Les Beatles à Hambourg
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À leurs débuts, le groupe rock britannique The Beatles se sont régulièrement produits dans différents clubs du quartier Sankt Pauli de Hambourg, ville portuaire du nord de l'Allemagne de l'Ouest. Leurs cinq séjours, durant la période allant du mois d' au mois de , a été l'occasion d'améliorer leurs compétences musicales sur scène, d'élargir leur répertoire et d'établir leur réputation. Ceci les a conduits à leur premier enregistrement professionnel qui les a fait découvrir par Brian Epstein.

Allan Williams (en) est un entrepreneur de Liverpool et tente sa chance dans le show-business en ouvrant en 1958, avec sa femme Beryl, le club Jacaranda (en). Décoré de grandes murales peintes par deux étudiants en beaux-arts au Liverpool College of Art (en), Rod Murray et Stuart Sutcliffe, ce café accueille les jeunes artistes de la ville, dont John Lennon, Paul McCartney et George Harrison, qui viennent prendre un café et des bouchées en écoutant de la musique. Williams devient rapidement un manager de groupes locaux dont The Beatles, un groupe novice regroupant ces trois derniers[1],[2].

Le groupe en résidence du « Jac » est le Royal Caribbean Steel Band avec, comme leader, Harold Phillips, ou Lord Woodbine (en), son nom d'artiste[1]. En 1960, quelques membres de ce groupe de musique calypso disparaissent tout à coup et quelques semaines plus tard, Williams reçoit une carte postale de Hambourg lui disant qu'ils s'y amusent follement. Celui-ci décide d'aller explorer cette ville allemande, avec Woodbine, et y rencontrer des propriétaires de clubs pour voir s'il pouvait y faire travailler quelques groupes de son « écurie ». Il se présente au Kaiserkeller (en) et rencontre Bruno Koschmider. Aucune transaction n'est effectuée cette fois[3] mais quelques semaines plus tard, le , Koschmider se rend au 2i's Coffee Bar (en) du quartier Soho de Londres à la recherche de groupes anglais pour se produire dans ses boîtes de nuit hambourgeoises. Il offre un contrat au pianiste Ian Hines. Ravi, celui-ci crée sur place The Jets, qui inclus un certain Tony Sheridan, et le lendemain, ce nouveau groupe est sur la scène au Kaiserkeller[4]. Encore quelques semaines plus tard, Koschmider revient au 2i's pour recruter un autre groupe et, d'un hasard extraordinaire, Allan Williams y est justement, auditionnant un de ses groupes de Liverpool, Derry and the Seniors (en). C'est plutôt Koschmider qui leur offre un contrat de travail[5] et celui-ci sera l'instigateur de la vague de groupes de Liverpool qui enflammera la scène hambourgeoise[6].
Le , Koschmider communique avec Williams, maintenant son associé, afin de se trouver un autre groupe de cinq musiciens pour la réouverture, le 17, de son club Indra. Après avoir offert ce contrat d'une durée de deux mois à Rory Storm and The Hurricanes, à Cass and the Casanovas (en) et à Gerry and the Pacemakers, qui refusent tous l'occasion, Williams se tourne vers les jeunes Beatles, un des groupes moins en vue de Liverpool, qui acceptent aussitôt de se lancer dans la fosse aux lions de ce quartier chaud de Hambourg[7].
John Lennon (20 ans), Paul McCartney (18 ans), George Harrison (17 ans) et Stuart Sutcliffe (20 ans) — depuis janvier bassiste du groupe[8] — doivent absolument se munir d'un batteur. Les Beatles auditionnent et recrutent en catastrophe Pete Best (18 ans), le fils de la propriétaire du Casbah Coffee Club (en), Mona. C'est aussi la course pour convaincre leurs parents et pour obtenir leurs passeports. Sans l'approbation de sa tante Mimi (en) ni son certificat de naissance, John est le dernier à combler ses obligations afin de pouvoir quitter le pays. Williams se propose d'amener le groupe à Hambourg avec sa camionnette, accompagné de sa femme Beryl, Lord Woodbine et Barry Chang, un ami qui prendra plusieurs photos tout au long de ce voyage mouvementé. C'est le mercredi , peu après minuit, qu'ils arrivent à Hambourg et passent leur première nuit à dormir sur les banquettes du Indra[9].
Premier séjour (du 17 août au 7 décembre 1960)

Le soir même, les Beatles — portant des vestons de couleur lilas sauf pour Best, le nouveau venu, portant un veston foncé[10] — donnent leur premier concert devant une salle presque vide à l'Indra Club, situé au 64 rue Große Freiheit (de) non loin de l'avenue Reeperbahn dans le quartier Sankt Pauli. Ils y jouent six soirs par semaine et les membres du groupe s'adaptent progressivement à l'atmosphère tendue, marquée par la violence, l'alcool, la drogue et le sexe. Ils sont payés 2,50 £ (30DM) chacun par jour (équivalent à 74 £ en 2025[11]), jouant du mardi à vendredi, de 20h00 à 2h du matin, le samedi, de 19h00 à 3h et finalement le dimanche de 17h00 à 1h30 pour des prestations de soixante à quatre-vingt-dix minutes avec des pauses d'une demi-heure[12]. Leurs longues journées de travail, pouvant durer jusqu'à neuf heures, contribuent à enrichir leur répertoire, à développer leur spontanéité et à renforcer leur confiance en eux.

