Littérature néerlandaise du XIXe siècle

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La littérature néerlandaise du XIXe siècle est la littérature de langue néerlandaise produite au XIXe siècle. Cette limite initiale, dans le temps, sera toutefois dépassée dans l'intérêt de la cohérence de l'article, dans l'introduction du sujet et lorsque seront traités des auteurs ayant leurs racines esthétiques au XIXe siècle et une partie de leur production littéraire au XXe siècle.

Illustration de couverture de la traduction française du roman de Multatuli Max Havelaar, paru chez Dentu à Paris en 1876.

Le tout début

Portrait d'Elisabeth Maria Post gravé par Vinkeles sur la base d'un dessin de Van 't Hoff.
Willem Bilderdijk, peint par Hodges en 1810.

Le romantisme aux Pays-Bas commence vers 1766 par la publication des essais de Rijklof Michaël van Goens (1748-1810), qui suggère que l'art doit être déterminé par l'originalité et la spontanéité. Le préromantisme, une réaction contre la rigueur du classicisme, commence vers 1750, mais n'occupe le devant de la scène qu'à partir de 1775. Il est caractérisé par deux tendances opposées : le sentimentalisme et le pragmatisme. Parmi les romantiques sentimentaux qui marquent l'époque, on compte Rhijnvis Feith (1753-1824) et Elisabeth Maria Post (1755-1812) ; une prise de position beaucoup plus critique caractérise les travaux de Jacobus Bellamy (1757-1786), Hieronymus van Alphen (1746-1803), Johannes Kinker (1764-1845), Rijklof Michaël van Goens et François Hemsterhuis (1721-1790) ; des « romantiques » éclairés sont, entre autres, Elisabeth Wolff-Bekker (1738-1804) et Aagje Deken (1741-1804). Willem Bilderdijk (1756-1831) exerce surtout après 1805 une grande influence sur l'évolution du romantisme. Vers 1795, la critique du sentimentalisme, devenu un culte excessif de la sensibilité, devient plus forte et, au tournant du siècle, une certaine rigidité s'instaure, dont la poésie domestique de Hendrik Tollens (1780-1856), le drame bourgeois d'Abraham Louis Barbaz (1770-1833) et une forme de littérature de résistance chez Cornelis Loots (1764-1834), Adriaan Loosjes (1761-1818) et Jan Frederik Helmers (1767-1813) sont les symptômes[1].

À partir de 1815

En Flandre : du romantisme au réalisme pondéré

Statue de De Rudder et piédestal de Hankar, dévoilés sur la place Saint-Bavon en 1899 et dédiés à la mémoire de Jan Frans Willems.
Hendrik Conscience (1812-1883), peint vers 1870 par Portaels.
Prudens van Duyse (1804-1859), peint par Canneel.

En Flandre est né, entre 1815 et 1830, un amour typiquement romantique de la patrie, dont fait preuve Jan Frans Willems (1793-1846) dans Aen de Belgen (Aux Belges, de 1818). La prise de conscience littéraire en Flandre se prolonge après la révolution belge, mais les écrivains continuent à mettre leurs dons entièrement au service de la cause nationale, raison pour laquelle ils ne produisent à peine des œuvres de valeur littéraire, peut-être à l'exception de Prudens van Duyse (1804-1859) et de Karel Lodewijk Ledeganck (1805-1847)[1].

