Lee Miller

photographe américaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Lee Miller, de son vrai nom Elizabeth Miller, née le à Poughkeepsie dans l'État de New York aux États-Unis et morte le à Chiddingly dans le Sussex de l'Est au Royaume-Uni, est une photographe de mode puis reporter de guerre américaine. Au départ mannequin, puis figure du surréalisme, elle documente en 1945 la découverte des camps d'extermination de Dachau et Buchenwald, reportages photographiques publiés sous le titre « Believe it » (« Croyez-le ») dans Vogue en juin 1945.

Décès
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ChiddinglyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Lee Miller
Lee Miller correspondante de guerre en 1943.
Biographie
Naissance
Décès
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ChiddinglyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Fratrie
Johnny Miller (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Aziz Eloui Bey (d) (de à )
Roland Penrose (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
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Signature.
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Biographie

Famille et jeunesse

Née dans une famille protestante[1], privilégiée et cultivée aux opinions progressistes, Elizabeth Miller est élevée à égalité avec ses frères. Son père est ingénieur et photographe amateur ; à l'adolescence, elle est photographiée nue par ce dernier[2]. Elle est marquée par un viol subi à sept ans et par une maladie sexuellement transmissible qui s'ensuit[3],[4],[5]. Autre drame : alors qu'elle est adolescente, son petit ami se noie devant elle lors d'une promenade en barque[6],[5].

Études et débuts de mannequin

Elle entreprend en 1925 des études de théâtre et d'arts plastiques à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, puis à New York à partir de 1927. Dans cette ville, elle est repérée par hasard par Condé Nast (en), le fondateur du magazine Vogue, dont elle ne tarde pas à faire la couverture[6],[1] dès le mois de mars[7] ; elle pose alors pour les photographes de mode de Vogue[2] tels Edward Steichen ou George Hoyningen-Huene[8], dont elle devient l'assistante à Paris[9].

Rencontre avec Man Ray

En 1929, Lee Miller quitte l'Amérique pour Paris et fait la connaissance de Man Ray, de dix-sept ans son aîné, dont elle devient à la fois la muse, la maîtresse et l'assistante[3]. En parallèle, elle poursuit sa carrière dans le mannequinat[2]. Elle photographie les opérations chirurgicales de l'école de médecine de Paris. Elle crée en 1930 son propre studio photographique. Lee Miller reprend notamment des commandes du monde de la mode[10] que Man Ray n'est plus en mesure d'honorer. Ainsi, à cette époque, des images signées Man Ray sont en fait l’œuvre de Lee Miller. Avec Man Ray, elle redécouvre la technique photographique de la solarisation[11],[6]. En septembre, la première photographie de Lee Miller - sous son nom - est publiée par Vogue Paris, puis Vogue Londres et Vogue New York.

Lee Miller participe au mouvement surréaliste en produisant des images pleines d'esprit et d'humour. À cette époque, Lee Miller se lie d'amitié avec Paul Éluard, Pablo Picasso et Jean Cocteau. Ainsi elle interprète le rôle de la statue dans le film de Jean Cocteau Le Sang d'un poète[6]. Dotée d'un physique exceptionnel, elle déclare néanmoins :

« J’étais très belle. Je ressemblais à un ange mais, à l’intérieur, j’étais un démon[12]. »

New York

En raison de la jalousie possessive de Man Ray[3], Lee Miller le quitte ; la rupture est violente[13] et elle repart à New York en 1932[14] où elle ouvre son propre studio[13], assistée d'Erik, le plus jeune de ses deux frères[note 1],[15]. Ses portraits de Charlie Chaplin sont remarqués[16]. Après une série d'expositions collectives prestigieuses en France et aux États-Unis, la galerie Julien Levy organise sa première exposition personnelle à New York[17]. Considérée comme une des plus remarquables photographes de son temps[18], Lee Miller publie une série de reportages pour Harper's Bazaar. En 1934, Lee épouse Aziz Eloui Bey, un riche homme d'affaires égyptien qu'elle connait depuis 1931. Ils s'installent au Caire[6]. Elle photographie alors le désert et des sites archéologiques, et produit une photo connue, Portrait of Space. La vie au Caire la lasse et ses amis surréalistes lui manquent : elle repart pour Paris durant l'été 1937[13].

