Le Huron (opéra)
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Le Huron est une comédie mêlée d'ariettes française en deux actes en vers composé par André Grétry sur un livret de Jean-François Marmontel créé le par la Comédie-Italienne à l'hôtel de Bourgogne à Paris.
Représentée 111 fois, entre 1770 et 1785, cette œuvre inspirée de l'Ingénu de Voltaire est le premier succès du compositeur auprès du public parisien.
| Rôle | Voix | Distribution de la création, (Chef d'orchestre : Le Bel ) |
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| Le Huron | baryton | Giuseppe Caillot |
| Mlle de Saint-Yves | soprano | Marie-Thérèse Laruette |
| M. de Saint-Yves | basse | Deshayes |
| Mlle de Kerkabon | soprano | Mlle Desglands |
| M. de Kerkabon | basse | Nainville |
| Le Bailli | Champville (d) | |
| Gilotin | ténor | Jean-Louis Laruette |
| un officier | ténor | Clairval |
Résumé
Acte 1
Mlle de Kerkabon et Mlle de Saint-Yves, promise à Gilotin, trouvent le Huron à leur gout, mais Gilotin ne l’entend pas de cette oreille, car l’affaire a été résolue par leurs pères respectifs. Le Huron, qui cherche à se consoler de la perte de la belle Abucaba, mangée par un ours, laisse entendre que Mlle de Saint-Yves pourrait bien être l’instrument de sa consolation.
Lorsque Mlle de Kerkabon reconnait deux portraits au cou du Huron, elle s’en va consulter son frère à leur sujet, tandis que le Huron confesse sa flamme pour Mlle de Saint-Yves qui, émue, part retrouver Mlle de Kerkabon. Resté seul en compagnie du Huron, Gilotin lui explique que Mlle de Saint-Yves lui a été promise et que, quels que soient ses sentiments à son égard, elle devra l’épouser, selon la coutume locale : « les pères chez nous disposent des enfans. » Le Huron veut, au contraire, « lui laisser choisir l'époux qui lui plaira. »
De retour, M. de Kerkabon annonce du Huron que la photo du portrait est celle de son frère, et qu’il est donc son neveu . Le Huron est heureux d’apprendre est français, mais refuse de s’habiller à la française car il entend continuer sa vie à la huronne, et fait l’éloge de la différence. Il y consent néanmoins pour faire plaisir à Mlle de Saint-Yves, mais avoue ses sentiments pour elle à son oncle, qui prend son parti. Pendant que M. de Kerkabon présente le Huron à M. de Saint-Yves, Mlle de Kerkabon, restée seule avec Mlle de Saint-Yves, se désole d’avoir le Huron pour neveu, tandis que cette dernière finit par avouer ses sentiments pour lui. Le Huron revient et s’ouvre de ses projets de mariage avec Saint-Yves lorsque, des ennemis menacent les ports, des officiers tentent de recruter Gilotin qui se défile. « Renvoyez ce poltron », dit Le Huron qui prend sa place, en sa qualité de Français, sous le nom d’« Hercule de Kerkabon ».
Acte 2
Hercule de Kerkabon a fait un carnage chez les Anglais. Sa valeur au combat a triomphé des hésitations de M. de Saint-Yves, qui consent au mariage de sa fille, mais Gilotin n’entend pas se laisser faire. Sur ces entremises, M. de Saint-Yves arrivé, annonce que le mariage avec le Huron n’est pas encore fait, car il n’aime pas sa « pétulance Qui va jusqu'à l'extravagance. ». Il destine sa fille au couvent. Mlle de Saint-Yves a déjà commencé à fléchir son père, lorsque le bruit parvient que le Huron a déjà pris le couvent d’assaut. L’officier prend la défense du Huron devant M. de Saint-Yves et, lorsque le bailli vient l’arrêter, M. de Saint-Yves s’y oppose, déclarant « Pardonner à l'époux le crime de l'amant. » Hortence de Saint-Yves assure son père que « son cœur est honnête; Et tout le reste peut changer. » La pièce se conclut avec le chœur glorifiant l’amour qui rend les Sauvages doux et sages.
Genèse
À la suite de l’échec des Mariages samnites, Grétry, découragé, se disposait à retourner à Liège, lorsque le comte de Creutz, envoyé de Suède, qui s’était fait son protecteur, ainsi que Suard et l’abbé Arnaud, avec lesquels Grétry s’était lié, qui n’avaient pas partagé l’opinion générale, ont décidé Marmontel à rédiger le livret du Huron, d’après l’Ingénu de Voltaire[1]. Marmontel, qui avait écrit pour le théâtre quelques tragédies et quelques opéras, représentés avec assez peu de succès, a accepté, par amitié pour le comte de Creutz, demandant seulement à rester anonyme. La partition et le livret achevés, le comte de Creutz a invité pour l’entendre l’acteur alors le plus influent de la Comédie-Italienne, Caillot, qui s’est laissé charmer par les airs qui lui étaient destinés. Décidé à faire recevoir la pièce, il décide ses camarades, en leur chantant à l’improviste, après diner. sans nommer l’auteur, l’air : « Dans quel canton est l’Huronie ? » La pièce est alors reçue et montée sur-le-champ[2].
Réception
Le public a été unanimement favorable à la musique du Huron. Une boutique de tabac a même pris : « Au grand Huron », pour enseigne. Quant au livret, le public était divisé pour l'attribution, mais d’accord pour le critiquer. La Correspondance littéraire nomme Marmontel en ajoutant que « le public, tout en se portant à cette pièce avec une affluence prodigieuse, continue de dire beaucoup de mal des paroles[3]. » D’autres, se donnaient pour mieux informés, attribuaient le Huron à Voltaire, dont les récentes relations avec Grétry étaient connues : « C’est un hochet de sa vieillesse[4] », hasarde irrévérencieusement Bachaumont.