Après 1830, deux centres connaissent une vie littéraire florissante : Gand et Anvers. À Gand, on trouve Jan Frans Willems comme chef de file d'un groupe de philologues et les poètes Ledeganck et Van Duyse[2]. Gand est alors un centre animé de formation populaire et d'enseignement de la langue néerlandaise[3]. Le groupe d'Anvers connaît une plus grande diversité et la capacité créative de ses membres est plus richement développée. Les principaux auteurs sont Jan Theodoor van Rijswijck (1811-1849), Jan Jacob Alfried de Laet (1815-1891) et Hendrik Conscience (1812-1883)[2], dont l'œuvre la plus connue est De leeuw van Vlaanderen (Le Lion des Flandres, de 1838). Au cercle De Olijftak et à l'auberge à l'enseigne du Petit Cheval blanc (Het Zwart Peerdeken) se rencontrent des flamingants, des peintres et des poètes moins érudits qu'à Gand, mais plus ardent dans leur militantisme[3]. Après le premier essor de la littérature flamande en Belgique, d'autres personnalités cherchent de nouveaux débouchés : Domien Sleeckx (1818-1901) et Jan van Beers (1821-1888) perçoivent leur environnement d'une façon plus réaliste ; Johan Michiel Dautzenberg (1808-1869) et Jan van Droogenbroeck (1835-1902) veulent renouveler la poésie en pratiquant des formes de poésie aussi nouvelles qu'étranges et artificielles ; Anton Bergmann (1835-1874) et Virginie Loveling (1836-1923) pratiquent déjà une prose plus moderne[2].

Vers 1840 arrive une nouvelle génération romantique, fortement influencée par le romantisme français (Jan Jacob Alfried de Laet, Jan Theodoor van Rijswijck). À cette époque, des écrivains comme Hendrik Conscience, Eugeen Zetternam (1826-1855) et Pieter Frans van Kerckhoven (1818-1857) occupent le devant de la scène. La prose atteint des sommets dans les œuvres d'Anton Bergmann, tandis que le réalisme est prédominant dans la poésie lyrique de Jan van Beers, des sœurs Virginie (1836-1923) et Rosalie Loveling (1834-1875), de Frans de Cort (1834-1878) et de Johan Michiel Dautzenberg[1].

Aux Pays-Bas

La période 1825-1830 commence par le traité de David Jacob van Lennep (1774-1853) sur l'importance du pays natal pour le développement du sentiment et de l'imagination (1826). Un art romantique objectif avec de fortes tendances progressistes et rationalistes émerge, entre autres chez Jacob Geel (1789-1862), et suscite l'intérêt pour le passé national ; Aarnout Drost (1810-1834), Jan Frederik Oltmans (1806-1854), Hendrik Jan Schimmel (1823-1906), Jacob van Lennep (1802-1868) et Anna Louisa Geertruida Bosboom-Toussaint (1812-1886) écrivent des romans historiques[1].

Aux Pays-Bas, le mouvement de Réveil et l'émancipation des catholiques, représentés par Isaäc da Costa (1798-1860), Hermanus Schaepman (1844-1903) et Josephus Albertus Alberdingk Thijm (1820-1889), stimulent la pensée critique d'un Conrad Busken Huet (1826-1886) : le romantisme révolutionnaire trouve un représentant en la personne de Multatuli (1820-1887), l'humour conquiert sa place avec Piet Paaltjens (1835-1894), Hildebrand (1814-1903) (dont l'œuvre la plus connue est la Camera Obscura, de 1839) et Carel Vosmaer (1826-1888)[1].

Réalisme

L'imagination et la réalité chez les Néerlandais réservés (1830-1860)

Portrait gravé d'Anna Louisa Geertruida Bosboom-Toussaint (1812-1886), par Adrianus Johannes Ehnle et D.J. Sluyter.
Portrait gravé d'Isaäc da Costa (1798-1860), par P. W. M. Trap.

Le mouvement du romantisme n'atteint son apogée aux Pays-Bas qu'après 1830. Pourtant, de nombreux écrivains y participent non pas parce que le romantisme est un phénomène de mode, mais plutôt parce qu'ils ont des dispositions réellement romantiques. Presque simultanément, les œuvres plus réalistes, fruit de l'observation humoristique, connaissent un grand succès. Cela est également un phénomène européen, mais l'humour et le réalisme conviennent mieux au caractère de la société civile néerlandaise.