Elle retrouve à cette occasion, Man Ray et Ady Fidelin, Paul et Nusch Eluard, Eileen Agar et Joseph Bard, Max Ernst et Leonora Carrington, Henry Moore et Irina Radetsky, Paul Delvaux et René Magritte.

À cette époque, elle photographie Pablo Picasso en Minotaure. Elle réalise environ mille portraits[19] de Picasso au long de sa vie, signe de leurs profondes amitiés. Lui la peint en Arlésienne[13] ; elle devient un modèle pour Picasso, qui réalise six portraits d'elle[20].

Lors de ce voyage en France, elle fait la connaissance de l'écrivain surréaliste et peintre britannique Roland Penrose[13].

« Penrose avait séduit Lee en Cornouailles et à Mougins en 1937, l'avait poursuivie à travers les Balkans en 1938, conquise en 1939 avec « The Road is Wider Than Long » en Égypte, enlevée et ramenée à Londres via Antibes au début de la guerre[21]. »

Correspondante de guerre pour Vogue

L’équipe des correspondantes de guerre. Lee Miller est l’avant dernière sur la droite.
Uniforme de Lee Miller de 1943. Exposition Paris 2026.
- Le Rolleiflex de Lee Miller - Paris 2026.
Ce soir, grand quotidien du 1er septembre 1944 avec Lee Miller en une (en haut à gauche) et son article sur la bataille de Saint-Malo. Source BNF.

En 1940, Lee Miller vit avec Roland Penrose. Elle travaille à Londres pour le British Vogue, fournissant photos de mode et de multiples portraits[13], tout en documentant des images du Blitz[22]. En février 1942, elle noue un relation amoureuse avec David E. Scherman, correspondant de guerre pour Life magazine, de 9 ans son cadet.

Elle est accréditée par l'US Army[7], le 30 décembre 1942. En 1943, Vogue publie son premier article de guerre : « American Army Nurses ». Puis ses premières photographies couleurs en 1943.

En juillet 1944, elle devient correspondante de guerre dans l'armée américaine accréditée sur les zones de combat. Mandatée par Audrey Withers, ses comptes-rendus et photographies sont publiés dans le magazine américain et dans son édition britannique[22],[23]. De 1944 à 1946, en équipe avec David Sherman, photographe du magazine Life mais également son amant de guerre[13], elle suit la 83e division[22] depuis le débarquement en France (en elle est à Saint-Malo pendant le siège et la libération de la ville[24], puis elle rejoint Paris et photographie ses amis artistes, début 1945 à Colmar[13]), un périple qui va la mener jusqu'en Roumanie, en passant par l'Allemagne, l'Autriche ou la Hongrie[6].

Lee Miller témoigne, par l'image, ainsi qu'avec le texte puisqu'elle commente ses photographies[13], de la vie quotidienne des soldats. Après être passée par les Pays-Bas, elle découvre en [7] les camps de concentration de Buchenwald et de Dachau. Ses photographies, dont celle de deux soldats ouvrant en pleine clarté la porte d’un wagon rempli de cadavres entassés, sont les premières à révéler l'horreur des camps. Il lui faudra écrire à Vogue et certifier que les clichés sont authentiques, pour que le magazine les publie[25] deux mois plus tard : « Je vous supplie de croire que c'est vrai » est-elle obligée d'indiquer à la rédaction du magazine[13] ; l'article de Vogue portera d'ailleurs le titre de « BELIEVE IT » avec sept pages rien que pour ses photos[22]. « Nous avons hésité longtemps et nous nous sommes concertés pour décider si nous devions ou non publier » précisera bien plus tard Edna Woolman Chase, alors rédactrice en chef[22].

Elle arrive à Munich et s'installe pendant quelques jours avec David E. Scherman, correspondant de Life, dans l'appartement privé d'Hitler au 16, Prinzregentenplatz. Le jour même de leur arrivée dans les lieux, le , le Führer se suicide dans son bunker à Berlin. Durant leur séjour, Scherman prendra d'elle l'une de ses plus célèbres photos, un bain  nue et relativement pudique  dans la baignoire personnelle du dictateur, un portrait de ce dernier à ses côtés[6],[note 2]. Lee Miller photographie David Sherman, nu dans la baignoire à son tour.

