Le Surréalisme et l'après-guerre

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Couverture originale de 1948.
Couverture de l'ouvrage reprenant le texte de la conférence, accompagné de nouveaux développements.

Le Surréalisme et l'après-guerre est une conférence du poète Tristan Tzara, alors membre du Parti communiste français, donnée le à la Sorbonne. L'écrivain, ancien chef de file du mouvement dada et ancien membre du groupe surréaliste, qu'il a quitté en 1935 pour se rapprocher des communistes, propose une mise en perspective historique de ces deux mouvements. L'événement prend place dans le contexte de la guerre froide, d'une aggravation des tensions entre les intellectuels communistes et les autres, ainsi que d'une rivalité entre Tzara et le poète André Breton, chef de file du surréalisme, qui ont chacun connu des trajectoires personnelle et politique divergentes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans une argumentation étayée par une conception marxiste de l'Histoire, le conférencier dénonce comme vaine toute reprise des activités surréalistes après la Seconde Guerre mondiale, et reproche directement à Breton son exil aux États-Unis pendant les combats.

Pour Breton, la conférence de Tzara s'inscrit dans une manœuvre du Parti communiste français pour discréditer le surréalisme et toute critique de gauche du stalinisme. Il s'y rend afin de perturber la séance. Ses amis lancent des invectives contradictoires et il s'amuse même à monter sur la tribune pour boire dans le verre du conférencier, avant de se faire molester et expulser. Les positions de Tzara sont ensuite violemment critiquées dans un tract d'Henri Pastoureau au nom du groupe surréaliste, mais aussi par l'extrême gauche et les anarchistes.

Le texte de la conférence est ensuite publié dans un ouvrage homonyme, accompagné de sept notes, dans lesquelles Tzara développe ses réflexions. Cette publication témoigne d'un engagement persistant du conférencier dans ses positions, et exclut l'hypothèse d'un simple règlement de comptes entre deux poètes concurrents.

Contexte

Photographie portrait en niveau de gris d'un homme brun de trois quarts portant un monocle
L'écrivain Tristan Tzara en 1932. À ce moment-là, il fait partie du groupe surréaliste, qu'il quittera trois ans plus tard pour se rapprocher du Parti communiste.

Tristan Tzara est un écrivain roumain de langue française, exclu de la citoyenneté roumaine par des lois discriminatoires à l'égard des Juifs[a]. Il devient à Zurich, en Suisse, le chef de file du mouvement dada en 1918. Il s'installe à Paris en 1920 et rejoint le mouvement surréaliste en 1929, au moment de la publication du Second Manifeste, qui tente de concilier les activités surréalistes avec l'engagement révolutionnaire[2], deux ans après l'adhésion au Parti communiste français de plusieurs membres du groupe surréaliste dont Louis Aragon, Jacques Baron, André Breton, Paul Éluard, Benjamin Péret et Pierre Unik[3].

Tzara commence cependant à s'éloigner du groupe à partir de 1934 : pendant la crise du 6 février, il est favorablement impressionné par l'attitude de la jeunesse communiste face à la menace fasciste, tandis que le groupe d'André Breton lui paraît coupé des réalités sociales[4]. Tzara se positionne alors en faveur d'un soutien inconditionnel au Parti communiste français, sans y adhérer encore. Dans Grains et issues, qui paraît en , il reproche au surréalisme de vouloir devenir une école littéraire, en reposant sur des équivoques et en se limitant à l'écriture automatique[5], dénonce le rôle de la culture dans la perpétuation de la domination de la bourgeoisie, et affirme la nécessité de l'engagement révolutionnaire des poètes[6]. Le de la même année, il annonce publiquement sa démission du groupe surréaliste[7].