Les courants, les genres et les champs d'intérêt que l'on peut identifier dans les œuvres des meilleurs écrivains de cette époque sont[4] :

1. le byronisme, qui consiste à s'abandonner à une humeur mélancolique (mélancolie, Weltschmerz), genre où Lord Byron exerce une grande influence ;
2. le récit historique, qui est, dans le meilleur sens du mot, l'empathie avec une époque considérée comme idéale. Mais on choisit facilement n'importe quel thème juste pour explorer les possibilités d'un décor coloré ;
3. l'élément national, qui implique que l'on veut que la littérature contribue à élever la nation. En outre, on se réfère à l'exemple à suivre du Siècle d'Or (au centre de cette évolution se trouve la principale revue du mouvement, De Gids, c'est-à-dire Le Guide) ;
4. la religion, qui prend la défense des valeurs spirituelles contre l'esprit libéral du temps. Les réformés trouvent une occasion dans le Réveil, un mouvement protestant suisse, arrivé aux Pays-Bas, qui cherche à approfondir la religion et qui comprend une nature mystique. En outre, il y a l'émancipation catholique, dont on trouve l'écho dans la littérature ;
5. l'observation et la représentation de la réalité, quand l'attention est portée à l'homme commun dans son existence quotidienne ;
6. l'humour, qui peut être un élément romantique, à savoir l'évasion par le rire de la réalité, dont il atténue du moins la dureté, de sorte que la réalité perd de sa netteté[5].

Sous l'influence des tendances réalistes naît, après 1850, et par opposition au romantisme subjectif, un art de plus en plus objectif, alors que le penchant pour l'impersonnel aboutit à un art social et à l'art pour l'art des quatre-vingtistes (les Tachtigers).

La lutte pour l'émancipation des catholiques aux Pays-Bas a été poursuivie dans un lyrisme moderne, qui atteint, en Flandre, un niveau sans précédent dans les œuvres de Guido Gezelle (1830-1899)[1].

Des écrivains associés à cette période sont Aarnout Drost (1810-1834), Everhardus Johannes Potgieter (1808-1875), Reinier Cornelis Bakhuizen van den Brink (1810-1865), Jan Pieter Heije (1809-1876), Anna Louisa Geertruida Bosboom-Toussaint (1812-1886), Isaäc da Costa (1798-1860), Josephus Albertus Alberdingk Thijm (1820-1889), Nicolaas Beets (Hildebrand, 1814-1903), Gerrit van de Linde (dont le pseudonyme est De Schoolmeester, ou Le Maître d'école, 1808-1858), Piet Paaltjens (pseudonyme de François Haverschmidt, 1835-1894), Jan Jacob Lodewijk ten Kate (1819-1889) et Petrus Augustus de Génestet (1829-1861)[6].

La sombre réalité en Flandre

Parfois, chez certains poètes, on trouve une strophe qui reflète la misère socio-économique et l'appauvrissement spirituel du peuple flamand au XIXe siècle. Julius de Geyter (1830-1905) s'adresse aux métayers flamands, que les propriétaires terriens maintiennent dans un état de pauvreté et qui se trouvent sous une certaine contrainte morale lors des élections[7]. Mais en dehors de ces rares lignes, De Geyter ne produit que des phrases creuses du style des rhétoriciens et de pompeuses cantates qui n'ont aucun autre rapport avec l'histoire que la volonté d'inciter le peuple à atteindre une nouvelle grandeur par une exaltation superficielle du passé national. Outre d'écrire l'ouvrage plutôt emphatique Optocht der Gentsche fabriekswerkers (Manifestation des ouvriers d'usine de Gand), Julius Vuylsteke (1836-1903) décrit les conditions de travail dans la filature de coton dans Fabriekgalmen (Échos d'usine). Theodoor van Rijswijck (1811-1849) ne connaît que peu les conditions de vie misérables en Flandre et ne les traite que sporadiquement[8]. Hendrik Conscience et Johanna Courtmans-Berchmans (1811-1890) écrivent sur les métayers et les ouvriers, mais couvrent la détresse de ceux-ci d'un rose doux ; une seule fois, Conscience arrache la voile, mais, toutefois, pas en sa qualité d'artiste créateur, mais dans un discours où il plaide pour la charité[9].

Non-conformistes

Pays-Bas : Multatuli, Busken Huet, Vosmaer et Pierson

Eduard Douwes Dekker (1820-1887), qui écrit sous le pseudonyme de Multatuli.
Conrad Busken Huet (1826-1886).
Carel Vosmaer (1826-1888).
Allard Pierson (1831-1896) sur une gravure publiée en 1896.