Le contrat ne stipulait pas d'accommodations mais comme leur maigre salaire ne leur permettait pas de se payer de logement, Koschmider leur propose deux petites chambres adjacentes sans électricité, une pour trois et l'autre pour deux personnes[n 2], d'un vieux cinéma qu'il louait tout près, le Bambi-Filmkunstteater situé au 33 Paul-Roosen-Straße[13]. McCartney racontera plus tard : « On vivait en coulisses, au Bambi Kino, juste à côté des toilettes, et l’odeur était omniprésente. La pièce était un ancien entrepôt, avec juste des murs en béton, rien d’autre. Pas de chauffage, pas de papier peint, pas une touche de peinture ; et deux lits superposés, avec à peine de quoi se couvrir — des drapeaux britanniques — on gelait ». Lennon se souvint : « On nous avait entassés dans une vraie porcherie. On vivait dans des toilettes, juste à côté de celles des femmes. On se couchait tard et on était réveillés le lendemain par le bruit du film et par des vieilles Allemandes qui urinaient dans la pièce d'à côté[14] ». Les membres du groupe étaient alors obligés d’utiliser l’eau froide des toilettes du cinéma pour se laver et se raser[13].
Pete, étant novice et peinant à garder un rythme constant, avec Stu, lui aussi débutant, faisait que la cohésion entre la batterie et la basse était déficiente. George pouvait apprendre ou créer des solos de guitare s'il avait du temps à y consacrer, mais l'improvisation sur scène lui était difficile. John à la guitare rythmique apprenait encore son rôle et Paul avec sa guitare de très mauvaise qualité tentait de trouver sa place entre les deux autres guitaristes. Tout de même, sachant que les clients ne resteraient pas sur place toute la soirée, le groupe, comme tous les autres, aurait pu répéter les chansons mais les Beatles se sont donné comme mission de ne jamais jouer la même chanson deux fois par soir[15]. L'insistance du propriétaire du club criant « mach schau ! » (« faites un « show » ! ») donne lieu à des prestations scéniques endiablées qui attirent les clients et contribuent au succès et à la réputation du groupe, maintenant vêtus de vestes de cuir noir (sauf pour Paul et Stuart pour l'instant)[16]. Curieux, Howie Casey (en), du groupe Derry and the Seniors, qui jouait au Kaiserkeller, est venu les entendre et a été malgré tout impressionné de leur présence sur scène et surtout de leurs harmonies vocales. Malgré les défauts de leurs prestations musicales, ils étaient « intéressant » à voir[17]. Lennon déclara : « Nous devions jouer pendant des heures et des heures. Chaque chanson durait vingt minutes et comportait vingt solos. C'est ce qui nous a permis de progresser. Nous n'avions personne à imiter. Nous jouions ce que nous préférions et les Allemands aimaient ça, du moment que c'était fort »[18]. Après leur soirée à chanter à tue-tête, leurs voix en devenaient rauques[19].

Le , le groupe liverpuldien Rory Storm and The Hurricanes, avec un certain batteur surnommé Ringo Starr (20 ans), commence son séjour au Kaiserkeller (en), au 36 rue Große Freiheit, rejoint trois jours plus tard par les Beatles. L'Indra Club ayant dû cessé de présenter de la musique rock à la suite de plaintes pour tapage nocturne, les Beatles continuent donc leur engagement dans cet autre bar, cette fois en plein cœur du red light, apprenant que Koschmider prolonge aussi leur contrat[20]. Le nombre d'heures reste identique à celui de l'Indra mais la plage horaire est rallongée, débutant plus tôt et finissant plus tard avec les deux groupes se partageant la scène toujours pour soixante à quatre-vingt-dix minutes chacun[21]. Les deux groupes se lient d'amitié et tentent de se surpasser l'un et l'autre dans une ambiance de saine compétition et de folie partagée[22].
À la suggestion de Williams, de passage en ville, le bassiste et second vocaliste des Hurricanes, Lu Walters, possédant une voix de crooner, invite son batteur et trois des Beatles afin d'effectuer, le , une démo de Summertime et, possiblement[23], Fever (de Peggy Lee) et September Song[24], chez Akustik, un petit studio situé dans la maison Klockmann sise au 57, Kirchenallee. À son retour en Angleterre, Allan Williams présente ce disque à des producteurs potentiels mais ne trouve aucun preneur. Au fil des années, les disques — six unités croit-on — pressés de cette première production commune de Lennon, McCartney, Harrison et Starr ont disparu[25].
