Barbara Butch

DJ et activiste française From Wikipedia, the free encyclopedia

Barbara Butch, anciennement Leslie Barbara Butch, née le à Paris, est une DJ et militante française.

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Barbara Butch
Portrait de Barbara Butch.
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Biographie

Famille et jeunesse

Née en à Paris, Barbara Butch, née Leslie[1],[2],[3], grandit dans le 7e arrondissement au sein d'une famille juive traditionaliste[4]. Son père, français d'origine marocaine, est peintre en bâtiment, sa mère, d'origine ashkénaze, est secrétaire[5].

Dès l'enfance, elle pratique de nombreux instruments et enregistre des mixtapes[5].

Carrière

Elle quitte Paris à 22 ans pour Montpellier, où elle tient un restaurant de à , L'Arrosoir, 14, rue du Pila-Saint-Gély, dans lequel elle fait ses débuts dans le « DJing »[6],[5] — c'est-à-dire qu'elle mixe et passe des vinyles dans un très petit établissement, ce qui était novateur à l'époque. Ses choix étaient essentiellement des musiques des années 1980. L'établissement est plus réputé pour son ambiance que pour sa gastronomie et doit finalement fermer. À la fermeture du restaurant, elle décide de se consacrer à sa carrière de DJ[4]. Durant cette période, lorsqu'elle est en déplacement à Paris, elle y fréquente le Pulp[4].

Elle prend le nom de scène Leslie Barbara Butch[7],[5],[8],[9],[10], puis Barbara Butch, en référence à Barbara Bush et au concept de butch dans le lesbianisme[4].

Projets artistiques

En , elle retourne vivre à Paris et commence par jouer dans des petits bars comme Les Souffleurs, un bar parisien du 4e arrondissement, ou Le Raymond, puis dans des endroits plus grands comme le Rosa Bonheur, bar-guinguette du 19e arrondissement, où elle est artiste résidente, la Machine du Moulin Rouge, le Glazart[11], ou encore La Mutinerie[4]. Elle devient populaire auprès du public gay en sur internet et aux Souffleurs. Cela lui permet de se consacrer entièrement au DJing et d'abandonner un travail alimentaire dans la vente[5].

En , elle est artiste associée au Centre chorégraphique national de Caen en Normandie pour un DJ set de clôture du programme de rentrée en association avec Ola Maciejewska, Alban Richard et Mélanie Perrier.

En , lors du premier confinement dû à la Covid-19, elle lance les soirées virtuelles lappartchezmoi les samedis soir sur les réseaux sociaux, accessibles aux personnes malentendantes et sourdes[12].

En , elle pose pour une campagne virtuelle pour le parfum La Belle, de Jean-Paul Gaultier[8],[12].

Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris

En , elle est DJ lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris[13],[14],[15]. Elle apparaît dans le huitième tableau intitulé Festivité qui débute par un défilé de mode et se termine sur une scénographie qui fait l'objet de nombreuses polémiques. Personnage majeur de ce tableau, elle est prise pour cible sur les réseaux sociaux. Elle reçoit des insultes sexistes, grossophobes, lesbophobes et antisémites ainsi que des appels au meurtre, ce qui la conduit à porter plainte pour « cyberharcèlement aggravé et menaces de mort »[4]. En , le parquet de Paris annonce que trois personnes sont mises en examen à la suite de cette plainte[16].

En , le tribunal de Paris condamne quatre hommes pour cyberharcèlement[17] à des peines de quatre mois d’emprisonnement avec sursis à dix mois ferme[18].

Flamme paralympique

En , Butch a porté la flamme paralympique au festival Rock en Seine[19].

Nuit blanche

Elle remporte la direction artistique de la Nuit blanche parisienne [20].

Militantisme

En , elle fait la couverture de Télérama, illustrant la une « Le fléau de la grossophobie : mais pourquoi rejette-t-on les gros ? » en posant nue[21],[22],[12],[15]. Cette photographie est censurée par Instagram et Facebook[23] alors qu'elle ne contrevient pas aux règles qui interdisent la présence d'organes sexuels, ainsi que de tétons féminins[15]. Instagram bloque durant 24 heures le compte de Barbara Butch pour la même raison lorsqu'elle republie l'image sur son compte personnel[15].

