Laurent Mignard
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| Naissance |
Bellot (France) |
|---|---|
| Activité principale | chef d'orchestre |
| Genre musical | jazz |
| Instruments | trompette |
| Années actives | depuis 1989 |
| Influences | Duke Ellington, Don Cherry |
| Site officiel | laurent-mignard.com |
Laurent Mignard, né le à Bellot, est un chef d'orchestre, compositeur et trompettiste de jazz français.
Enfance et formation
Laurent Mignard est né et a grandi à Bellot, un petit village de Seine et Marne, dans la vallée du Petit Morin. À 11 ans, il découvre la trompette et fait ses classes dans l’alliance musicale de Bellot - Verdelot – Villeneuve[1] et dans l’orchestre musette familial. Cette ambiance de fanfare et de bal populaire marque durablement sa vision d’une musique tournée vers le plaisir du public.
Un parcours atypique
Laurent intègre l’Université Paris IX Dauphine[1] pour des études de gestion avec en perspective la reprise de la cidrerie familiale[2]. Au cours de ses études, il est initié au jazz traditionnel par l’entremise d’un étudiant, Jean-Baptiste Maugars, qui lui propose de rejoindre le Fou Jazz Band de Charles Fougea (sax soprano)[1]. L’orchestre anime des soirées étudiantes.
En , diplomé d’une maîtrise de gestion, il entame une carrière dans la publicité, tout en consolidant des apprentissages auprès d’Éric Schultz[3], guitariste américain vivant à Paris. En 1989, il fait le choix définitif de la musique.
Les apprentissages
Une intense période d’apprentissages débute, avec une formation professionnelle de deux ans à l’IACP auprès de Jean Gobinet et François Théberge, des master-class avec David Liebman, Bill Dobbins ou François Jeanneau, des cours particuliers de trompette auprès de Robert Pichaureau et une expérience dans l’ensemble franco-allemand d’Albert Mangelsdorff.
En 1990, Laurent conçoit la scénographie du Train du Jazz pour la SNCF et France Rail[4], en tandem avec Jean-Pascal Renaudet. Constitué de cinq voitures exposition avec décors et bande-son, le Train du jazz s’expose en gare Montparnasse et visite 22 villes de France en septembre et .
Laurent intègre ensuite le Big Band de Pier Van Domber et fonde plusieurs orchestres constitués de musiciens spécialistes dans chacun des styles du jazz: le New Fou Jazz Band (swing et jazz traditionnel), Jazz Passeport Quintet (hard bop), un big band avec les disciples de Roger Guérin) et un ensemble Free Jazz (avec Federico Benedetti)[1]. Il commence alors à se produire régulièrement dans les clubs parisiens.
Parallèlement, fidèle à sa région natale, il crée le Festi-Jazz des 2 Morin[5] dont il assure la production et la direction artistique (1993 à 2000). Il initie également au jazz les jeunes musiciens du territoire au sein de l’Atelier Jazz (1994 à 2004).
Côté composition, Laurent étudie plusieurs années auprès de David Angel[1](compositeur de musiques de films à Hollywood) qui lui ouvre des horizons hors du champ du jazz, avant de rejoindre la classe d’analyse des styles de Jean-Michel Bardez au Conservatoire du 10e arrondissement de Paris. Il composera une centaine d’œuvres dont la plupart sont publiées en librairie musicale avec le label Ready Made Music[6].
Un trompettiste compositeur

En 1998, la synthèse s’opère par la confrontation entre un trio jazz et un quatuor de violoncelles. L’album Face à Face[7] propose une musique écrite et libre, là où Duke Ellington, Ornette Coleman ou Don Cherry pourraient rencontrer Debussy, Ravel ou Stravinsky. Les critiques saluent l’entreprise (Un antidote contre l’intolérance musicale – Jazzman***).

Laurent décline ensuite cette esthétique en petite formation, nourrie des influences d’Ornette Coleman, Don Cherry et Duke Ellington. Avec son Pocket Quartet, il propose l’album Suites[8] (2002), récompensé d’un prix d’orchestre au Concours National de jazz La Défense. En 2004, le Pocket Quartet atteint la maturité avec l’album Alter Tropicus[9]. Inspiré par les Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss, il développe des variations sur le thème de l’altérité[1]. Laurent est encouragé par une nouvelle récompense (Révélation Jazz à Juan en 2005) et par FIP qui sélectionne l’album en playlist[10]. En 2011, le Pocket Quartet publie son 3e album Good News, soutenu par un blog témoignant des initiatives qui changent le monde[4].
Un chef d'orchestre au service de Duke Ellington
En 2002, le festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés souhaite produire un grand concert en l'église Saint Sulpice. Duke Ellington y avait présenté son 2nd Sacred Concert[11],[12] le . Pour répondre à la commande du festival, Laurent Mignard fonde un grand orchestre qui deviendra le Duke Orchestra. Le , après neuf mois de transcriptions (à l’oreille d’après les disques), il met en scène et dirige le Duke Ellington Sacred Concert avec un récitant et la chanteuse LaVelle[13].