Dans un mouvement inverse, André Breton, en août, rompt avec les communistes, en publiant un tract dans lequel il se désolidarise de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires et critique ouvertement l'URSS et Staline[8],[9], dénonçant un « chef tout-puissant sous lequel ce régime tourne à la négation même de ce qu'il devrait être et de ce qu'il a été »[10],[11]. Breton est également l'un des premiers, en 1936 et 1937, à protester publiquement contre les procès de Moscou. Dans le même temps, il s'oppose au dogme du réalisme socialiste et affirme « le droit pour l'artiste à une recherche libre », considérant que « l'art et la poésie, s'ils se plient à des directives et à des fins qui leur sont extérieures, s'appauvrissent et se nient »[11].

André Breton et Tristan Tzara traversent les années de l'Occupation selon des trajectoires très différentes : Breton est en exil à New York quand Tzara, juif et résistant, vit dans la clandestinité dans le Sud de la France[12]. En 1947, l'écrivain roumain prend la nationalité française et adhère au Parti communiste français[13]. À ce moment, la gauche communiste reproche aux surréalistes d’avoir manqué les rendez-vous de l'histoire, et Tzara n'est pas seul à formuler ce reproche : Roger Vailland publie par exemple le pamphlet Le Surréalisme contre la révolution en 1948[14]. Il est alors récurrent pour les intellectuels restés en France, ayant connu l'Occupation et la Résistance, qu'il s'agisse de Tzara, de Maurice Nadeau ou de Jean-Paul Sartre de taxer le surréalisme d’idéalisme, de « résurgence petite bourgeoise », ou d'« anachronisme »[15]. André Breton se retrouve marginalisé, concurrencé par l'existentialisme et le lettrisme, et attaqué pour son soutien au pamphlet de Benjamin Péret Le Déshonneur des poètes, qui brocardait une anthologie de poètes de la Résistance[16].

Carte en trois volets imprimée en bleu et en rouge
En 1947, Tristan Tzara prend sa carte au PCF (carte du Parti communiste français en 1945).

Le contexte historique est déjà celui de la guerre froide, laquelle aggrave les tensions  qui existaient déjà avant-guerre  parmi les intellectuels français, entre membres du parti communiste et les autres, qu'ils soient surréalistes ou non[17]. La conférence de Tzara s'inscrit en particulier dans une contre-offensive du Parti communiste français menée à la suite de la publication du roman Le Zéro et l'Infini d'Arthur Koestler : ce livre qui rapporte en détail les purges staliniennes, traduit en français et publié en 1945, a connu un grand succès et reçu le soutien des surréalistes[18].

La conférence perturbée du 17 mars 1947

Organisée par une association proche du Parti communiste, la conférence est donnée le dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, qui fait salle comble. Parmi les auditeurs, on trouve de nombreux communistes, des curieux, ainsi qu'André Breton et ses fidèles[19].

La conférence se tient dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, qui fait salle comble.

Le chef de file du surréalisme entend perturber l'événement, et refuse la proposition des organisateurs d'un temps de parole en fin de séance. Pour lui, la conférence fait partie d'une entreprise de discrédit non seulement du surréalisme, mais également de toute critique de gauche du stalinisme[20],[21].

Le déroulement de la séance nous est connu par la relation qu'en ont fait trois témoins neutres[b] : Jean Bignalet, Chris Marker et Marc Beigbeder pour la revue Esprit[22]. Dès le début de la séance, alors que le poète et résistant Jean Cassou présente Tzara, Breton lance des invectives à voix haute. Pendant l'exposé, le moment où Tzara explique que la Révolution française a été préparée par les principes cartésiens est à nouveau l'occasion pour André Breton et les communistes d'échanger des invectives : « Écoutez, Monsieur Tzara parle de Descartes en 1947 », lance le premier. « Écoutez, Monsieur Breton parle de lui en 1947 », lui rétorque-t-on[19],[23]. Breton finit même par monter à la tribune pour boire dans le verre du conférencier[c]. Après une brève altercation avec le journaliste Francis Crémieux et l'écrivain Jean Marcenac, Breton quitte la salle[23],[24].

