque siyar).
- tlapalería, magasin d’articles de bricolage (du nahuatl tlapalli et du suffixe -ería).
- tianguis, marché ouvert (du nahuatl tianquiztli).
- aguacate, avocat (du nahuatl ahuacatl).
L'hymne mexicain a été traduit en plusieurs langues autochtones comme le nahuatl, le maya yucatèque, otomi, mixtèque, zapotèque ou tzeltal.