L'œuvre sera à nouveau présentée avec Sylvia Howard à Cork en 2005[14], puis au festival Jazz à Vienne en 2009[15] avec les Harlem Jubilee Singers dirigés par Gregory Hopkins.
Laurent Mignard poursuit l’exploration de l’œuvre de Duke Ellington avec la Far East Suite pour Liban Jazz Beyrouth en 2004[16], Carnets de Voyages pour le festival Jazz sur son 31, ou la New Orleans Suite avec Rhoda Scott au Méridien Jazz Festival.
En 2012, Laurent Mignard souhaite témoigner de l’influence de la France dans l’œuvre de Duke Ellington. Il propose alors l'album Ellington French Touch[17] (CHOC Jazz Mag Jazzman - album de l’année 2012, CHOC Classica, Sélection CD Le Monde...) ainsi qu'un spectacle éponyme au Palace[18],[19] et en tournée[20]. Le , 50 ans après la rencontre au sommet entre Duke Ellington et Count Basie (en), le festival Jazz à Vienne produit un grand concert: Battle Royal, Ellington vs Basie. Laurent Mignard conçoit le concert et dirige 31 musiciens (le big band de Michel Pastre, le Duke Orchestra et le chanteur Marc Thomas) pour un moment d'anthologie[21] retransmis en direct sur France Inter[22]. Le CD Battle Royal[23] produit par Jazz à Vienne et Juste une Trace est distribué par Columbia - Sony Music. La Battle Royal sera à nouveau présentée aux festivals Jazz sous les Pommiers[24] , Pertuis[25] et sur la scène nationale de Châteauroux[26].

En , Laurent Mignard Duke Orchestra fête ses 10 ans à l'Européen[27] en compagnie d'invités tels que Pierre Richard, Victoria Abril, Jean-Jacques Milteau et Jorge Pardo, puis s'envole pour une tournée en Chine[28].
Le , le festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés invite Laurent Mignard pour une nouvelle version du Duke Ellington Sacred Concert en quintet à Saint Sulpice, en compagnie de l'ensemble vocal By The Gospel River (dir. Emmanuel Pi Djob) et des chanteuses Myra Maud et Nicole Rochelle[29]. Le , en clôture du Provins Duke Festival, une version XXL du Duke Ellington Sacred Concert est présentée avec 160 artistes sur scène en l'église de la Madeleine, incluant Mercedes Ellington[30] dans un rôle de récitante, Emmanuel Pi Djob, Nicolle Rochelle et Sylvia Howard[31]. L'enregistrement de ce concert événement est publié dans un Cd/Dvd Duke Ellington Sacred Concert[32]. En , le spectacle part à la rencontre du grand public en tournée dans les cathédrales de France[33],[34] à Lille, Rennes, Aix en Provence, Toulouse, Lyon et Nîmes.
En , la Battle Royal est à nouveau présentée au festival Jazz au fil de l'Oise[35].
Le , l'Académie du Jazz fête ses 60 ans au théâtre du Châtelet et invite Laurent Mignard Duke Orchestra à animer la soirée de gala et à réaliser des collaborations inédites avec Jean-Luc Ponty, Sanseverino et John Surman[36]. En janvier et , création du premier spectacle jeune public Jazzy Poppins[37] au Pan Piper, conte musical en décor et en costumes d'après le film de Walt Disney et l’album Duke Ellington Plays Mary Poppins (en), avec la chanteuse comédienne Sophie Kaufmann[38]. Au printemps, sortie de l’album et présentation du spectacle à Radio France dans l'émission Cabaret 42e rue[39]. En , Jazzy Poppins est à nouveau présenté à l'Espace Paris Plaine[40], puis à Tournai[41], au Grand Théâtre d’Aix-en-Provence[42], à la Seine Musicale[43], à Thiais, à Antony et à Provins. Jazzy Poppins est nommé aux Trophées de la Comédie Musicale 2019[44]. En 2021, Laurent Mignard propose un large éventail instrumental et vocal en hommage aux femmes, par des artistes invitées et des œuvres ellingtoniennes emblématiques[45]. Le Duke Orchestra enregistre son nouveau projet Duke Ladies[46] à la Seine Musicale, mettant en scène 10 artistes féminines, dont Natalie Dessay, Rhoda Scott et Roberta Gambarini. Les albums Duke Ladies vol. 1 () et Duke Ladies vol. 2 () sont salués par la presse[47],[48]. L'album Duke Ladies vol. 1 est récompensé par le Prix du jazz classique de l'Académie du Jazz[49] et le prix spécial du jury du Hot Club de France[50]. Le théâtre du Châtelet[51] organise un grand concert[51] Duke Ladies le [52]. En , Laurent Mignard Duke Orchestra crée son deuxième conte musical en décor et en costumes : Jazz Noisette[53], d'après The Nutcracker Suite de Duke Ellington et Casse-Noisette de Piotr Ilyitch Tchaïkovski, avec la chanteuse comédienne Claire Couture.
La Maison du Duke
En 2009, Laurent Mignard initie la coopération des experts ellingtoniens par la création de la Maison du Duke afin de contribuer à la diffusion de l'œuvre et des valeurs de Duke Ellington[54]. En 2013, il crée le Duke Festival de Provins[55],[56]. En 2021, après les disparitions de Christian Bonnet et Claude Carrière[57], il assume la présidence de l'association La Maison du Duke aux côtés de Philippe Baudoin (président d'honneur) et Leila Olivesi (vice-présidente).
Un conférencier
Parallèlement à sa carrière artistique, Laurent Mignard délivre les clés de réussite de Duke Ellington par des conférences en entreprises[58] afin d'éclairer les équipes professionnelles et les inviter à revisiter leur leadership et leur management. Il lève le voile sur le processus collaboratif dans l’orchestre, souligne le rôle des solistes, témoigne de sa propre expérience et active le versant émotionnel afin de mieux orchestrer les talents[59],[60].
Récompenses et distinctions
- Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[61]
- Révélation 2005 Jazz à Juan, 1er prix jazz instrumental
- Lauréat du Concours National de jazz La Défense 2002