Profitant que les instruments musicaux américains sont disponibles à Hambourg, Stuart s'achète un amplificateur 16 Watts Gibson Les Paul, et John remplace sa vieille Club Footy avec l'achat de sa guitare de rêve, une Rickenbacker 325 avec un amplificateur de 18 Watts Fender Deluxe. Paul, qui avait l'équipement le plus désuet, garde sa guitare Rosetti Solid 7, à peine audible[26], tandis que George, à son retour à Liverpool, remplacera, en , sa Futurama avec une Gretsch Duo Jet usagée[27].
Un soir, autour du , Klaus Voormann, un jeune artiste de 22 ans[n 3], les voit sur scène et, impressionné, il entraîne ses amis, les photographes Astrid Kirchherr (22 ans) et Jürgen Vollmer (en) (21 ans), à venir les voir le lendemain dans ce quartier malfamé, loin de leurs environnement habituel[28]. Ce trio influencera de manière décisive le style et l'apparence du groupe, notamment en matière de vêtements et de coiffures. Kirchherr, qui se lie d'amitié avec le discret bassiste Sutcliffe, est également la première à photographier le groupe professionnellement lors d'une séance au parc d'amusement du Dom funfair sur Feldstraße[29]. Le groupe profitera de l'hospitalité de Nielsa, la mère d'Astrid; quelques repas à la maison au 45a Eimsbütteler Straße, douches chaudes et lavage de vêtements, plus que nécessaires, et Stuart, le veinard, qui ira maintenant y dormir[30].

Les Beatles, sous contrat avec Bruno Koschmider jusqu'au , fréquentent souvent le Top Ten Club (en), au 136 avenue Reeperbahn, où se produit le guitariste et chanteur britannique Tony Sheridan, qu'ils admirent, et jouent occasionnellement ensemble. Fin , le propriétaire du Top Ten, Peter Eckhorn, offre au groupe un meilleur salaire, un système de sonorisation plus performant, avec réverbération et écho, et un logement légèrement plus confortable au-dessus du club. Alors les Beatles quittent le Kaiserkeller pour travailler au Top Ten, ce faisant, rompt leur contrat avec Koschmider, avec lequel ils sont en souvent en conflit[31]. Furieux, s'étant fait déjà damer le pion par Eckhorn lorsque celui-ci lui a subtilisé les Jets et Tony Sheridan[32], Koschmider dénonce Harrison car en étant mineur, il était trop jeune pour travailler dans une boîte de nuit après 22 heures, bien qu'il travaillait dans son propre club depuis quelques mois déjà. Le , Harrison est expulsé vers l'Angleterre.

Quelques jours plus tard, lorsque Best et McCartney retournent au Bambi Kino pour récupérer leurs affaires, ils le trouvent plongé dans l'obscurité presque totale et utilisent des allumettes afin de faire de la lumière. McCartney et Best décident, en guise de provocation envers Koschmider, d'accrocher quelques préservatifs à des clous sur le mur en béton du couloir et y mettent le feu. À part une odeur désagréable et des taches noires sur le mur, il n'y eut pas de dégâts importants. Furieux encore une fois, Koschmider les accuse de tentative d'incendie criminel et les dénonce à la police[33]. Le , un après l'autre, les membres du groupe sont arrêtés et passent quelques heures au poste de police et, le , Paul McCartney et Pete Best sont à leur tour expulsés du pays, cette fois en avion, une première envolée pour eux deux. Au grand plaisir de Koschmider, Eckhorn a dû payer 158 DM aux autorités allemandes[34], soit au moins une partie du coût de leur expulsion vers Liverpool. Jim McCartney est horrifié de voir son fils « à moitié mort, un squelette en manque de nourriture et de repos »[35]. Lennon, resté seul, joue quelques fois au Top Ten Club avec Sheridan et, possiblement, avec Rory Storm and the Hurricanes, ces derniers ayant aussi perdu leur place au Kaiserkeller après qu'ils aient détruit le plancher de la scène (avec un peu d'aide des Beatles)[31]. Déprimé, il quitte en train le [36] et, arrivé à Liverpool le lendemain, se terre chez lui quelques jours, fatigué, en se demandant s'il voulait toujours vivre cette vie nocturne dans des bars devant des spectateurs ivres. Il tarde à reprendre contact avec ces collègues mais son moment de repos lui est salutaire[37]. Sutcliffe demeure à Hambourg avec sa petite amie Astrid et reviendra à Liverpool vers le [38].
