Le Temps des cerises

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Le Temps des cerises est une chanson dont les paroles sont écrites en par Jean Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard en [1].

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Le Temps des cerises
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Bien que lui étant antérieure, cette chanson est fortement associée à la Commune de Paris de , l'auteur étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante.

Contexte

Jean Baptiste Clément écrit cette chanson en , lors d'un voyage vers la Belgique. Sur la route des Flandres, il fait une halte à Conchy-Saint-Nicaise, dans la maison située près de l'estaminet du lieu-dit de la poste. La maison entourée de cerisiers anciens inspire alors l'auteur.

Dédicace

Jean Baptiste Clément, parolier du Temps des cerises.
Antoine Renard, compositeur du Temps des cerises.

Des années plus tard, en 1882[2], Jean Baptiste Clément dédie sa chanson à une ambulancière rencontrée lors de la Semaine sanglante, alors qu'il combattait en compagnie d'une vingtaine d'hommes dont Eugène Varlin, Charles Ferdinand Gambon et Théophile Ferré[3] : « À la vaillante citoyenne Louise, l'ambulancière de la rue de la Fontaine-au-Roi, le dimanche 28 mai 1871. » À la fin des paroles, il explicite cette dédicace :

« Puisque cette chanson a couru les rues, j'ai tenu à la dédier, à titre de souvenir et de sympathie, à une vaillante fille qui, elle aussi, a couru les rues à une époque où il fallait un grand dévouement et un fier courage ! Le fait suivant est de ceux qu'on n'oublie jamais : Le dimanche, 28 mai 1871 […]. Entre onze heures et midi, nous vîmes venir à nous une jeune fille de vingt à vingt-deux ans qui tenait un panier à la main. […] Malgré notre refus motivé de la garder avec nous, elle insista et ne voulut pas nous quitter. Du reste, cinq minutes plus tard, elle nous était utile. Deux de nos camarades tombaient, frappés, l'un, d'une balle dans l'épaule, l'autre au milieu du front… »

« Nous sûmes seulement qu'elle s'appelait Louise et qu'elle était ouvrière. Naturellement, elle devait être avec les révoltés et les las-de-vivre. Qu'est-elle devenue ? A-t-elle été, avec tant d'autres, fusillée par les Versaillais ? N'était-ce pas à cette héroïne obscure que je devais dédier la chanson la plus populaire de toutes celles que contient ce volume[4] ? »

Dans La Commune Histoire et souvenirs (1898), Louise Michel rappelle cette dédicace en indiquant indirectement qu’elle n’est pas la Louise du Temps des cerises :

« Au moment où vont partir leurs derniers coups, une jeune fille venant de la barricade de la rue Saint-Maur arrive, leur offrant ses services : ils voulaient l'éloigner de cet endroit de mort, elle resta malgré eux. Quelques instants après, la barricade jetant en une formidable explosion tout ce qui lui restait de mitraille mourut dans cette décharge énorme, que nous entendîmes de Satory, ceux qui étaient prisonniers ; à l'ambulancière de la dernière barricade et de la dernière heure, J.-B. Clément dédia longtemps après la chanson des cerises. Personne ne la revit. […] La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus[5]. »

Analyse

Tombeau de Jean Baptiste Clément.

La chanson n'a pas été créée durant la Commune[6], mais une raison stylistique explique cette assimilation du Temps des cerises au souvenir de la Commune de Paris : son texte suffisamment imprécis qui parle d'une « plaie ouverte », d'un « souvenir que je garde au cœur », de « cerises d'amour […] tombant […] en gouttes de sang ». Ces mots peuvent aussi bien évoquer une révolution qui a échoué qu'un amour perdu – évoqué, semble-t-il, à travers le souvenir d'une défloration. On est tenté de voir là une métaphore poétique évoquant de manière indirecte une révolution : dans cette interprétation, les cerises représenteraient les impacts de balles ; balles auxquelles il serait fait allusion à travers l'image des « belles » qu'il vaut mieux éviter… La coïncidence chronologique fait aussi que la Semaine sanglante fin se déroule justement durant la saison (le temps) des cerises. Le simple examen de la date de composition (1866) montre qu'il s'agit là d'une extrapolation postérieure. Il s'agit, en fait, d'une chanson évoquant simplement le printemps et l'amour (particulièrement un chagrin d'amour, évoqué dans la dernière strophe). Les cerises renvoient aussi au sucre et à l'été, et donc à un contexte joyeux voire festif. Ainsi la chanson véhicule-t-elle à la fois une certaine nostalgie et une certaine idée de gaîté[6].

