Le Drapeau noir (journal)

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Format
Langue
Fondateur
Auguste Baudry
Clovis Demure
Léon Domergue
Marius Monfray
Vitre
Le Drapeau noir
Une du premier numéro (Archives Autonomies)
Format
Langue
Fondateur
Auguste Baudry
Clovis Demure
Léon Domergue
Marius Monfray
Vitre
Genre
Date de création
12 août 1883
Date de parution
Date de fin
2 décembre 1883
Lieu de publication
Pays

Le Drapeau noir est un journal anarchiste publié à Lyon entre août et . Il succède à La Lutte, interrompue avant qu'il ne commence à publier. Il est surtout connu pour être la première publication anarchiste à utiliser le drapeau noir comme titre, avant que celui-ci ne se généralise à l'ensemble du mouvement.

Alors que Lyon est un centre important du mouvement anarchiste à cette période, ceux-ci commencent à y établir des organes de presse qui se succèdent entre les interdictions et la répression importante les touchant. En parallèle avec ces développements, le drapeau noir, symbole des canuts, commence à passer dans les cercles anarchistes et est repris dans L'Étendard révolutionnaire, une publication précédant Le Drapeau noir.

En , peu après le procès de Louise Michel pour l'avoir arboré dans une manifestation, le journal se fonde et reprend ce symbole comme titre. Il publie jusqu'à avant d'être interdit et de laisser place à l'organe de presse suivant, L'Émeute.

Il fait partie de la première période de presse anarchiste lyonnaise, comportant une série de journaux proches les uns des autres et se succédant entre les interdictions, dont Le Droit social, L'Étendard révolutionnaire, La Lutte, Le Drapeau noir, L'Émeute, Le Défi, L'Hydre anarchiste, L'Alarme ou encore Le Droit anarchique.

Situation de l'anarchisme à Lyon et drapeau noir

Lyon et la région lyonnaise de manière générale deviennent vite un pôle important de l'anarchisme[1] - les anarchistes y forment une Fédération révolutionnaire lyonnaise[1],[2]. Les anarchistes lyonnais évoluent dans un climat de répression et de surveillance de la part des autorités françaises[1],[3]. En 1878, ils décident toutefois de se doter d'un journal et fondent une société, le Droit social, destinée à réunir des fonds pour la fondation d'un journal éponyme[3]. Malheureusement pour eux, la loi oblige alors à faire un cautionnement - c'est-à-dire un dépôt de fonds auprès des autorités - pour avoir le droit de publier, ce qui rend alors une telle initiative difficile pour des raisons financières mais aussi pratiques, les journaux anarchistes ayant tendance à être rapidement interdits en France[3],[4].

En 1882, après la nouvelle loi sur la liberté de la presse de 1881, la situation évolue avec la suppression de ce cautionnement, et le Droit social est fondé à Lyon en [3]. Il est très surveillé par les autorités françaises ; chaque numéro est analysé avec parcimonie, le commissaire spécial de Lyon cherche à découvrir les auteurs précis de chaque article et les autorités engagent des poursuites nombreuses contre les gérants successifs du journal, qui change plusieurs fois de nom[3]. Il s'arrête le [3] et est remplacé par L'Étendard révolutionnaire entre août et [1].

Ce journal est ensuite interdit à la suite de l'attentat de l'Assommoir et son gérant, Antoine Cyvoct, condamné à mort pour un des articles du journal[1]. Le mouvement anarchiste en France et plus spécifiquement à Lyon sont ensuite durement visés par la répression qui culmine en lors du procès des 66[1].

En parallèle avec ces développements et la répression, le drapeau noir, ancien symbole des canuts de Lyon, commence à être réutilisé par les anarchistes lyonnais. En 1881, le compagnon Claude Bernard défend son usage dans une réunion et il est réutilisé par la Bande noire en 1882 dans L'Étendard révolutionnaire[5],[6],[7]. Lors de la manifestation du 9 mars 1883, enfin, Louise Michel l'arbore et fait la une de plusieurs journaux avec ce symbole, qu'elle défend lors de son procès[5],[6],[7].

Le Drapeau noir

La Liberté ou la mort dans le journal (N°13)

À Lyon même, plusieurs anarchistes établissent un nouvel organe de presse, intitulé La Lutte[8]. Celui-ci est rapidement poursuivi, comme les précédents, et interdit[8]. Peu après, le journal Le Drapeau noir, qui prend la suite de La Lutte, est fondé[9].

Sa devise, comme pour le titre précédent, est « Liberté, égalité, justice »[9]. Il se place dans la lignée des publications anarchistes précédentes et annonce reprendre le drapeau noir comme emblème, cette fois en le séparant plus ouvertement du drapeau rouge socialiste[10],[11] :

Les événements, les faits de tous les jours, nous ont montré clairement que le drapeau rouge, si glorieux vaincu, pourrait bien, vainqueur, couvrir de ses plis flamboyants, les rêves ambitieux de quelques intrigants de bas étage. Puisqu’il a déjà abrité un gouvernement et servi d’étendard à une autorité constituée. C’est alors que nous avons compris qu’il ne pouvait plus être pour nous, les indisciplinés de tous les jours et les révoltés de toutes les heures, qu’un embarras ou qu’un leurre.

Dans les raisons poussant le choix du drapeau noir, la filiation par rapport aux canuts est défendue de manière très claire et explicite dans le premier numéro[11].

Parmi les collaborateurs du journal, on trouve Auguste Baudry, Clovis Demure, Léon Domergue, Marius Monfray et l'anarchiste Vitre, selon l'historien René Bianco[9].

Le journal, dont le premier numéro se situe le , en publie 17 sur la totalité, jusqu'au [9]. Après les poursuites pesant sur lui, il laisse place au journal lyonnais suivant, L'Émeute[9].

Postérité

Influence sur l'adoption du drapeau noir comme symbole du mouvement anarchiste

Selon l'historien Guillaume Davranche, le drapeau noir devient un symbole privilégié du mouvement anarchiste à partir de la manifestation de Michel et de ce journal, qui est en réalité la première publication anarchiste portant ce nom[11].

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Liens externes

Références

Bibliographie

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