Retour à Liverpool

Allan Williams, qui a tenté d'ouvrir son propre Top Ten Club à Liverpool, s'est associé à Bob Wooler (en), un DJ bien connu de Liverpool. Après une semaine d'activité du club, le local, pas du tout adapté pour ce genre de commerce, passe au feu, heureusement alors qu'il était vide. Hospitalisé à cause d'ulcères causé par le stress, Williams somme Wooler de prendre soin des Beatles qui vont reprendre le service. À contrecœur, ce dernier accepte[39]. Le , douze jours après que Lennon ait annoncé son retour aux autres, le groupe prend la scène au Litherland Town Hall, salle municipale qui servait deux jours par semaine de dancing[40]. Au moment où les Beatles, avec, pour l’occasion, Chas Newby (en) à la basse, se mettent à jouer, la piste de danse se vide et l’assistance, ébahie, se presse vers la scène pour les écouter et les regarder. Les Beatles à la saveur d'Hambourg prennent d'assaut leur ville natale au grand plaisir de Wooler qui hérite d'une petite mine d'or[41].
En , à l'insistance de son père, McCartney est contraint de travailler dans une usine le jour et, sept soir par semaine, est sur scène avec le groupe. Sutcliffe reprend son poste de bassiste; sans être exceptionnel, les longues heures passées sur scène à Hambourg lui ont donné de la confiance et de la compétence à son instrument. Un soir, à la fin de ce mois, une bagarre survient après un spectacle avec des spectateurs à Seaforth (en). Lennon se brise un doigt et Sutcliffe, malmené, reçoit un coup de pied à la tête[42].
La réputation du groupe devient de plus en plus marquée et leur fans de plus en plus nombreux. Astrid Kirchherr, qui est à Liverpool pour être avec son amoureux, communique avec les autorités allemandes afin de faciliter le retour du groupe à Hambourg tandis que Williams tente de leur trouver du travail. Il leur négocie un contrat au Top Ten mais, malgré tout, le groupe décide de rompre son accord avec lui[43]. Quelque temps avant de quitter pour leur second séjours à Hambourg, McCartney démissionne de son travail[44] et Astrid coupe les cheveux de son fiancé avec la fameuse « coupe au bol » qui lui vaut plusieurs taquineries[43]. Quelques mois plus tard Jürgen Vollmer fera de même à John et Paul, de passage à Paris, « qui voulaient aussi cette coupe de cheveux rigolote »[45].
Le groupe est prêt pour sa prochaine aventure en Allemagne.
Deuxième séjour (du 27 mars au 2 juillet 1961)

Maintenant que Harrison a eu ses 18 ans et que les problèmes d'immigration ont été résolus, les Beatles retournent à Hambourg pour un deuxième contrat d'un mois, peut-être deux, au Top Ten Club. Finalement, c'est du [46] au [47] qu'ils s’y produisent avec Tony Sheridan pendant quatre-vingt-deux soirs consécutifs[48]. Avec lui, Paul McCartney coécrit une chanson intitulée Tell Me if You Can[49] restée inédite jusqu'en 2004[50],[51]. Ils joueront un total de cinq-cent-trois heures sur scène, à raison de sept heures par soir, et huit heures le week-end, avec une pause de quinze minutes toutes les heures.
C'est durant ce séjour à Hambourg que leur vestes de cuir, maintenant portées par tous, s'accompagnent à présent de chemises de velours (ou d'un t-shirt), de pantalons de cuir, tous noirs, et de bottes texanes argent et or, et occasionnellement parés de casquettes en tissu rose sur leur chevelure toujours gominée[52]. De plus, sous l'influence de Sheridan, ils commencent à consommer de la phenmétrazine, un stimulant commercialisé comme pilule amaigrissante du nom de Preludin contenues dans de petits tubes métalliques. Ils se procuraient ces « Prellies » auprès de la femme de ménage du club, des serveurs et clients allemands ou de la mère de leur amie Astrid Kirchherr. Paul n'en prenait généralement qu'un, John en avalait souvent quatre ou cinq[53] tandis que George et Stu se situait entre ces deux extrêmes mais Pete n'en prenait pas. La consommation de boissons alcooliques, dont Best en était le champion, complétait ce régime journalier[54]. Hunter Davies affirmait dans la biographie officielle du groupe, publiée en 1968, que leur consommation de stimulants à cette époque était davantage une réaction à leur besoin de rester éveillés et de continuer à travailler qu'une simple recherche de sensations fortes.
Le et se terminant possiblement le lendemain, les Beatles accompagnent Tony Sheridan lors de séances d'enregistrements pour le label Polydor, produites par le compositeur et chef d'orchestre allemand Bert Kaempfert. Effectués à la Friedrich-Ebert-Halle (en) de Hambourg-Harbourg sans Stuart, bien que présent, les titres du répertoire traditionnel My Bonnie et The Saints — bientôt publiées en 45 tours et sur le 33 tours de Sheridan, justement intitulé My Bonnie[55] — la composition de Sheridan Why et les reprises If You Love Me, Baby (Take Out Some Insurance on Me, Baby) et Nobody's Child sont enregistrés par le groupe pour accompagner le chanteur et guitariste. Le standard Ain't She Sweet, chanté par John, et Cry for a Shadow, un instrumental crédité à Harrison/Lennon, sont joué par le groupe seul[56]. Cette dernière sera la première chanson originale du groupe publiée lorsqu'en France, le EP Mister Twist sort en [57].