Interprètes

Le Temps des cerises est l’une des chansons les plus enregistrées en France, sinon la chanson la plus enregistrée, et ceci dès les débuts, vers 1895, de l’industrie phonographique. Martin Pénet, dans un recensement incomplet, cite plus de 90 interprétations différentes gravées sur cylindres et sur disques entre 1898 et 1997[7]. Entre autres, elle figure sous le n° 957 dans le catalogue de 1899 des cylindres Lioret[8] et interprété par Maréchal dans le catalogue 1898 des cylindres Pathé[9].

Parmi les très nombreux interprètes du Temps des cerises :

Léo Ferré, à la fin de sa rencontre du avec Jacques Brel et Georges Brassens, a soumis à ceux-ci l'idée de donner ensemble un concert à l'occasion d'une cause commune. Chacun y aurait chanté en alternance quelques-uns de ses succès et, à la fin du concert, les trois artistes se seraient réunis pour interpréter Le Temps des cerises en se tenant par la main. L'idée ne s'est jamais concrétisée, peut-être parce que Jacques Brel avait déjà quitté la scène en promettant de ne jamais y revenir.

Dans la culture populaire

« J'aimerai toujours le temps des cerises 1871-2021. » Commémoration de la Commune le à Paris.

Allusions

Par ordre chronologique.

Interprétations particulières

Musique

Mélodie en tonalité de Do établie d'après plusieurs documents anciens.

Dans différents documents anciens la mélodie est en diverses tonalités avec diverses variantes mineures.



elative c'{
   clef treble
   key d minor
   	ime 6/8
     r4 c8 f f f f4 f8 g g g g
     g g a a a a4 a8 bes bes bes bes
     r a a a bes a4. ( g4. ) f8 r
     f bes bes bes bes4 bes8 bes d bes bes a 
     a a a a c4 a8 a g f g2. ~ g8 r
     c,8 f f f f4 f8 g g g g
     g g a a a c4 a8 a g f f2. ~ f8 r
}
addlyrics {
  lyricmode {
    Quand nous chan -- te -- rons le temps des ce -- ri -- ses,
    Et gai ros -- si -- gnol et mer -- le mo -- queur
    Se -- ront tous en fê -- te.
    Les bel -- les au -- ront la fo -- lie en tê -- te,
    Et les a -- mou -- reux, du so -- leil au cœur.
    Quand nous chan -- te -- rons le temps des ce -- ri -- ses,
    Sif -- fle -- ra bien mieux le mer -- le mo -- queur.
 }
}
midi {
  context {
    Score
    tempoWholesPerMinute = #(ly:make-moment 40 2)
  }
}

Texte

Sur les autres projets Wikimedia :

Quand nous chanterons le temps des cerises[48],

Et gai rossignol et merle moqueur

Seront tous en fête.

Les belles auront la folie en tête

Et les amoureux du soleil au cœur.

Quand nous chanterons le temps des cerises,

Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises,

Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant

Des pendants d'oreilles,

Cerises d'amour aux robes pareilles

Tombant sous la feuille en gouttes de sang.

Mais il est bien court le temps des cerises,

Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,

Si vous avez peur des chagrins d'amour

Évitez les belles.

Moi qui ne crains pas les peines cruelles,

Je ne vivrai[49] point sans souffrir un jour.

Quand vous en serez au temps des cerises,

Vous aurez aussi des peines[50] d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises :

C'est de ce temps-là que je garde au cœur

Une plaie ouverte,

Et Dame Fortune, en m'étant offerte,

Ne pourra jamais fermer[51] ma douleur.

J'aimerai toujours le temps des cerises

Et le souvenir que je garde au cœur.

Notes et références

Voir aussi

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