Dans les années 1860-1880, la plupart des auteurs ayant occupé le devant de la scène pendant la période précédente continuent à travailler ; certains d'entre eux, comme Everhardus Johannes Potgieter (1808-1875), écrivent même les plus mûres de leurs œuvres, mais la plupart ne dépassent pas la médiocrité. Néanmoins, des personnalités exceptionnelles prennent la parole : l'anarchiste Multatuli, le doué Conrad Busken Huet qui insuffle une nouvelle vie au Gids (Le Guide) jusqu'en 1865, le sophistiqué Carel Vosmaer et l'astucieux Allard Pierson[10].

À Bruxelles, dans une mansarde, Multatuli (1820-1887), errant et dénué de ressources après son licenciement, écrit son Max Havelaar (de 1860) pour démontrer que le « Javanais est maltraité » et pour se justifier après que la plainte qu'il avait formulée en sa qualité de résident adjoint de Lebak, accusant les autorités indigènes de concussion, a été ignorée. Inspiré par les deux formes d'iniquités (celle imposée à la population indigène ainsi qu'à un fonctionnaire du gouvernement de Java souhaitant réparer l'injustice infligée à la population), poussé par la compassion, affolé par la crainte de l'empoisonnement, écrasé sous le poids de ses dettes et blessé dans son orgueil, Multatuli donne dans cet ouvrage sa version des événements survenus à Lebak. La structure du roman est typiquement romantique et mêle récit, exposé, discours et poésie[11]. Plus tard, il écrit un grand nombre d'esquisses, rassemblées dans le recueil Ideeën (Idées), où il émet une critique acerbe des conditions sociales de son temps. Ses travaux exerceront une grande influence sur le développement ultérieur de la littérature aux Pays-Bas[12].

Du ministre Conrad Busken Huet (1826-1886), un descendant de huguenots, le libéralisme sceptique et le manque d'orthodoxie gênent les conservateurs, qui n'apprécient guère ses premières œuvres littéraires (Groen en rijp, ou Vert et mûr, un recueil de nouvelles publié en 1854, et Overdrukjes: schetsen en verhalen, ou Tirés à part : esquisses et contes, de 1858), où il explique ce qu'il entend par le vrai christianisme vivant. Ses Brieven over de Bijbel (Lettres sur la Bible, de 1858), écrites d'un ton familier, trahissent ses idées modernistes et font de lui le Voltaire des Pays-Bas. Dans la revue De Gids, où il commence à publier en 1859, il défend, avec un intellect inébranlable et froid, la conviction que l'homme est la mesure de toutes choses, que l'esprit humain est un critère infaillible et que la raison l'emporte. Son attitude peu orthodoxe, voire peu religieuse, provoque une crise dans sa communauté, qui appartient à l'Église wallonne, et, rejetant tout compromis, il démissionne de sa fonction de ministre en 1862[13].

Carel Vosmaer (1826-1888), qui a l'esprit orienté vers le classique, est un historien de l'art, critique et artiste créateur, mais il est aussi un libre-penseur et libéral pur-sang. À partir de 1864, sous le pseudonyme de Flanor, il couvre différents spectacles culturels et accomplissements politiques aux Pays-Bas pour le Nederlandsche Spectator (Le Spectateur néerlandais). Ses principaux poèmes, nouvelles et esquisses sont rassemblés dans Vogels van diverse pluimage (Gens de tout poils, 3 vol., publiés entre 1872 et 1876). Il s'intéresse aux jeunes poètes et exerce une certaine influence sur Jacques Perk et Willem Kloos[14].

Après s'être occupé du mouvement du Réveil pendant son enfance, Allard Pierson (1831-1896) dépose sa charge de ministre à cause de son modernisme. Il se préoccupe désormais principalement de l'esthétique et de la philosophie. Ses principaux ouvrages sont Geestelijke voorouders: studiën over onze beschaving (Ancêtres intellectuels : études sur notre civilisation, de 1887-1893), une série de réflexions sur Israël (Israël), Hellas (La Grèce) et Het hellenisme (L'Hellénisme) et Oudere tijdgenoten (Contemporains d'hier, 1882-1886) sur des personnalités comme Bilderdijk, Potgieter et Da Costa[15].