Sutcliffe s'inscrit à l'École supérieure des beaux-arts de Hambourg, où il étudie, le jour, sous la tutelle de l'artiste pop art britannique Eduardo Paolozzi. Paul McCartney doit à quelques reprises prendre la rôle de bassiste lorsque Stuart doit prendre congé et, sachant que le , le dernier jour de ce séjour à Hambourg, marquera la fin pour Sutcliffe dans le groupe, il s'achète une basse Höfner pour gaucher, à la forme de violon, qui deviendra bientôt sa marque de fabrique. Sa vielle guitare Rosetti connaît aussitôt une fin abrupte lorsque les membres du groupe la détruisent, avec plaisir et vigueur, sur la scène du club[58].
Sutcliffe quitte donc les Beatles pour se consacrer à ses études artistiques et commencer sa vie avec Kirchherr[47]. Entretemps à Liverpool, Mona Best s'active à trouver des salles pour le retour du groupe de son fils. De plus, Neil Aspinall, le meilleur ami de Pete, un vieux copain de classe de Paul et George, et l'amant de Mme Best, quitte son travail d'apprenti comptable, achète une camionnette et devient leur manager de tournée permanent, car il gagnait davantage en les conduisant qu'en faisant son métier[59]; il sera fidèle à leur côtés pour plus de quarante-cinq ans[60].
Retour à Liverpool
À leur retour, leurs fans les attendent impatiemment. Les Beatles sont programmés tous les mercredis soirs et deux ou trois midis par semaine au Cavern Club[61] avec plusieurs autres prestations ailleurs pour le reste de l'année.
Le , John et Paul, les « Nerk-Twins » en vestes de cuir, jeans et affublés de chapeaux melons[62], planifient faire de l'autostop de Liverpool jusqu'en Espagne, mais décident plutôt de rester deux semaines à Paris. C'est durant cette escapade qu'ils reprennent contact avec Jürgen Vollmer, vivant maintenant dans la ville-lumière, et se font coiffer à la « mop-top » comme elle sera sarcastiquement décrite dans quelque temps[63]. John Lennon raconte dans une interview de 1967, citée dans The Beatles Anthology :
« Jürgen avait une coupe de cheveux aplatie avec une frange sur le devant, que nous avons beaucoup appréciée. Nous sommes allés chez lui et là, il nous a coupés – ou plutôt massacré – les cheveux pour nous faire la même coupe. »
George fera de même à leur retour, mais contrairement à ses deux amis, sans la raie dans sa coiffure. John et Paul l'imiteront bientôt tandis que Pete opte de conserver sa coupe à la « Tony Curtis »[64].
Le sort en Allemagne le single My Bonnie/The Saints, crédité à Tony Sheridan and « The Beat Brothers »[65]. La semaine suivante, la curiosité du disquaire Brian Epstein est piquée lorsque quelques clients de sa boutique NEMS à Liverpool le somme d'en faire l'importation. Après en avoir commandé deux cent copies, il visite le groupe au Cavern Club tout près de son commerce et tombe sous le charme de ces quatre jeunes hommes habillés en cuir noir, aux cheveux hors de l'ordinaire et à la confiance exubérante. Il se propose comme manager et travaille sans relâche pour leur dénicher des nouvelles salles afin d'y jouer pour de meilleurs cachets et un contrat d'enregistrement. Il initiera la publication en Angleterre de ce single par Polydor, cette fois crédité à « Tony Sheridan and the Beatles »[66].
En , Peter Eckhorn, avec Tony Sheridan, se déplace à Liverpool afin de régler deux choses. Sheridan doit prendre la scène au Top Ten Club de janvier à février mais son groupe a perdu son batteur. Il recrute donc Ringo Starr après avoir essuyé un refus de Fred Marsden du groupe Gerry and the Pacemakers. De plus, Eckhorn espère engager les Beatles pour une résidence à son club mais se voit contraint de négocier avec Brian Epstein un nouveau contrat à la hausse[67]. À son tour, Horst Fascher, ancien employé du Top Ten et maintenant cofondateur et directeur d'un nouveau bar toujours sans nom, se déplace à Liverpool avec, comme interprète, le transfuge Roy Young, le pianiste et chanteur en résidence avec lequel les Beatles ont partagé la scène plusieurs fois. Ils s'entendent avec Epstein pour inviter les Beatles au concert d'ouverture du club qui seront payés 500DM par semaine chacun, moins la commission de 75DM pour leur nouveau manager, retenue à la source[68]. Le Top Ten, qui a vu Young, Sheridan et leurs collègues quitter pour cette nouvelle salle, ne survivra pas à l'ouverture du Star-Club et devra fermer ses portes au printemps[69].
