Seigneurie de Beaujeu

ancienne seigneurie française From Wikipedia, the free encyclopedia

La seigneurie de Beaujeu, ville de l'actuel département du Rhône dont le Beaujolais tire son nom, est une seigneurie du royaume de France, aussi présente dans le Saint-Empire, située au nord de la ville de Lyon, de part et d'autre de la Saône, qui a longtemps constitué la limite entre le royaume et l'empire.

Le titre de seigneur de Beaujeu ou sire de Beaujeu a été en usage du Xe siècle au XVIIIe siècle. Tout d'abord porté par les chefs de la maison de Beaujeu, le titre passe à la maison d'Albon-Forez en 1265, à la maison de Bourbon en 1400, à Louise de Savoie, mère de François Ier en 1522, au domaine royal en 1530, à la maison de Bourbon-Montpensier en 1560 et à la maison d'Orléans en 1640. Le dernier détenteur est Louis-Charles d'Orléans (1779-1808), titré « comte de Beaujolais », frère cadet de Louis-Philippe.

Certains de ses seigneurs[1] ont marqué de leur empreinte l'histoire de France. Les personnalités les plus connues sont Anne de Beaujeu (1461-1522), épouse du sire de Beaujeu Pierre II de Bourbon, fille du roi Louis XI et régente du royaume durant la minorité de son frère Charles VIII et Charles III de Bourbon, connétable de France, passé au service de Charles Quint en 1523.

Origines

La seigneurie de Beaujeu est constituée puis tenue par les chefs de la maison de Beaujeu qui figurent parmi les principaux barons du Mâconnais, du Lyonnais (terres du royaume de France) et des pays de l'Ain[2] (terres du Saint-Empire).

On a cherché à rattacher les sires de Beaujeu aux comtes de Lyon et de Forez, sans aboutir à des certitudes. Au Xe siècle, sont actifs (fl.) dans le Mâconnais un certain Guichard et ses neveux Guichard, Bernard, Bérard (Ier) et Lambert. Béraud (II) qui suit leur est manifestement lié par l'onomastique, et semble donc leur être apparenté (par sa mère ?).[pas clair]

Possessions

Liste non exhaustive des possessions relevant de la seigneurie de Beaujeu :

  • fief du Mottadet, à Villeneuve ; au XIIIe siècle[3]. En 1277, Béatrix, rend hommage à Louis de Beaujeu pour la domus dicte ly Motadays et pertinentiarium et appenditiarum[4]. En 1337, le château et la seigneurie de la Mottadet font partie du fief de Marguerite, dame de Saint-Triviers, sous la suzeraineté du sire de Beaujeu[5] ;
  • poype de Riottier, à Jassans-Riottier (Xe siècle[6] ;
  • châtellenie de Thoissey, avant 1372[7].
  • terre de Pizay[8].

Sur la rive orientale, donc dans le Saint-Empire, ils possèdent des terres de Montmerle à Riottier (rive gauche de la rivière), autour de Chalamont et de Saint-Paul-de-Varax (au sud de Bourg).

Il détiennent aussi à partir de 1227 une partie de la seigneurie de Loyes (actuelle commune de Villieu-Loye-Mollon). En effet, par besoin d'argent, la seigneurie de Loyes est engagée[9] par Étienne de Villars à Humbert de Beaujeu.

Liste des seigneurs de Beaujeu

La liste chronologique[10],[11],[12],[13],[14] présente les seigneurs, comtes et ducs qui ont détenu des droits sur les terres de Beaujeu, y compris la Dombes dès le début du XIIIe siècle[15],[16],[17],[18],[19].

Les dates indiquées correspondent aux règnes en tant que seigneurs de Beaujeu .