Selon le témoignage du journaliste Jean Bignalet, Tzara lit son texte d'une voix monocorde. Il n'adopte un ton lyrique qu'un instant, lorsqu'il brocarde Benjamin Péret et les attaques de celui-ci dans Le Déshonneur des poètes, en citant le nom de ses amis morts pendant la guerre[25] : Robert Desnos, Saint-Pol-Roux, Max Jacob, Benjamin Fondane et Pierre Unik[26],[d]. Le vacarme est tel que « seule la fin de l'exposé de Tzara fut à peu près intelligible ». Bignalet ajoute que « si l'argumentation ne put atteindre le public, les actes des personnages furent durant toute la soirée suffisamment expressifs » et brosse un portrait pathétique du conférencier[27] : « Il lit sa conférence. Lorsque ses regards parcourent la salle ils semblent traqués. On pense aux marques qu'a dû laisser sur cet homme son existence sous l'occupation »[25].

Réception

La conférence suscite plusieurs échos dans la presse[28]. De leur récit à trois voix pour la revue Esprit, Jean Bignalet, Marc Beigbeder et Chris Marker tirent des conclusions différentes. Pour le premier, « deux conceptions révolutionnaires se heurtaient, qui n'ont abouti qu'au sentiment le plus tragique qui soit : la haine entre hommes sincères ». Le deuxième reconnaît que l'argumentation de Tzara était « souvent solide » mais regrette son caractère « classique, rassise » et déplore la disparition de l'esprit d'éternelle révolte qui animait la jeunesse du chef de file du mouvement dada. Le troisième refuse de prendre parti, et écrit : « l'argument Breton au Figaro ! vaut bien Tzara au Panthéon »[25],[29].

Le , le groupe surréaliste répond à la conférence de Tzara par une déclaration intitulée Rupture inaugurale. Celle-ci est rédigée par l'écrivain Henri Pastoureau et signée par cinquante personnalités dont André Breton. Ceux-ci affirment que le surréalisme refuse toute politique partisane mais n'est pas contre la révolution dans la mesure où ils veulent la mener doublement dans la vie de l'esprit et le champ social[14],[30],[e] :

« C’est dans la mesure où il demande à la Révolution d’englober l’ensemble de l’homme, de ne pas concevoir la libération sous tel rapport particulier mais bien sous tous ses aspects à la fois, que le Surréalisme se déclare seul qualifié pour jeter dans la balance les forces dont il s’est fait le prospecteur, puis le conducteur merveilleusement magnétique […] Le rêve et la révolution sont faits pour pactiser, non pour s’exclure. Rêver la Révolution, ce n’est pas y renoncer, mais la faire doublement et sans réserves mentales. »

L'exposé de Tzara est également violemment critiqué par l'extrême gauche antistalinienne. Quelques jours après la conférence, le journal anarchiste Le Libertaire, dénonce Tzara comme un « pantin de Moscou » et étrille « la pauvreté d’esprit des intellos staliniens »[31].

Tzara est en revanche bien accueilli par les membres du groupe surréaliste dissident du « surréalisme révolutionnaire », qui publient des extraits de la conférence dans leur revue au printemps 1948[32],[33]. Ce groupe, structuré autour de Noël Arnaud en France et de Christian Dotremont en Belgique, reconnaît les partis communistes comme seules « instances révolutionnaires »[34] et se propose de sauver le surréalisme des « déviations anti-marxistes »[35], tout en se réclamant du Breton des années 1930, en particulier de Nadja[36]. Rupture inaugurale affirmant l'incompatibilité du surréalisme et du stalinisme, les membres du « surréalisme révolutionnaire » répondent quelques jours plus tard par un tract qui consomme la rupture entre Breton et ce groupe dissident[37].