Le , d'après un sondage populaire du journal Mersey Beat (en), fondé par Bill Harry, vieil ami de John et Stuart, le groupe est maintenant numéro 1 à Liverpool[70]. À la même époque, resté à Hambourg avec Astrid, la santé de Stuart Sutcliffe se dégrade; des migraines violentes qui pouvaient durer des heures, voire des jours, de la sensibilité à la lumière — allant même à une cécité temporaire —, des sautes d'humeur et des excès de rage que d'aucun médecins peuvent en déterminer la cause. Tout de même, son travail d'artiste dans les derniers mois est « prolifique, intense et éblouissant »[71] et il se permet même, à quelques reprises, de jouer de la basse avec un groupe local, The Bats[72].
Troisième séjour (du 10 avril au 2 juin 1962)

« S'il avait vécu, il aurait facilement pu être le Beatle. Il était imaginatif, extrêmement intelligent et ouvert à tout, pas seulement à la peinture ou au pop art, mais à tous les médias et à toutes les expériences possibles. »
— Eduardo Paolozzi[71]
Dépérissant de semaine en semaine, Stuart Sutcliffe meurt, dans les bras de sa fiancée, le d'une hémorragie cérébrale, filant à toute vitesse en ambulance vers l'hôpital[73]. À l'âge de 21 ans et 10 mois, il laisse derrière lui une grande quantité d'œuvres et d'esquisses de tout les styles, effectuées « dans le plus grand engagement » lors de ses courtes années de travail[71]. Bien qu'il est souvent dit que l'attaque des Teddy Boys, quinze mois plus tôt en janvier 1961, serait la cause de l'hémorragie, un laps de temps trop long pour ce genre de circonstance[72], il est plutôt probable qu'une condition congénitale soit la cause réelle de sa mort[74].

Le , les Beatles sont programmés en première partie du concert d'ouverture du Star-Club, ouvert par Manfred Weissleder (de) et situé au 39 Große Freiheit, face au Kaiserkeller. C'est une ancienne salle de cinéma pouvant accueillir deux mille personnes assises, possédant une piste de danse devant une grande scène et des systèmes de son et d'éclairage professionnels. Les Beatles reviennent, sans George, à Hambourg en avion le 10, le même jour de la mort de Sutcliffe. Harrison, resté à Liverpool quelques jours de plus, soignant ses derniers symptômes de la rubéole, est le premier à apprendre la terrible nouvelle. Brian Epstein, leur nouveau manager, envoie un télégramme au groupe à Hambourg demandant de venir les cueillir à l'aéroport le 13. C'est à leur arrivée qu'ils apprennent à leur tour la disparition de leur ami.
Le soir même, le groupe est sur scène au Star-Club vêtus d'habits de style Cardin, qu'ils portent sporadiquement depuis le début mars[75]. Aux clubs Indra et Top Ten, les Beatles étaient le seul groupe sur scène, au Kaiserkeller, ils la partageaient avec un autre. Mais, au Star Club, il pouvait y avoir trois ou, certains soirs, quatre ou même cinq groupes en alternance. Alors, les Beatles ne devaient que jouer trois ou quatre heures par soir, une tâche peu ardue pour ce groupe aguerri. Roy Young, le pianiste du groupe en résidence du club complétait quelquefois le quatuor comme il l'avait fait au Top Ten précédemment[76]. Mieux logés, une chambre avec lits superposés à deux pas du club au 30 Große Freiheit, et mieux payés, la mort de Stuart planait par contre sur ce séjour car le comportement de John, le plus imprévisible, atteint ici son paroxysme[77]. Le groupe pouvait remercier les frères Fascher, Horst, Uwe et Fredi qui les protégeaient des clients outrés des comportements déplacés de ces musiciens sous l'influence de pilules, de boisson et de manque de sommeil[78].
Au retour des funérailles de son amoureux, John et George visitent Astrid chez elle[n 5]. Dans le grenier où Stuart peignait, elle prend des photos du duo qui seront l'inspiration de la photo de la pochette de leur second album.
C'est durant ce passage à Hambourg que, le [79], le groupe reçoit un télégramme de Brian Epstein qui leur annonce qu'il leur a déniché un contrat d'enregistrement chez EMI et leur demande de finaliser de nouvelles chansons. Fous de joie, John, Paul et George, respectivement, lui répondent par télégrammes : « Quand serons-nous millionnaires », « SVP virer dix mille livres sterling d'avance sur les redevances » et « SVP commander quatres nouvelles guitares ». Après une pause de deux ans, le duo Lennon/McCartney se remet au boulot et finalise Love Me Do et Ask Me Why et crée PS I Love You[80].