Activiste féministe, lesbienne et obèse, elle milite par son look, son travail et sur les réseaux sociaux en prenant position contre la grossophobie, l'homophobie ou la putophobie[réf. nécessaire]. Du fait de cet engagement, elle est victime de cyberharcèlement[5]. Elle publie de nombreuses photographies sur Instagram, où elle se met en scène avec sa compagne, ou alerte sur des actes homophobes. En , elle se définit sur France Inter comme « love activist »[4].

Elle était coordinatrice du pôle LGBT du bureau d'accueil et d'accompagnement des migrants[24].

En , elle participe aux événements du CLAQ  Comité de libération et d'autonomie queer  et mixe gratuitement en soutien au mouvement de grève des femmes de chambres de l’hôtel Ibis Batignolles[10].

En , elle est élue personnalité de l'année lors de la 4e cérémonie des Out d'or, organisée par l'Association des journalistes LGBT (AJL)[8],[9],[12].

En , elle apparaît dans le court métrage Extra large réalisé par Marina Ziolkowski[25]. Elle y joue, aux côtés de Rosa Bursztein et de Bérangère McNeese, une dystopie où la grossophobie de la société est poussée jusqu'à l'absurde[26].

Soutien à la proposition de loi Yadan

En , Barbara Butch signe dans Le Point une tribune collective[27] de soutien à la « loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme », dite proposition de loi Yadan, controversée car accusée par ses détracteurs de « criminaliser la critique du gouvernement israélien » et finalement non adoptée[28].

Elle publie le sur son compte Instagram[29],[30],[31] une vidéo dans laquelle elle évoque une « erreur » au sujet de son soutien à cette loi[32]. Dans un article publié sur le site de France 24 le , elle affirme qu'elle « n'aurait pas dû » signer la tribune[1],[33].

Interruption d'un concert à Grenoble en

Le , après la programmation de Barbara Butch au festival Cabaret frappé de Grenoble, un tract du groupe local de La France insoumise (LFI) appelle à son boycott en raison de son soutien à la loi Yadan[34],[30],[35]. Le tract lui reproche aussi son DJ set à Tel-Aviv, en Israël, en , dans le contexte du génocide à Gaza. Ce faisant, le tract relaie une fausse information en affirmant qu'elle a « animé la Pride de Tel-Aviv » alors que son set s'est déroulé sur invitation de l'ambassade de France en Israël, à la résidence de l'ambassadeur ; la Pride qui devait avoir lieu à ce moment a été annulée en raison de la guerre des douze jours[30]. Ce tract est accompagné d'une illustration représentant Barbara Butch maculée de sang mixant devant le drapeau utilisé pour la Pride en Israël, à savoir un drapeau arc-en-ciel avec une étoile de David[30].

Le , son concert au festival Cabaret frappé est interrompu après que près de 150 militants pro-palestiniens, selon un responsable du festival, dont le conseiller municipal LFI Allan Brunon, ont perturbé sa performance par des drapeaux palestiniens, des huées, des insultes, des doigts d'honneur et des jets de bouteilles et divers projectiles dirigés vers la scène[32],[36]. Elle déplore que « des actes de sabotage des installations électriques ont également été commis, mettant en danger le public, les équipes techniques et les artistes », et annonce qu'une plainte sera déposée[37]. LFI conteste le fait qu'elle a voulu faire cesser la prestation de l'artiste[38] et dément avoir appelé à la violence[36]. D'autres boycotts avaient échoué à Paris et au Mans[32]. Le boycott et cette interruption sont condamnés par la grande majorité de la classe politique française[39].

À la suite à cette polémique, plus de 300 personnalités du monde des arts et du cinéma, dont Alain Chabat, Géraldine Nakache et les frères Dardenne, signent une tribune en soutien à Barbara Butch après le concert interrompu[40]. Le , Barbara Butch annonce avoir déposé plainte pour provocation à la haine et à la violence contre La France insoumise, le média d'extrême droite Omerta et l'essayiste antisémite Alain Soral[41],[42].

Le , la ville de Grenoble, par l'intermédiaire de la maire Laurence Ruffin, indique : « qu'il y a eu des témoignages, des vidéos, qui montrent que les faits sont graves » et annonce le dépôt d'une nouvelle plainte[43] directement auprès du procureur de la République.

Décoration

Filmographie

Notes et références

Voir aussi

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