La publication du texte de la conférence en 1948 suscite de nouveaux échos dans la presse[38]. Le poète, journaliste et résistant Jean-François Chabrun publie une critique dans le quotidien communiste Ce soir. Pour lui, Tzara a bien démontré que le surréalisme ne correspond plus à une nécessité historique, et que la véritable avant-garde, se situe du côté des « forces du progrès », avec Tzara, Guillevic, Paul Éluard et Louis Aragon[39],[40]. L'écrivain communiste Jacques Gaucheron publie également un article dans La Pensée, dans lequel il recense ensemble une anthologie de poèmes de Tzara et l'ouvrage issu de la conférence, dont il résume l'argumentation[28],[41]. Au même moment, l'ancien dadaïste Georges Ribemont-Dessaignes conclut un article consacré aux ouvrages de Tzara depuis 1946 par une réflexion sur la conférence : « c'est à la fois une justification de son oeuvre et un exposé total de la démarche historique de la poésie » écrit-il « Tout le drame actuel de l'esprit y est exposé [...] mais il est simplifié par le choix qu'a fait l'auteur, sur le plan politique »[28],[42].

Analyse

Gravure montrant un homme en buste, barbu et chevelu.
La conférence de Tzara adopte une conception marxiste de l'Histoire dans son exposé.

La conférence de Tzara propose une mise en perspective historique de dada et du surréalisme, à partir de l'analyse des rapports de la poésie et de la pensée révolutionnaire au xixe siècle[17]. Pour le conférencier, qui adopte dans son exposé une conception marxiste de l'Histoire, les deux mouvements ne peuvent être compris qu'à partir de leur contexte historique : ce sont les circonstances historiques qui ont provoqué la naissance et la mort de dada. De même, la Seconde Guerre mondiale, pour lui, a mis fin au surréalisme, qui n'a plus vocation à perdurer, ou comme il l'écrit[43] :

« L'histoire a dépassé le surréalisme, car tout le monde ne saurait se fixer sur des positions immuables. Les courants idéologiques ne peuvent se mouvoir qu'entraînés par les changements sociaux qui, à leur tour les produisent, dans cette marée perpétuelle où tout est mouvement, dispersion et constante création[44]. »

Après avoir rappelé la filiation de dada et du surréalisme, né « des cendres de dada[45] », le conférencier blâme ce dernier dans un bilan sans concession, lui reprochant ses engagements de circonstance et une dérive mystique vers l'occultisme et la magie, l'ayant détourné de l'action révolutionnaire[24]. L'argumentation ne se propose pas seulement de constater le décès du surréalisme, mais de montrer en quoi cette mort était inévitable, inscrite dans les fondements mêmes du mouvement[46],[47].

Enfin, la conférence met en cause personnellement et rudement l'attitude d'André Breton pendant la guerre, présentant son exil aux États-Unis comme une lâche désertion, qui ôte toute légitimité au surréalisme[47]. « Principal destinataire de la conférence », Breton n'y est pourtant curieusement jamais nommé[48], mais c'est bien lui qui est explicitement ciblé dans des passages tels que[49] :

« Ce n'est pas des quais de Brooklyn que nous est parvenue la recette dosant exactement les moyens à employer en vue de conquérir une liberté qui, aussi souveraine fût son exigence, se réduisait souvent, du temps des nazis, à des concepts humbles, dérisoires, si on les jugeait du haut de la statue de la Liberté[44]. »

Prononçant l'acte de décès du surréalisme, Tzara fait face à la présence physique d'André Breton, bien vivant dans la salle, et bien décidé à continuer de faire vivre le groupe dont il est le chef de file. Ces circonstances donnent à la conférence une tonalité extrêmement polémique, et peuvent la faire ressembler à un règlement de comptes personnel entre deux rivaux[46].

Pour Breton, Tzara n'est que le porte-parole d'un complot stalinien qui cherche à empêcher toute restructuration du surréalisme pour maintenir son hégémonie. C'est selon Anne-Marie Amiot, professeure de littérature française moderne à l'université de Nice, un « mauvais procès », dans la mesure où le discours du conférencier  bien qu'il s'explique effectivement en partie sous l'angle de la rivalité entre deux hommes et celui du contexte de la guerre froide , se fonde malgré tout sur de véritables arguments politiques et philosophiques[50].