Le , une seconde et dernière séance d'enregistrement avec le producteur Kaempfert a lieu afin de mettre fin au contrat avec le label allemand et laisser le champ libre à leur nouveau manager. Avec Roy Young au piano, les chansons Sweet Georgia Brown et Swanee River sont mises en boîte. Ce dernier enregistrement est rapidement perdu tandis que Sweet Georgia Brown sera publié en dans un E.P. allemand au nom de Sheridan[81],[n 6],[82].
Pendant les quatre derniers jours de leur engagement, Gene Vincent partage la scène du Star-Club avec les Beatles. C'est leur première rencontre avec un musicien américain, un de leurs idoles, et ses agissements rivalisent, sans gêne, à ceux de Lennon. Après quarante-huit jours, ou cent quatorze heures sur scène, le groupe retourne à Liverpool le avec cette fois le contrat d'enregistrement tant convoité[83]. Quatre jours plus tard, ils seront à Londres aux studios de la rue Abbey pour leur test d'artistes[84] qui marquera le début de leur carrière nationale et internationale mais, à court terme, sonnera le glas de leur association avec Pete Best qui, pour la troisième fois, après Bert Kaempfert chez Polydor, Mike Smith (en) chez Decca et maintenant George Martin chez Parlophone, est pointé du doigt par ces producteurs pour son tempo irrégulier[85].
Quatrième et cinquième séjours
« Nous n'étions plus à l'étape d'Hambourg et nous voulions tout arrêter. Nous détestions y retourner ces deux dernières fois…mais Brian nous a obligés à y aller… »
— John Lennon[86]
Du 1er au 14 novembre 1962
Lors de leur deuxième passage au Star-Club, Ringo Starr est maintenant, depuis le mois d'août, le batteur du groupe. Les Beatles séjournent à l'hôtel Germania (Detlev-Bremer-Straße 8), dans des chambres pour deux offertes gratuitement, avec un salaire de 510DM (46 £) par semaine[87]. Little Richard, que le groupe a pu rencontrer le lors du spectacle au New Brighton (en) Tower Ballroom[88], est la tête d'affiche pour les deux semaines accompagné du groupe britannique Sounds Incorporated (en). Il est venu avec son protégé, un jeune prodige de seize ans, Billy Preston[n 7]. Bien qu'il paraissait « avoir 10 ans », sa présence, comme Harrison lors de son premier passage, était tolérée après 22 heures. Contractuellement, les Beatles devaient jouer trois heures par soir, mais dans les faits, deux tours de chant d'une heure, un avant 22 heures et un deuxième après, sont suffisants étant donné le nombre de groupes se partageant la scène : Little Richard, Tony Sheridan, Roy Young, Gerry and the Pacemakers et Kingsize Taylor and the Dominoes (en) (deux groupes de Liverpool) et un chanteur afro-américain nommé Davy Jones[n 8],[89].
À la demande de Brian Epstein, Astrid, qui venait les voir tous les soirs, a effectué une séance de photographie au studio de son employeur, Reinhart Wolf (de), au 15 rue Beim Schlump. Utilisant différentes chaises antiques en bois comme accessoires, elle effectue des photos individuelles et en groupe qui seront utilisées comme matériel promotionnel[72],[90].
Du 18 au 31 décembre 1962
Il reviennent une dernière fois au Star-Club du 18 au lorsque Hambourg connait une température glaciale. Malgré le fait qu'ils avaient de meilleures conditions, étaient mieux rémunérés (57 £ chacun par semaine) pour seulement deux ou trois prestations de quarante-cinq minutes, et logés gratuitement, bénéficiant pour la première fois du luxe de chambres individuelles, à l'hôtel Pacific située à dix minutes sur Neuer Pferdemarkt, le groupe n'avait plus du tout la motivation d'y être. C'était, pour eux, un pas de recul; ils avaient un contrat en poche avec EMI[91], un 45 tours maintenant dans le top vingt des « charts » britanniques[92] et un second d'enregistré, mais ils se devaient de respecter un contrat signé antérieurement[91].
Ils sont deuxième tête d'affiche derrière Johnny and the Hurricanes, un groupe instrumental de Toledo (Ohio), partageant la scène avec The Strangers, un groupe de Liverpool, la chanteuse londonienne Carol Elvin et, encore une fois, Kingsize Taylor and the Dominoes, Tony Sheridan et Roy Young, deux membres du groupe en résidence du club[91]. Bien que le groupe ne faisaient rien d'autres que de passer la journée à l'hôtel et la soirée au club, vu le froid intense et leurs vêtements inappropriés, ils n'ont pas utilisé ce temps pour écrire les nouvelles chansons nécessaires à l'enregistrement, dans sept semaines, de leur premier album[93].