Elle assiste à l'incendie du Berghof et ne rentre pas chez elle à la fin de la guerre : l'association de somnifère, d'alcool et d'amphétamine la pousse dans l'errance en Europe centrale (Autriche, Hongrie) jusqu'en , photographiant la dévastation[26]. Elle retourne à Londres[26].

Max Ernst et Picasso

En appui de son mari Roland Penrose, elle conseille l'ICA (Institute of Contemporary Arts) fondé en 1946[27], pour lequel elle participe et organise différentes expositions, en particulier « Picasso, Drawings and Watercolors, since 1933 » en novembre 1950, puis « Wonder and Horror of the Human Head » en 1953. En 1946, avec Roland Penrose, elle rend visite à Max Ernst et son épouse, l'artiste Dorothea Tanning, en Arizona. Penrose et Miller se marient l'année suivante, en Angleterre, et ont un fils, Anthony, en 1947. En 1949, ils s'installent à Farley Farm House (en), dans le Sussex en Angleterre, tout en partageant son temps avec de longs séjours à Paris et en France.

Après la naissance de son fils, elle pratique son métier de photographe par « intermittence »[26]. De 1948 à 1973, elle poursuit son travail pour Vogue et ses photos illustrent les ouvrages de Penrose sur Pablo Picasso et Antoni Tàpies. Ses photographies sont présentées régulièrement dans différentes expositions, en particulier à New York.

Elle s'intéresse également à la gastronomie, remportant des concours culinaires[6] et laissant un manuscrit de recettes, The Entertainement Freezer. Elle pose alors en cuisinière en tablier blanc , mère de famille pour Cecil Beaton ou Man Ray dont les photographies sont publiées, entre autres, par Vogue. Minée par un passé d’abus sexuel et un syndrome post-traumatique[5], elle sombre dans l’alcool et la dépression[6],[1].

Décès

Lee Miller meurt chez elle d'un cancer des poumons à Chiddingly le à l’âge de 70 ans[28].

Postérité

Lee Miller laisse, après sa mort, 60 000 photographies dans des cartons entreposés à Chiddingly[5]. Son œuvre photographique et journalistique est redécouverte dans les années 1990[2] et ses archives sont inventoriées[28].

Son fils, Anthony Penrose, a fondé les archives Lee Miller dans le Sussex et a publié plusieurs livres sur la vie et l'œuvre de sa mère[6], dont Lee Miller. Saint-Malo assiégée.

Filmographie

Actrice

Expositions

puis  : L'art de Lee Miller, Galerie nationale du Jeu de paume, Paris[30].

Bibliographie

Ouvrages

  • Anthony Penrose, The Lives of Lee Miller, Londres, Thames and Hudson, 1985.
    • Les Vies de Lee Miller, Thames and Hudson, rééd. en français en 2022 (ISBN 9780500297148).
  • Antony Penrose, Lee Miller's war 1944-1945, Londres, Condé Nast Books, 1992. Traduction française de Noëlle Akoa, Lee Miller photographe et correspondant de guerre, Paris, éd. Dumay, 1994.
  • Antony Penrose, « Lee Miller, muse et artiste surréaliste », in La Femme s'entête. La part du féminin dans le surréalisme, textes réunis par Georgiana Colvile et K. Conley, Paris, Lachenal & Ritter, 1998.
  • (en) The Legendary Lee Miller photographer 1907-1977, Lee Miller Archive, East Sussex, 1998.
  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles : trente-quatre femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place, 1999, p. 196-205 (ISBN 2-85893-496-7).
  • Carolyn Burke (en), Lee Miller dans l'œil de l'histoire, éditions Autrement, 2007.

Lee Miller. Une vie sans filtre, Paris, Nouveau Monde, 2025, 756 p.

Articles

Romans

Œuvres audiovisuelles sur Lee Miller

Films de fiction

Documentaires

  • Lee Miller ou la Traversée du miroir, film de Sylvain Roumette, France, 1995, 54 min, Production Terra Luna Films.
  • L’Amour à l’œuvre - Lee Miller et Man Ray, film de Delphine Deloget, France, 2018, 25 min, Arte.
  • Lee Miller - Mannequin et photographe de guerre, film de Teresa Griffiths, Royaume-Uni, 2020, 60 min, Arte.

Radio

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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