De nouvelles idées percent, la critique de la doctrine orthodoxe de l'Église affecte la religiosité et des libres penseurs se manifestent. Les prosateurs réalistes suivent davantage le modèle des naturalistes français (Gustave Flaubert, les frères Goncourt et, surtout, Émile Zola). Au cours de cette période, l'hebdomadaire De Nederlandsche Spectator, fondé en 1860, conquiert une place parmi les revues, à côté du Gids. Précisément des auteurs qui se livrent à la critique de leur temps, les œuvres gardent leur valeur. Les écrivains innovateurs sont des mécontents[10].

Guido Gezelle et ses disciples

Albrecht Rodenbach (1856-1880), sur une gravure (1887) de Karel Tichon. « Berten », un cousin de l'écrivain francophone Georges Rodenbach, est considéré comme un disciple de Gezelle.
Guido Gezelle (1830-1899).

Le grand miracle de la poésie de Guido Gezelle (1830-1899) se produit déjà dans ses premiers recueils de 1858, Dichtoefeningen (Exercices poétiques) et Kerkhofblommen (Fleurs de cimetière), où figurent des poèmes, devenus célèbres depuis lors, comme Het schrijverke (Le Gyrin) et O, 't ruischen van het ranke riet (Ô ! le frisson des roseaux frêles), avec leur sentiment intime et pur de la nature. L'influence d'Homère, de la Bible et du poète anglais Longfellow peut être démontrée dans cette poésie profondément religieuse et romantique. Le second recueil est une réflexion très personnelle sur une émotion éprouvée lors de funérailles. Comme Gezelle méprise le langage poétique habituel, il forge du flamand occidental et du moyen néerlandais son propre idiome. Si ce particularisme lui vaut de nombreux adversaires, il ne lui faut toutefois que peu de temps avant que l'on ne reconnaisse la puissance et la beauté de son talent et de ses œuvres. D'autres recueils suivent rapidement, mais son talent ne prend un nouvel essor qu'en 1893, lorsque paraît Tijdkrans (Couronne du temps), dont on voit confirmé la maîtrise de la langue et de la forme dans Rijmsnoer (Collier de rimes) en 1897. Dans ces deux recueils, le prêtre Gezelle chante son amour mystique de Dieu et sa création dans un langage musical virtuose. Le poète Gezelle, mûri et ayant atteint la maturité grâce au dévouement religieux et au chagrin humblement porté, se distingue par l'emploi de la langue vernaculaire familière, par le jeu infaillible des possibilités rythmiques et par l'application de tout ce qui peut contribuer à la beauté du son. Son individualisme conduit à un langage purement impressionniste, mais c'est dans le savoir que tout, aussi bien la nature que sa poésie, émane du Créateur qu'il puise l'inspiration de poèmes tels que Ego Flos, qui ont un aspect purement expressionniste.

En Flandre, Gezelle, un rénovateur inimitable de la poésie, est d'une grande importance pour le développement des courants littéraires du XXe siècle. Dans l'ombre de Gezelle marchent Hugo Verriest (1840-1922), Albrecht Rodenbach (1856-1880) et Maria Carolus Polydorus (Pol) de Mont (1857-1931)[16]. À travers sa poésie, ses discours et sa participation à l'élaboration et à la publication de revues, le deuxième exerce une influence considérable sur la jeunesse catholique de son temps, ainsi que sur les générations suivantes orientées vers l'idéalisme[17]. En tant que journaliste, folkloriste, historien de l'art et orateur inspiré, le dernier aide à élargir la culture flamande. Il suscite l'amour de la beauté pure, affine le goût artistique du peuple et aide ainsi à faciliter la transition vers le nouvel art de Van Nu en Straks (De maintenant et de tout à l'heure)[18].

De 1880 à 1900 aux Pays-Bas

Van Nu en Straks et son influence (1893-1914)

Annexes

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