Le train sifflera trois fois
film de Fred Zinnemann, sorti en 1952
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le train sifflera trois fois (High Noon) est un western américain de Fred Zinnemann sorti en 1952.
Grace Kelly
| Titre original | High Noon |
|---|---|
| Réalisation | Fred Zinnemann |
| Scénario | Carl Foreman |
| Acteurs principaux |
Gary Cooper Grace Kelly |
| Sociétés de production | Stanley Kramer Productions |
| Pays de production |
|
| Genre | Western |
| Durée | 85 minutes |
| Sortie | 1952 |
Série
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
En 1989, le film a été sélectionné pour préservation au National Film Registry par la Bibliothèque du Congrès en raison de son « importance culturelle, historique ou esthétique ».
Synopsis
Le film se déroule approximativement en temps réel, comme l'illustrent les plans récurrents de l'horloge dans le bureau du shérif. L'action du film, qui dure 85 minutes, débute en effet à 10 h 30 et se termine peu après midi.
À dix heures trente du matin, le shérif d'Hadleyville, "Will Kane", vient d'épouser la jeune quaker "Amy Fowler" dans l'église du village. Tous deux projettent d'ouvrir un magasin dans une bourgade voisine et Will Kane s'apprête à rendre son étoile de shérif. Mais revenu dans son bureau, il apprend par un courrier le retour imminent de Frank Miller, qu’il a jadis arrêté et qui a, par la suite, été condamné à mort. Finalement libéré de prison au bout de cinq ans, Miller est en route pour "Hadleyville", dans l'intention de régler son compte au shérif. Il doit arriver à la gare par le train de midi, où trois de ses complices, dont son frère, l’attendent patiemment.
Malgré les supplications de sa femme, le shérif Kane décide de rester à son poste et tente de recruter des hommes de main parmi les habitants de la ville , en visitant le saloon, l'église et des connaissances à leur domicile, etc... Mais, l'un après l'autre, tous lui font défaut, par lâcheté, peur de mourir, intérêt ou amitié pour Miller. C’est donc seul qu’il va devoir faire face à quatre hommes, jusqu'à ce que son épouse comprenne, grâce à l'intervention de l'ancienne maîtresse de son mari, que sa place est auprès de lui. Elle descend alors du train et revient de la gare en courant.
À l'arrivée du train au lointain, qui siffle plusieurs fois, les rues de la ville sont désertées. Le shérif, revenu dans son bureau, se prépare en armant ses révolvers et sort dans la rue déserte qu'il arpente, puis se cache au coin d'une rue. Il voit arriver au loin les quatre hommes, appelle leur chef et abat l'un d'entre eux. Il se réfugie alors dans une grange derrière des bottes de paille, et tue un deuxième homme de la bande après un échange de tirs. La grange étant en feu, il fait sortir les chevaux affolés au galop et s'échappe en profitant de leur abri. Sa femme, revenue dans son bureau, exécute dans le dos, en tirant à travers une vitre, un troisième homme en train de recharger ses armes. Frank Miller s'empare alors d'elle et sort dans la rue en la tenant contre lui pour se protéger, afin d'aller défier Will Kane, promettant de lâcher sa femme. Celle-ci, en se démenant, parvient à se dégager de ses bras et tombe à terre, ce dont profite le shérif pour abattre Miller. Le combat se termine pour le shérif, que sa femme seconda malgré ses convictions religieuses. Les habitants sortent en masse et entourent le shérif serrant son épouse dans ses bras au milieu de la rue. Il arrache alors son étoile et la jette au sol, sous le regard des habitants rassemblés, par mépris pour leur lâcheté, puis, sans se retourner, Will et Amy Kane quittent "Hadleyville" dans une charrette attelée amenée par l'adolescent dont Kane avait refusé l'aide en raison de son trop jeune âge.
