Libra (logiciel)
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Libra (Logiciel Intégré de Bibliothèque en Réseau Automatisé), est un logiciel qui constituait le système de catalogage partagé du Ministère de la Culture[1], principalement destiné aux bibliothèques centrales de prêt (BCP), mais aussi aux bibliothèques municipales (volontaires pour utiliser ce logiciel), dans les années 1980.
L'origine du projet est le Plan informatique de l'administration française adopté par le gouvernement en 197X et dont les ambitions post-gaullistes embarquaient un soutien aux champions français de l'informatique et particulièrement Bull, alors sous contrôle public. En réponse à la demande, le Ministère de la Culture se dote d'un centre informatique situé à Louveciennes et recrute une équipe de développeurs dirigée par Michel Bottin. Divers applicatifs spécifiques sont mis en place : pour les musées et l'inventaire du patrimoine avec la base Malraux et pour les bibliothèques dont le Ministère a la gestion, les bibliothèques centrales de prêt, le système Libra. Divers modèles étrangers sont alors connus en particulier le système canadien Télécat-Unicat. Des développements complémentaires sont commandés à d'autres acteurs de l'informatique publics ou semi-publics
Technologie et organisation
Il s'agissait d'un catalogage partagé en Unimarc[2], d'abord hébergé par un ordinateur Bull Multics, puis porté sous Unix. Il permet à des bibliothécaires qui ne se sont jamais vus de constituer un catalogue partagé, mais aussi de communiquer par messagerie, bien avant l'apparition d'Internet dans les bibliothèques. Divers usages parallèles se développent, comme DTV (= dénonce ton voisin), messagerie consacrée à la correction des erreurs de catalogage ou Cook, messagerie pour les échanges de recette de cuisine. Libra souffre de la lenteur des modems des années 1980 : 1 200 bit/s au maximum sur une technologie encore coûteuse (modem en bande de base et transmission par paquets) et basée sur des tarifs télécoms encore ruineux (débuts de l'opérateur public Transpac). Il est souvent difficile de se connecter à la base aux heures de bureau et les pionniers de Libra inventent diverses stratégies : venir travailler le matin à 6 heures, le soir après 19 heures ou le week-end. Deux approches se dessinent rapidement : les pionniers, qui mettent un point d'honneur à cataloguer tout livre ne figurant pas dans la base et les profiteurs, qui, s'ils ne trouvent pas la notice recherchée, mettent leur livre de côté, pour tenter à nouveau leur chance quelques semaines plus tard.