Famille de Beaujeu

  • (Ca. 944-Ca. 965) : Beraud ou Bérard (II) de Beaujeu.
  • (965-vers 1016) : Humbert Ier (949-1016), fils du précédent et de Vandelmode/Wandelmodis, fille d'Humbert Ier de Salins[16].
  • (…-987/996) : Guichard (Ier) de Beaujeu, frère du précédent et seigneur de Beaujeu mais subordonné à son frère aîné[20]. Il épouse Almodis. Ce Guichard n'étant pas reconnu par tous les historiens, c'est son neveu ci-dessous qui est ici considéré comme étant Guichard Ier.
  • (1016-1030/1050) : /II de beaujeu († entre  et 1050), fils d'Humbert Ier et de sa femme Emeldis/Emelde/Helmest[21].
  • (1030-vers 1070/1078) : /III de beaujeu († apr. ), fils du précédent et de sa femme Adélaïde[16] ,[22].
  • (1078-1102/1103) : Humbert II de Beaujeu, fils du précédent et de Richoara/Ricoaire, fille de Roclenus de Salornay (elle aurait apporté aux Beaujeu Thizy en partie, Amplepuis, Belleroche) ; sixième seigneur de Beaujeu[23],[24]. Sa première femme est Waldermonde, fille de Guillaume II de Thiern/Thiers et d'Adélaïde de Chalon-Semur[25].
  • (1102-1137) : /III de Beaujeu, fils du précédent et de sa deuxième femme épousée vers 1080, Auxilia, fille d'Amédée II de Savoie[26].
  • (1137-1174 ?) : Humbert III de Beaujeu dit « le Vieux »[27], fils du précédent et de Lucienne de Rochefort (1088-1137 ; fille de Guy le Rouge ; x vers 1107)[28].
  • (1174-1189) : Humbert IV de Beaujeu[27], fils du précédent et d'Élise (ou Alix) fille d'Amédée III de Savoie, connétable de France[28].
  • (1189-1216) : Guichard IV de Beaujeu dit « le Grand »[29], seigneur de Beaujeu et de Montpensier, fils du précédent et d'Agnès de Thiers, dame de Montpensier[30].
  • (1216-† en Égypte) : Humbert V de Beaujeu[31],[32], fils du précédent et de Sybille, épousée vers 1196/98, fille de Baudouin VIII-V de Flandre-Hainaut ; connétable de France. Souverain ou prince des (ou de la) Dombes par son mariage avec Marguerite de Baugé/Bâgé de Miribel (désormais, jusqu'à la Grande Mademoiselle ci-dessous, tous les titulaires de la seigneurie de Beaujeu sont prince/souverain de(s) Dombes ; Marguerite était la fille de Guy de Baugé, lui-même fils d'Ulrich II, petit-fils de Renaud III et demi-frère aîné de Renaud IV de Bâgé ci-dessous).
  • (1250-) : Guichard V de Beaujeu, fils d'Humbert V et de Marguerite de Bâgé dame de Miribel et des Dombes[33] ; connétable de France. Il épouse en 1250/1260, sans postérité, Blanche, fille de Jean de Chalon l'Antique, remariée en 1268 à Béraud IX de Mercœur.
  • sa sœur Isabelle de Beaujeu (1225-1297), qui suivra.

Maison d'Albon-Forez

La seconde lignée des comtes de Forez prend ses racines dans la maison d'Albon, Guigues-Raymond d'Albon ayant épousé l'héritière Ide de Forez[34].

Cette famille hérite de la seigneurie de Beaujeu grâce au mariage entre Renaud de Forez, deuxième fils de Guigues IV de Forez, et Isabelle de Beaujeu ci-dessus (†1297 ; Isabelle avait d'abord épousé vers 1240 Simon II de Semur, sire de Luzy)[35], fille d'Humbert V de Beaujeu et de Marguerite de Bâgé, dame de Miribel et de la Dombes.

Maison de Bourbon

Armoiries de Louis II de Bourbon[47].
Armoiries de Pierre de Beaujeu

Maison de Savoie

  • 1522-1531 : Louise de Savoie, cousine germaine de Suzanne de Bourbon et petite-fille de Charles Ier de Bourbon par sa mère Marguerite de Bourbon. Elle conteste la succession au connétable Charles III et obtient de son fils le roi François Ier l'investiture pour les duchés de Bourbon et d'Auvergne, les comtés de Clermont, de Forez et de la Marche ainsi que la seigneurie de Beaujeu, le . Le Beaujolais reste ensuite à la Couronne des Valois-Angoulême jusqu'en 1560.

Seconde maison de Bourbon-Montpensier

En 1560, le roi François II rend le titre à Louis III de Montpensier, neveu du connétable de Bourbon car fils de sa sœur Louise de Bourbon, duchesse de Montpensier.

Maison d'Orléans

Notes et références

Voir aussi

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