Silvain (opéra)
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Sylvain
| Genre | Comédie mêlée d'ariettes |
|---|---|
| Nbre d'actes | 1 |
| Musique | André Grétry |
| Livret | Jean-François Marmontel |
| Langue originale |
français |
| Sources littéraires |
Eraste, Salomon Gessner |
| Création |
19 février 1770 Comédie italienne, Paris |
Silvain, ou Sylvain, est une comédie mêlée d'ariettes en un acte du compositeur André Grétry sur un livret de Jean-François Marmontel, créé en à Paris.
Jean-François Marmontel, pour conserver sa dignité de dramaturge, souhaite ne pas apparaître en tant qu'auteur d'opéra-comique, et prête donc anonymement sa pièce à André Grétry[1]. André Grétry, à l'inverse de ses opéras antécédents, s'est attaché à rendre la justesse de la déclamation dans son ouvrage, afin d'approcher le plus possible les inflexions naturelles de la voix pour rendre les « diverses affections de l'âme »[1]. Il se fait même amener par son librettiste Jean-François Marmontel chez l'actrice Mademoiselle Clairon pour se faire donner « une leçon de musique »[1].
Argument
Le fils d’un gentilhomme ayant épousé une roturière, est déshérité pour mésalliance. Parti vivre aux champs en véritable enfant de la nature dans une simple ferme, son père, vaincu par l’ascendant de ses vertus, finit par lui pardonner, en reconnaissant que les avantages de la naissance ne sont rien auprès des qualités personnelles. La réconciliation entre le père et le fils a lieu à l’occasion de poursuites exercées contre celui-ci pour un délit de braconnage.
Historique
Silvain est créé le à Paris à la Comédie italienne[2]. L'opéra connaît un fort succès chez le public, à l'instar de ses ouvrages précédents, ce qui contribue à installer la réputation du compositeur[1], bien que l'aristocratie française critique vivement le livret, qui y voit un complot des philosophes, trop libéral pour elle[1],[3]. L'opéra devient un des ouvrages favoris de Marie-Antoinette[2], qui est une des premières pièces qu'elle fait jouer dans son théâtre de la Reine de Trianon[1].
L'opéra est joué en 1770 en Suède en français pour deux représentations, puis dix sept fois dans une version traduite entre 1791 et 1795[3]. Silvain est le tout premier opéra représenté sur le sol des États-Unis après la déclaration de son indépendance ; sa création se déroule dans la salle d'opéra française, le Théâtre de la Rue Saint-Pierre, du Vieux carré français de La Nouvelle-Orléans en Louisiane le [4],[5],[6]. Cette ville devient par la suite le vivier artistique dans le genre de l'opéra et le réceptacle de nombreuses créations[7],[5],[4]. Jusqu'au milieu des années 1820, Silvain est joué autour de quatre cent fois à Paris et presque trente fois à Saint-Domingue avant son indépendance[2]. Silvain est joué en juin 2022 à Washington à l'Opera Lafayette, sous la direction de Ryan Brown et mis en scène par Tania Hernández Velasco[8].
Genèse

Le poěme de Marmontel a été vivement critiqué par les personnes du grand monde. Un pareil thème n’était guère de nature à plaire à l’aristocratie. Les conclusions qu’il était possible de tirer du sujet étaient d’une philosophie trop libérale pour celle-ci. Le duc de Noailles a dit que la morale de la pièce était qu’il faut épouser sa servante et laisser braconner ses paysans. Les courtisans étaient persuadés que les sujets de ce genre étaient traités à dessein par les Philosophes pour répandre leurs opinions sur l’égalité des hommes et sur le préjugé de la naissance. Silvain était rattaché à la grande conspiration des encyclopédistes. Tout ce qui a dit sur ce point n’a pas empêché Marie-Antoinette de vouloir connaitre l’œuvre de Marmontel et de Grétry. Sa curiosité en a été d’autant plus vivement excitée[1]. L'ouvrage est néanmoins dédié au prince Charles de Pologne.
Livret
Le livret est inspiré par l'Eraste de Salomon Gessner, une pièce en un acte qui raconte l'histoire de Simon, serviteur du pauvre fermier Eraste, qui décide de dérober aux riches pour redonner aux pauvres, et ainsi nourrir son maître et sa maison. Eraste lui ordonne de rendre l'argent à celui à qui Simon l'a dérobé, qui s'avère être le père d'Eraste. Celui-ci recherchait son fils qui avait décidé il y a longtemps de se marier en dehors de la noblesse[9]. Pour Silvain, le récit raconte l'histoire de Silvain, le fils d'un noble déshérité par son père parce qu'il a épousé une roturière. Avec Hélène et leurs deux filles Pauline et Lucette, il vit comme un simple paysan dans sa ferme. Le jour du mariage de l'aînée avec le fils du paysan voisin, Silvain est accusé de braconnage par le fils d'un nouveau seigneur local, qui se trouve être en fait son propre père[2].
Le livret de Jean-François Marmontel se déporte sur l'Ancien Régime et constitue une critique du traitement des paysans et de leur usage de la terre, l'histoire devenant ainsi un plaidoyer en faveur de l'égalité sociale[10].
Rôles

La distribution de Silvain comprend les personnages suivants, avec la tessiture qui leur est associée et le créateur du rôle[11] :
| Rôle | Tessiture | Créateur[12] |
|---|---|---|
| Silvain Dolmon, fils aîné | baryton | Joseph Caillot |
| Dolmon, père | basse-taille | M. Suin |
| Hélène, épouse de Silvain | soprano | Marie-Thérèse Laruette |
| Dolmon, fils cadet | parlé | Antoine Trial |
| Pauline, fille de Silvain et Hélène | soprano | Marie-Jeanne Trial |
| Lucette, fille de Silvain et Hélène | soprano | Pétronille-Rosalie Beaupré |
| Bazile, jeune villageois | ténor | Clairval |
| Un garde de Dolmon | ténor | |
| Un garde de Dolmon | basse-taille |