Fiche technique
- Titre : Le train sifflera trois fois
- Titre original : High Noon
- Réalisation : Fred Zinnemann
- Scénario : Carl Foreman, d'après la nouvelle (magazine story "The Tin Star") de John W. Cunningham
- Musique : Dimitri Tiomkin : Do not forsake me Oh my darling
- Photographie : Floyd Crosby
- Montage : Elmo Williams, Harry Gerstad
- Direction artistique : Ben Hayne
- Décors : Rudolph Sternad
- Décorateur de plateau : Murray Waite
- Costumes : Joe King et Ann Peck
- Producteurs : Carl Foreman producteur associé et Stanley Kramer (non crédités)
- Société de production : Stanley Kramer Productions
- Société de distribution : United Artists
- Pays de production :
États-Unis - Langue : anglais
- Tournage : du au
- Format : Noir et blanc — 35 mm — 1,37:1 — Son : Mono (Western Electric Recording)
- Durée : 85 minutes
- Dates de sortie:
- États-Unis : (première à New York)
- États-Unis : (première à Los Angeles)
- États-Unis : (sortie nationale)
- France :
- Affiche : Macario Gómez Quibus (Espagne)
Distribution
- Gary Cooper (VF : Jean Martinelli) : Le shérif Bill Kane (VO : Will Kane)
- Thomas Mitchell (VF : Pierre Morin) : Jonas Henderson, le maire
- Lloyd Bridges (VF : Raymond Loyer) : Hervé Pell (VO : Harvey Pell)
- Katy Jurado (VF : Katherine Kath) : Helen Ramírez
- Grace Kelly (VF : Nelly Benedetti) : Emma Fowler Kane (VO : Amy Fowler Kane)
- Otto Kruger (VF : Jean Toulout) : Percy Mettrick, le juge
- Lon Chaney Jr. (VF : Jacques Berlioz) : Martin Howe
- Harry Morgan (VF : Michel Gudin) : Sam Fuller
- Ian MacDonald (VF : Lucien Bryonne) : Frank Miller
- Eve McVeagh (VF : Lita Recio) : Mildred Fuller
- Morgan Farley (VF : Jean Gournac) : Le docteur Mahin, le pasteur
- Harry Shannon (VF : Maurice Pierrat) : Cooper
- Lee Van Cleef : Jack Colby
- Robert J. Wilke (VF : Jacques Beauchey) : Jim Pierce
- Sheb Wooley (VF : André Valmy) : Max Miller (VO : Ben Miller)
- Acteurs non crédités (par ordre alphabétique)
- Larry J. Blake (VF : Jean Brochard) : Gilles, le propriétaire du saloon (VO : Gillis)
- Howland Chamberlain (VF : Henri Ebstein) : Le réceptionniste de l'hôtel
- Cliff Clark (VF : Gabriel Sardet]) : Ed Weaver
- John Doucette (VF : Pierre Leproux) : Trumbull
- Paul Dubov (VF :[Marcel Lestan et Jean Destac) : Scott * Jack Elam : Charlie, l'ivrogne emprisonné
- Tim Graham (VF : Paul Villé) : Sawyer
- Harry Harvey (VF : Raymond Rognoni) : Coy
- Tom London (VF : Jean Clarens) : Sam, le préposé d'Helen
- James Millican (VF : Jacques Erwin) : Le shérif Herb Baker
- William Phillips (VF : Robert Dalban) : Le barbier
- Ralph Reed (VF : François Rodon) : Johnny, le garçon de 14 ans
- Ted Stanhope (VF : Camille Guérini) : Le chef de gare
- Slim Talbot (VF : Jean Clarens) : Un client chez le barbier
- Rôle Muet
- Lee Aaker : Le petit garçon qui s'approche de Bill Kane.
- Cascades
Production
Titres
Le titre original joue sur le double sens de l'expression high noon, qui, au sens propre, signifie « midi pile » mais, au sens figuré, désigne l'« heure de vérité ». Après le film, to be high noon est devenu une expression courante, signifiant « être complètement seul avec de gros problèmes ».
Le titre français fait référence au fait que le train de midi doit siffler trois coups au cas où quelqu'un en descendrait, précision qui n'existe pas dans le dialogue anglais du film. De surcroît, dans le film, le train ne siffle pas trois fois, mais quatre.
Casting
Le train sifflera trois fois donne à Grace Kelly son premier grand rôle et à Lee Van Cleef sa première apparition au cinéma, dans un rôle muet.
Image
Le réalisateur Fred Zinnemann compose Le train sifflera trois fois avec trois éléments visuels récurrents : le plan fixe sur la voie ferrée, qui signifie la menace attendue ; le parcours désespéré du shérif cherchant de l'aide dans toute la ville ; les horloges, de plus en plus grosses à l'image et de plus en plus fréquentes au fur et à mesure que la menace se rapproche.
Musique
La chanson du film en forme de ballade est interprétée par Tex Ritter sous le titre Do not forsake me, oh my darlin'.
La version française est interprétée par Claude Dupuis[1] sous le titre Si toi aussi tu m'abandonnes[2]. L'auteur des paroles françaises, Henri Contet, refusa de faire une traduction littérale du texte.
Récompenses et distinctions
- 25e cérémonie des Oscars
- Oscar du meilleur acteur pour Gary Cooper[3]
- Oscar du meilleur montage pour Elmo Williams et Harry Gerstad
- Oscar de la meilleure musique pour Dimitri Tiomkin
- Oscar de la meilleure chanson pour Dimitri Tiomkin (musique) et Ned Washington (paroles)
Le film a aussi été nommé dans les catégories Meilleure mise en scène, Meilleur film et Meilleur scénario.