Philosophiquement, Tzara cherche à montrer que la synthèse du marxisme et de la psychanalyse que le surréalisme a tenté de faire était impossible, ce qui le rend incapable de libérer l'homme des oppressions sociales dont il est victime[51]. Politiquement, les reproches de Tzara s'appuient sur un constat des « absences du surréalisme » pendant la guerre. Celui-ci sera étayé par une note au moment de la publication du texte de la conférence en volume. Tzara cherche à montrer que, bien que personne ne lui reproche d'avoir sympathisé avec le nazisme, en refusant de le combattre, le surréalisme est devenu un mouvement qui n'est plus capable de répondre aux questions qui se posent tant sur le plan politique qu'esthétique. En se réfugiant dans le jeu et le rêve, il ne joue plus aucun rôle ni dans la révolution ni même dans l'évolution des arts et des idées, ce qui devait être sa raison d'être première[52] :

« Si le surréalisme en tant qu'école a fini de jouer un rôle sur le plan théorique et si aujourd'hui il n'apporte aucune réponse indispensable aux questions qui se posent, il faut dire que sur le plan esthétique son influence est toujours très grande. […] Cette influence va à l'encontre de ses intentions initiales[53]. »

Publication

Le Surréalisme et l'après-guerre
Comprend
I - L'action imprégnée du rêve ;
II - Une fenêtre ouverte sur l'avenir ;
III - La dialectique de la poésie;
IV - Absence du surréalisme ;
V - Liberté est un nom vietnamien ;
VI - La fin justifie-t-elle les moyens ? ;
VII - La poésie de la Résistance
Auteur
Tristan Tzara
Date de parution
1948
Éditeur
Nagel
Nombre de pages
88

Avant même que se tienne la conférence, un fragment de celle-ci a été publié à Londres dans la revue Adam, International Review, à l'automne 1946[54],[55].

Le texte de la conférence est publié dans son intégralité chez Nagel en 1948 dans un volume qui lui emprunte son titre. Si le texte de la conférence  avec ses trente-huit pages  constitue le « noyau idéologique » de la publication, le volume est également augmenté de quarante-et-une pages de notes polémiques sur différents sujets, notamment le texte de la conférence sur « La dialectique de la poésie » donnée par Tzara à Bucarest en [48], dans laquelle Tzara se propose de « définir les conditions et les modes de la poésie après les transformations politiques et sociales de la Libération »[56].

La publication de ce livre  dans lequel le texte de la conférence se retrouve inclus dans une réflexion générale développée par plusieurs notes  suggère, selon Anne-Marie Amiot, « un engagement persistant de l'auteur dans ses propos » et exclut l'hypothèse que la conférence soit une manifestation d'humeur, un règlement de comptes personnel entre Tzara et Breton[46].

Photographie de l'entrée grillagée d'un camp de concentration
Dans une note, Tzara ironise sur le décalage entre les jeux des surréalistes et le sort des prisonniers des camps de concentration au même moment (entrée du camp de concentration de Natzweiler-Struthof).

La note IV, intitulée « Absence du surréalisme » se veut une disqualification en règle du mouvement, qui étaye par plusieurs exemples et avec une vigueur particulière, l'inadéquation entre les activités américaines du groupe surréaliste au temps de l'exil de Breton, et la situation historique dramatique :

« Le seul organe du surréalisme pouvant paraître librement pendant la guerre fut VVV, dont quatre très luxueux numéros ont été publiés à New York. On n'y trouve pas la moindre allusion à la situation précaire faite à ceux qui, pendant l'occupation nazie, avaient d'autres soucis que de participer à des concours et des jeux surréalistes dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils étaient inoffensifs[57]. »

Dans le même passage, Tzara s'indigne d'un jeu proposé aux lecteurs de VVV, leur proposant d'explorer les sensations ressenties en touchant un morceau de grillage livré avec la revue, jeu auquel, note-t-il avec ironie, « les prisonniers de camps de concentration étaient devenus de véritables spécialistes ». Ce décalage relève pour Tzara, d'une « inconscience criminelle », qui rend le surréalisme anachronique et le voue à disparaître[58].

Conséquences

Notes et références

Annexes

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