Alors que Lyon est un centre important du mouvement anarchiste à cette période, ceux-ci commencent à y établir des organes de presse qui se succèdent entre les interdictions et la répression importante les touchant. Suite à l'interdiction de L'Alarme, leur organe de presse, ils refondent un nouveau journal, intitulé Le Droit anarchique, qui peut tirer pendant environ un mois avant d'être interdit à son tour.
Situation de l'anarchisme à Lyon et premières publications
Lyon et la région lyonnaise de manière générale deviennent vite un pôle important de l'anarchisme[1] - les anarchistes y forment une Fédération révolutionnaire lyonnaise[1],[2]. Les anarchistes lyonnais évoluent dans un climat de répression et de surveillance de la part des autorités françaises[1],[3]. En 1878, ils décident toutefois de se doter d'un journal et fondent une société, le Droit social, destinée à réunir des fonds pour la fondation d'un journal éponyme[3]. Malheureusement pour eux, la loi oblige alors à faire un cautionnement - c'est-à-dire un dépôt de fonds auprès des autorités - pour avoir le droit de publier, ce qui rend alors une telle initiative difficile pour des raisons financières mais aussi pratiques, les journaux anarchistes ayant tendance à être rapidement interdits en France[3],[4].
En 1882, après la nouvelle loi sur la liberté de la presse de 1881, la situation évolue avec la suppression de ce cautionnement, et le Droit social est fondé à Lyon en [3]. Il est très surveillé par les autorités françaises; chaque numéro est analysé avec parcimonie, le commissaire spécial de Lyon cherche à découvrir les auteurs précis de chaque article et les autorités engagent des poursuites nombreuses contre les gérants successifs du journal, qui change plusieurs fois de nom[3]. Il s'arrête le [3] et est remplacé par L'Étendard révolutionnaire entre août et [1].
Extraits d'un des articles du dernier numéro (N°3)
Ce journal est ensuite interdit à la suite de l'attentat de l'Assommoir et son gérant, Antoine Cyvoct, condamné à mort pour un des articles du journal[1]. Le mouvement anarchiste en France et plus spécifiquement à Lyon sont ensuite durement visés par la répression qui culmine en lors du procès des 66[1]. À Lyon même, plusieurs anarchistes établissent un nouvel organe de presse, intitulé La Lutte[5]. Celui-ci est rapidement poursuivi, comme les précédents, et interdit[5]. Peu après, le journal Le Drapeau noir, qui prend la suite de La Lutte, est fondé en et s'étend jusqu'à , où il subit le même sort que ses prédécesseurs et est remplacé par L'Émeute de à [6],[7]. Après L'Émeute, c'est au tour du Défi d'être publié par les anarchistes lyonnais, sur seulement trois numéros en [8]. L'Hydre anarchiste, qui lui succède, tient six numéros jusqu'à son interdiction, fin [9]. Enfin, L'Alarme, publié d'avril à juin, subit le même sort[10].
Le Droit anarchique
Ce titre est fondé peu après l'interdiction de L'Alarme[11]. L'historien René Bianco n'identifie pas les auteurs des articles du journal, qui sont non signés, mais mentionne que Vincent Berthout participe probablement à sa rédaction et que G. Fronteau puis Isidore Mounier sont les gérants de la publication[11].
L'imprimerie du titre se fait au 70 cours de la Liberté à Lyon[11].
Comme ses prédécesseurs, il est rapidement poursuivi, dès le premier numéro, son premier gérant est arrêté. Il parvient à se maintenir trois numéros en tout avant d'être interdit, s'éteignant après son titre du [1],[11].
Son interdiction marque la fin de la première période de presse anarchiste lyonnaise, composée de nombreux titres se succédant de 1882 à 1884, entre les interdictions[11].