Le Christ à la colonne (Le Caravage)

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Artiste
Date
Technique
Huile sur toile
Le Christ à la colonne
Artiste
Date
Type
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
134,5 × 175,5 cm
Mouvement
No d’inventaire
955.8Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Le Christ à la colonne (ou Flagellation du Christ) est un tableau de Caravage peint entre 1606 et 1607 et conservé au musée des Beaux-Arts de Rouen. Il représente le Christ sur le point de se faire flageller par deux bourreaux qui l'attachent à une haute colonne, en prélude à sa Passion. L’œuvre, dont l'attribution à Caravage est récente (fin des années 1950), n'est pas datée de façon certaine mais les historiens de l'art s'accordent à la rattacher à la période du tout premier séjour du peintre à Naples, alors qu'il vient de s'enfuir de Rome où il a commis un meurtre. Typique de la manière caravagesque, le Christ à la colonne offre une composition originale qui est étonnamment différente de celle choisie pour une seconde Flagellation que Caravage réalise à très peu de temps d'écart pour une église napolitaine.

Le Christ est représenté juste avant sa flagellation, alors que ses deux bourreaux s'activent à le lier sur une colonne : c'est cet instant de tension précédant la violence qui constitue le cœur de la scène[1]. Les tortionnaires du Christ sont représentés à la manière naturaliste qu'affectionne le peintre lombard : leurs visages marqués et leurs mains rudes leur confèrent un aspect populaire que confirment leurs vêtements pauvres et abîmés ; c'est un traitement humain et non caricatural qui leur est réservé[1]. De même, la brutalité de leurs gestes comme l'apparence éreintée du Christ renvoient à une réalité concrète[2].

L'éclairage de gauche sépare nettement le tableau en deux parties, et le mouvement des personnages est conçu en fonction de cette composition[3]. La lumière de soupirail provenant d'en haut, typique de Caravage, accentue le geste des bourreaux et procure un effet cinétique[2]. L'historien de l'art Eberhard König observe que la colonne de la flagellation est ici traitée non pas comme un thème majeur mais comme un attribut du Christ[3]. Cette colonne, qui monte vers le ciel, présente des marbrures semblables à des plaies tandis que le corps athlétique du condamné est absolument intact[2]. Sur le plan symbolique, le manteau rouge jeté au sol semble représenter la royauté déchue du Christ, et le périzonium blanc évoque déjà son linceul[2]. La composition complètement décentrée offre également une possible interprétation symbolique, comme le propose l'historien de l'art Arnauld Brejon de Lavergnée qui observe « l'idée magnifique » du visage du Christ tourné vers le bord extrême du tableau : « isolé géographiquement car isolé dans sa Passion, [le Christ] regarde le vide désespérément ; les bourreaux sont des humains qui accomplissent leur travail ; le spectateur est pris entre les deux[4]. »

Historique

Le Caravage peint ce tableau vers 1606[3] ou 1607[5]. Il s'agit de l'une des œuvres datant probablement du premier séjour à Naples du peintre lombard, qui s'est enfui de Rome après y avoir tué un homme en duel. C'est en particulier le traitement des bourreaux, plus que celui de la figure du Christ, qui est caractéristique de cette première période napolitaine[3]. Il est toutefois possible de rattacher le tableau à l'extrême fin de son séjour romain, en 1606 donc[2],[6].

L'œuvre est longtemps attribuée à Mattia Preti, même lors de son achat par le musée de Rouen en 1955[7],[2]. Il faut attendre 1959 et l'expertise (par application de la « méthode morellienne ») de Roberto Longhi, spécialiste et expert du Caravage, pour que sa véritable attribution soit reconnue et progressivement admise de façon quasi unanime[8]. Il est possible que la toile soit issue de la collection du cardinal Scipione Borghese[7].

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Notes et références

Annexes

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