Un soir de ce dernier passage au Star-Club, possiblement le , à l'initiative de Ted « King Size » Taylor, trente-sept chansons des Beatles, pour une durée d'environ cent minutes[n 9], ont été captées avec un enregistreur portable, tournant à 3¾ pps, par Adrian Barber (en)[94], ancien membre des Big Three (en), un autre groupe du Merseyside, maintenant responsable de la sonorisation du club[95]. Les bandes de piètre qualité sonore, sur lesquels on entend le groupe décontracté dans une ambiance débridée d'un bar[94], ont été publiées en 1977 sur le label ouest-allemand Bellaphon et sur Lingasong (en) en Angleterre et en Amérique du Nord sous le titre The Beatles Live! at the Star-Club in Hamburg, Germany; 1962. Elles ont ensuite été rééditées dans différents formats et sous différents titres, jusqu'en 1998 lorsque qu'Apple Corps, la compagnie des Beatles, se prévaut des droits exclusifs mais tarde toujours à les sortir officiellement[96].
Durant leurs passages à Hambourg, le biographe Mark Lewisohn évalue que le groupe à joué un total de 1110 heures sur scène, équivalent à trois heures par soir pendant un an. Frank Allen (en), le bassiste de Cliff Bennett and the Rebel Rousers (en), arrivés le et qui prendront la relève au Star-Club après le départ des Beatles, se rappelle :
« Nous avions peut-être tous à peu près le même âge, mais nous étions des garçons tandis que les Beatles étaient des hommes […] Ils dégageaient une puissance et un charisme naturels. J'étais vraiment impressionné. Ils reprenaient beaucoup de classiques du rock 'n'roll, mais en harmonies à trois voix, et ils réalisaient tous leurs propres arrangements. C'était fabuleux. J'étais complètement subjugué[97]. »
Un dernier passage éclair
En plein cœur de la beatlemania, le groupe revient en Allemagne de l'Ouest, les premiers arrêts de sa tournée (en) qui les mènera du Japon jusqu'à son désastreux séjour aux Philippines. Le , après leurs concerts de Munich[98] et d'Essen[99], les Beatles sont accueillis en héros à la gare d'Hambourg, jouent deux fois à guichet fermé au Ernst-Merck-Halle (de), une salle accueillant 5600 spectateurs. Quarante-quatre personnes sont arrêtés pour manifestations avec violence dans la salle où à l'extérieur. Ils donnent une conférence de presse et revoient, individuellement ou en groupe, Astrid Kirchherr (qui remet à John des lettres de Stuart) et Bert Kaempfert, entre autres, tandis que John et Paul, pour la toute dernière fois, vont se promener dans leur ancien quartier de la Reeperbahn[100].
Publications par Polydor
Voulant profiter de la vague de la Beatlemania, Polydor réédite en 1964 le premier single de 1962 et en crée trois nouveaux avec les six autres chansons enregistrées avec ou sans Tony Sheridan. Ces quatre singles paraîtrons un peu partout dans le monde en versions quelques fois différentes. Polydor France, qui avait déjà publié un super 45 tours intitulé Mister Twist en 1962 contenant quatre de ces chansons, le réédite et publie un second EP, avec les quatre autres, en plus de sortir l'album Les Beatles, un 33 tours en vinyle de 25 cm de diamètre contenant uniquement ces huit chansons.
En , le label allemand crée aussi The Beatles' First !, un 33-tours compilant ces huit chansons augmentées de quatre autres de Sheridan enregistrées avec d'autres musiciens. Cet album sera publié en Angleterre en 1967, en France et au Canada en 1969, et aux États-Unis en 1970, ces deux dernières éditions respectivement sous les noms Very Together et In the Beginning (Circa 1960). Il sera ultimement réédité en format CD en 1984 sous le titre The Early Tapes of the Beatles en version augmentée[101]. My Bonnie, Cry for a Shadow et Ain't She Sweet seront inclus dans l'album Anthology 1 en 1995 par Apple Records.
Hommage

Initiée par la station de radio locale Oldie 95, une Beatles-Platz (de), créée par les architectes Dohse & Stich et le concepteur d'éclairage Michael Batz, a été inaugurée par le maire Ole von Beust, le , au croisement de la rue Große Freiheit et de la Reeperbahn, à mi-distance entre le Top Ten Club et le Kaiserkeller. L'ensemble prend la forme d’un disque 33 tours où le groupe est représenté, en périphérie, par cinq silhouettes métalliques avec Stuart Sutcliffe un peu à l’écart. La représentation du batteur est identifiée à Pete Best et à Ringo Starr[102],[103],[104].
Culture populaire
Les films biographiques Birth of the Beatles (en) de Richard Marquand, sorti en 1979[105], et Backbeat, de Iain Softley, sorti en 1994, qui décrivent les premières années du groupe, se déroulent en partie durant leurs séjours à Hambourg[106].
En 2025, la BBC a fait l'annonce qu'une télésérie en six épisodes intitulée Hamburg Days, basée sur l'autobiographie de Klaus Voormann, sortira dans les prochaines années[107].