Les Litanies de Satan

From Wikipedia, the free encyclopedia

Titre
Les Litanies de SatanVoir et modifier les données sur Wikidata
Incipit
« Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges,… »Voir et modifier les données sur Wikidata
Explicit
« …Comme un Temple nouveau ses rameaux s’épandront ! »Voir et modifier les données sur Wikidata
Les Litanies de Satan
Informations générales
Titre
Les Litanies de SatanVoir et modifier les données sur Wikidata
Auteur
Contenu
Incipit
« Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges,… »Voir et modifier les données sur Wikidata
Explicit
« …Comme un Temple nouveau ses rameaux s’épandront ! »Voir et modifier les données sur Wikidata
Couverture des Fleurs du Mal par le peintre allemand Carlos Schwabe, édition de 1900.

Les Litanies de Satan est un poème de Charles Baudelaire, l'un des trois publiés dans la partie Révolte des Fleurs du mal. Sa date d'écriture est inconnue, mais rien n'indique qu'il ait été composé à un autre moment que le reste de l'œuvre[1].

Le poème est une abjuration de la religion et en particulier du catholicisme[2].

Il inclut une inversion blasphématoire du Kyrie Eleison et du Gloria, éléments de la messe catholique[3], ou bien substitue Satan à Marie dans la liturgie qui lui est consacrée[4].

Le poète prétend éprouver de la sympathie pour Satan, qui lui aussi a connu l'injustice[5] et est capable de pitié pour ceux qui sont exclus.

Baudelaire et Satan

Représentation de Satan dans la poésie du XIXe siècle, ici la couverture de Mario Rapisardi, Lucifero (postérieur aux Fleurs du Mal).

Baudelaire fit précéder le poème d'une note expliquant qu'il n'avait pas fait allégeance personnelle à Satan[6].

C'est le seul poème de Baudelaire qui place Satan dans le titre ; cependant, le premier poème des Fleurs du Mal contient déjà le vers « C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent. »[7].

Lorsque Gustave Flaubert reproche à Baudelaire d'avoir « insisté trop sur l'Esprit du Mal », le poète répond « J’ai été frappé de votre observation, et, étant descendu très sévèrement dans le souvenir de mes rêveries, je me suis aperçu que, de tout temps, j’ai été obsédé par l’impossibilité de me rendre compte de certaines actions ou pensées soudaines de l’homme, sans l’hypothèse de l’intervention d’une force méchante, extérieure à lui. »[8]. Baudelaire croirait donc en une certaine existence d'une incarnation du mal. Jonathan Culler qualifie cette attitude de « réactionnaire »[Note 1] au sein du XIXe siècle, par opposition à son image d'homme moderne[9].

Réception

Algernon Swinburne y voit la clé des Fleurs du mal[10],[4].

Nonobstant la précaution de l'ajout de la note d'avertissement, le poème est cité dans le réquisitoire du procureur au procès des Fleurs du mal comme une atteinte à la morale religieuse. Toutefois, Charles Baudelaire et les éditeurs ne seront finalement condamnés que pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs et relaxés pour l'outrage à la morale religieuse, le procureur reconnaissant que si le premier est indubitablement constitué, l'auteur a pu « faire de l’étrange plutôt que du blasphème », sans qu'il ait l'intention du blasphème et s'en remettant au tribunal. Les Litanies de Satan ne sera pas repris dans la liste de ceux contenant un outrage à la morale publique, et ne fait pas partie des pièces censurées[Note 2],[11],[12],[13].

Le poème est resté jusqu'à nos jours une source d'inspiration pour les satanistes[14].

Œuvres dérivées

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI