Lise Le Bournot
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Elisa Palacios |
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Lise Le Bournot, née Elisa Palacios le à Alzira (Espagne, communauté valencienne) et morte le à Montbolo[1], est une résistante durant la Seconde Guerre mondiale, co-fondatrice et dirigeante[2] du maquis Daniel (Nièvre).
Après-guerre, elle est étroitement impliquée dans la Fédération française des ciné-clubs et en particulier des liens avec les fédérations hispaniques.
Jeunesse
Elisa Palacios[3] est née dans la région de Valence (Espagne) à Alcira (Alzira en valencien) de parents espagnols qui émigrent en France au début des années 1920, Agustin Palacios et Luisa Palacios, Tortosa y Toro. Son père est marchand de quatre saisons dans le secteur des Halles, à Paris, et elle est scolarisée à l’école dans le quartier Saint-Merri sous le prénom de Lise, en butte aux moqueries de ses camarades de classe du fait de ses origines étrangères. Bonne élève, elle pratique aussi le marathon et la natation.
Solidarité avec l’Espagne républicaine
Elle a 18 ans au moment du Front populaire et c’est lors d’une manifestation qu’elle rencontre son futur époux, le communiste Georges Le Bournot. Quand éclate la guerre civile en Espagne, elle s’implique dans l’aide aux réfugiés espagnols à Perpignan dans le Sud de la France, tandis que son frère cadet Agustin s’engage dans les brigades internationales.

Résistance et maquis
Recherché par la police, Georges Le Bournot se cache dans le Morvan : il y travaille comme bûcheron. Lise reste à Paris jusqu’en 1943, où elle confectionne et distribue des tracts clandestins en faveur de la Résistance. Elle est arrêtée puis libérée, faute de preuves et enceinte. Elle rejoint son mari à Bazolles (Nièvre)[4]. Avec les militants communistes Raymond Thiel[5] (de nationalité suisse) et Maurice Magis (de nationalité belge), Georges installe un maquis[6] dans la zone et confie la responsabilité militaire à Maurice Magis du fait de son expérience d’officier dans l’armée belge, mais il choisit une direction collective de quatre personnes (Lise et Georges Le Bournot, Raymond Thiel et Maurice Magis) et le maquis prend le nom du bébé que Lise met au monde en : Daniel. Le maquis Daniel a une position singulière, car il est affilié aux Forces françaises de l'intérieur (FFI), mais dirigé par des communistes. « Lisette », telle qu’elle est appelée dans le maquis, est chargée du ravitaillement et du recrutement[7]. À la Libération, il lui est attribué le grade d’aspirante et reçoit l’ordre de la croix de guerre[8].
Après-guerre, le cinéma militant d’art et d’essai
Après la Libération, elle gère les salaires des bûcherons français chargés d’abattre des arbres au titre de la réparation de guerre en Forêt Noire. Après ces deux années de travail entre Fribourg et Baden Baden (Allemagne), elle revient à Paris puis s’installe à Perpignan avec sa famille en 1954.
Elle crée le premier ciné-club de Perpignan et s’implique activement dans la fédération française des ciné-clubs (FFCC) et en particulier de la relation avec les pays de culture hispanique. Entre 1954 et 1971, elle contribue régulièrement à la revue de la FFCC Cinéma et représente la FFCC dans des festivals : Cannes, Benalmadena, Gotwaldov et elle apporte son assistance à la création de la fédération cubaine des ciné-clubs.

Plus tard elle organise à Perpignan, des week-ends cinématographiques qui permettent à des Espagnols de voir des films censurés par la dictature franquiste. Elle crée également avec son mari Georges une salle d’art et d’essai, « le cinématographe », qui ferme lorsqu’ils prennent leur retraite dans les années 1980.
Lise le Bournot meurt le à Montbolo.