- 10e cérémonie des Golden Globes
- Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique pour Gary Cooper
- Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle pour Katy Jurado
- Golden Globe de la meilleure photographie noir et blanc
Contexte historique : l'époque du maccarthysme
Au départ, le scénariste et producteur Carl Foreman envisage une parabole sur l'ONU. Mais face à la menace que commence à faire peser la Commission des activités anti-américaines sur Hollywood et à l'inquiétude qui progresse dans les milieux du cinéma, Foreman fait évoluer son scénario qui devient une parabole sur Hollywood et le maccarthysme.
Pendant la réalisation du film, Foreman est d'ailleurs convoqué par la Commission et se retrouve dans la situation de Will Kane : ses amis l'évitent et quand il veut voir quelqu'un, cette personne est absente. Foreman a même transposé certains dialogues réels dans son scénario[4].
Réception critique

Défavorable
John Wayne exprime sa détestation pour ce film, qu'il qualifie de « un-American », par sa condamnation de la majorité silencieuse et d'une certaine lâcheté citoyenne. En réaction, il tourne Rio Bravo sous la direction d'Howard Hawks, autre détracteur du film.
Favorable
Pour l'historien du cinéma Leonard Maltin[5], Le train sifflera trois fois se démarque complètement des westerns de l'époque : le héros admet avoir peur, le film ne comporte que peu de scènes d'action, sauf à la fin. Des éléments formels distinguent aussi ce film des autres westerns : il est tourné en noir et blanc, ce qui était rarissime[réf. nécessaire] pour les westerns en 1952 ; la bande-son est dépouillée, l'image très sobre, le ciel laiteux[pas clair]. Le personnage d'Helen Ramírez n'est pas banal pour l'époque, puisqu'il s'agit d'une femme d'affaires mexicaine.
Pour d'autres critiques, ce film est un « surwestern », genre qui, en rupture partielle avec le western classique, nuance l'image du héros sans peur et sans reproche, introduit la psychologie, l'Histoire (notamment par une nouvelle image de l'Indien), réhausse le rôle de la femme, dénonce la justice expéditive[6].
Postérité
En 1954, Quatre Étranges Cavaliers d'Allan Dwan propose une variation sur le film de Zinnemann, reprenant ouvertement sa trame avec une relecture des mêmes thèmes - maccarthysme, mariage du shérif, irruption du quatuor vengeur, lâcheté des concitoyens -, cette fois en couleur, mais d'une façon plus lourdement explicite et sentimentale que son modèle. Martin Scorsese le cite dans son documentaire sur le cinéma américain et lui voue une grande admiration.
En 1959, Rio Bravo de Howard Hawks, avec John Wayne dans le rôle principal, est présenté comme une réplique au Train sifflera trois fois. Hawks et Wayne n'aiment pas le personnage du shérif Kane, qui jette son étoile de shérif, avoue sa peur et cherche désespérément à se faire aider par la population. Le shérif John Chance met, au contraire, un point d'honneur à ne pas impliquer les civils mariés dans des actions dangereuses. Seuls les célibataires sont invités. L'un d'eux, interprété par Ricky Nelson, se fera secouer par John Chance pour avoir été « prudent » et provoqué ainsi indirectement la mort de son patron prêt à aider le shérif. Mais il n'est pas interdit de racheter ses erreurs.[pas clair]
En 1968, l'épisode Je vous tuerai à midi (Noon Doomsday en version originale) de la saison 6 de la série Chapeau melon et bottes de cuir pastiche le film de façon humoristique. John Steed, handicapé dans son fauteuil, est confronté à la vengeance d'un homme qu'il a fait arrêter, mais qui s'est évadé et qui veut le tuer avec ses complices à midi précis. Seule sa collaboratrice peut l'aider, car tous les hommes disponibles dans la maison de repos lui refusent leur assistance.
En 1975, Jean-Marie Pallardy parodie le titre du film dans une production érotique, L'arrière-train sifflera trois fois.
En 1980, une suite télévisée est réalisée, intitulée Terreur à Hadleyville ou Le Retour de Will Kane. Au terme de sa nouvelle aventure, le héros reprend son étoile de shérif.
En 1981, Le film Outland... loin de la terre (Outland, 1981), de Peter Hyams, avec Sean Connery, est un remake du Train sifflera trois fois, transposé dans une colonie minière spatiale : dans l'apathie générale, un homme se trouve seul dans un combat injuste[7].
En 1986, le groupe français Les Charlots parodie le titre Toute Première Fois de Jeanne Mas avec Toot Toot Première Fois, et en profite pour évoquer Gary Cooper et le train qui sifflera trois fois.
En 1993, l'album de Lucky Luke intitulé Les Dalton à la noce reprend la trame scénaristique générale et quelques passages clef du film.
Divers
Sortie vidéo
Le film sort pour la première fois en Blu-ray en mars 2020, dans une édition médiabook Blu-ray + DVD, accompagné du livre L'Histoire d'un film écrit par Patrick Brion (60 pages). En bonus, une présentation de Bertrand Tavernier et une présentation de Patrick Brion, les coulisses du tournage et un making-of[9].