Le Martyre de sainte Ursule

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Artiste
Date
Commanditaire
Marcantonio I Doria (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Le Martyre de sainte Ursule
Artiste
Date
Commanditaire
Marcantonio I Doria (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Type
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
140,5 × 170,5 cm
Mouvement
Localisation

Le Martyre de sainte Ursule (en italien : Martirio di sant'Orsola) est un tableau de Caravage peint en 1610 et conservé au palazzo Piacentini (ou palais de la banque de Naples), dans les collections des Gallerie d'Italia de Naples[1]. Il s'agit de la dernière œuvre documentée du peintre.

Exécutée en 1610[2] pour le prince Marcantonio Doria, fils du doge Agostino Doria de Gênes, cette œuvre est commandée par l'entremise de Lanfranco Massa, son représentant à Naples, probablement en hommage à la belle-fille du Génois nommée sœur Ursule[3]. Elle est terminée juste avant le retour de Caravage à Rome ; expédiée de Naples le par la felouque Santa Maria di Porto Salvo, elle arrive à Gênes le 18 du mois suivant, soit un mois avant la mort de l'artiste[4]. Conservée au Palazzo Doria d'Angri allo Spirito Santo de Gênes, elle est transférée au XIXe siècle dans une résidence de la famille Doria, la villa Romano Avezzano à Eboli.

Malgré ses moyens importants, le prince Doria doit se montrer très combatif pour obtenir cette commande qu'il souhaitait passer à Caravage, car l'artiste est extrêmement sollicité par de nombreux collectionneurs et amateurs d'art d'avant-garde[5].

Le Martyre de sainte Ursule est redécouvert en 1954-1955 par Ferdinando Bologna, alors jeune fonctionnaire du ministère de l'éducation nationale italien. Mais lorsqu'il demande l'avis de Roberto Longhi, dont il était un des élèves, celui-ci rejette dans une façon virulente l'hypothèse d'une œuvre de Caravage de la période napolitaine, envisageant p la suite lutôt le mantouan Bartolomeo Manfredi. Néanmoins Bologna n'a pas baissé le bras, quoique l'éminent historien de l'art Raffaello Causa, lui aussi élève de Longhi et fonctionnaire ministériel, ait par la suite attribué la toile à Mattia Preti[6]. L'attribution à Caravage n'est définitivement reconnue que dans les années 1980, à la suite de la découverte, par le philologue Giorgio Fulco, d'un document d'archive qui avalise l'opinion de Bologna et de Mina Gregori laquelle en 1974 avait elle aussi avancé l'hypothèse d'une œuvre de Michelangelo Merisi. Entre-temps le tableau est acquis comme étant un œuvre de Mattia Preti par la filiale napolitaine de la Banca Commerciale Italiana en 1973[5]. À la suite d'une série de fusions et d'acquisitions actuellement le tableau, qui est toujours à Naples, appartient à Intesa Sanpaolo.

Description

Cette scène hagiographique chrétienne est issue de La Légende dorée de Jacques de Voragine : Ursule, fille du roi de Bretagne, martyrisée par les Huns à Cologne, est placée à droite dans la composition ; son bourreau armé d'un arc à gauche est à l'origine de la flèche plantée dans le torse de la sainte, qui penche la tête pour contempler sa blessure mortelle d'où jaillit le sang. Le manteau rouge sous l'armure du guerrier constitue le pendant visuel du drapé rouge que revêt la sainte[a], sur un fond d'un noir absolu.

« Avec son chapeau à plumes et sa cuirasse ornementée, l'assassin est clairement désigné comme le prince courroucé de la légende. Tranchant sur le fond sombre, le rouge flamboyant de la tunique princière et de la cape de la sainte unit irrévocablement le prétendant déçu et sa promise. »

 Catherine Puglisi[7]

Deux personnages, placés légèrement en arrière-plan, escortent sainte Ursule : seuls leurs visages émergent partiellement de l'ombre profonde. Un dernier personnage se tient à droite, presque sorti du cadre du tableau, un soldat en armure qui avance le bras comme pour protéger Ursule. La figure du peintre peut être reconnue dans celle du personnage derrière Ursule[3].

Analyse

Notes et références

Annexes

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