Longueval

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Localisation

Communes limitrophes

Longueval se situe au nord-est du département, à peu près au centre du triangle Péronne (à l'est), Albert (à l'ouest), et Bapaume (au nord).

Entrée de la commune.

Nature du sol et du sous-sol

Le sous-sol de la commune est pour une très large part argileux. À l'ouest, une partie du territoire est calcaire ou siliceuse, on y trouve des silex et de la marne[1].

Relief, paysage, végétation

Le relief de la commune est peu accidenté, la plaine s'incline légèrement du nord au sud. Elle est coupée en deux parties égales par une vallée sèche. Le point culminant de la commune se situe au bois des Fourcaux à 156 m[1].

On remarque la présence sur le territoire de la commune de trois ensembles boisés : le bois de Fourcaux au nord-ouest, le bois Delville au nord-est du village et le bois des Troncs au sud.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau[Carte 1].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Longueval[Note 1].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[2]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[3]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[4] et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (3 °C)[5]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[6],[7].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 825 mm, avec 12,2 jours de précipitations en janvier et 9,5 jours en juillet[2]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Méaulte à 11 km à vol d'oiseau[8], est de 10,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 730,3 mm[9],[10]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,8 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −13,7 °C, atteinte le [Note 2].

Transports et communication

La localité est desservie par la ligne d'autocars no 39 (Albert - Péronne) du réseau Trans'80, Hauts-de-France, chaque jour de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés[11].

Urbanisme

Typologie

Au , Longueval est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle est située hors unité urbaine[13]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Méaulte, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[13]. Cette aire, qui regroupe 9 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[14],[15].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (81,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (81,3 %), forêts (14,9 %), zones urbanisées (3,8 %)[16]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Sur une carte de la Picardie de 1620, Longueval s'écrivait Longvalle.

Le nom de la localité est attesté sous les formes Longoval en 1152 ; Longovadum en 1176 ; Longavallis en 1184 ; Longueval en 1186 ; Longa wallis en 1230 ; Lungval en 1266 ; Longheval en 1284 ; Longueva en 1284 ; Longuewal en 1284 ; Longvalle en 1579[17].

Le nom de Longueval viendrait du fait que le village est situé dans une longue vallée qui rejoint la vallée de l'Ancre à l'ouest de Méaulte[1][source insuffisante].

Histoire

Cette plaine défrichée de la forêt d'Arrouaise n'entra dans l'histoire qu'au XIIe siècle, avec les premiers seigneurs connus de Longueval. La seigneurie fut érigée en baronnie en 1271[1].

Pendant la guerre de Cent Ans, le domaine fut ravagé par les Anglais[1].

Au XVIIe siècle, le village subit les invasions espagnoles. Jusque 1914, le clocher de l'église gardait des traces laissées par des boulets de canons. Depuis au moins 1680, le village a son école[1].

À la veille de la Révolution française, le seigneur de Longueval est le baron de Petit Pas, qui émigra. Son domaine fut vendu comme bien national mais la baronne de Petit Pas réussit à le racheter. Elle vendit les biens de la fabrique et le château fut démoli pour laisser place à une maison de maître[1].

À la fin de l'épopée napoléonienne, en 1814-1815, le territoire de la commune fut ravagé par les Hanovriens, les Prussiens, et les Anglais. Un enfant du pays reçut la Légion d'honneur pour sa bravoure en tant qu'artilleur[1].

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, en 1870-1871, 21 jeunes gens de la commune participèrent aux combats de L'Année terrible, deux furent tués.

Pendant la campagne du Tonkin (1883-1885), un jeune homme originaire de Longueval fut blessé et reçut la médaille militaire[1].

Première Guerre mondiale
Carte française représentant le village et le Bois Delville.
Carte postale du village détruit.
Le sergent Claude Fitzgerald Burton, de la 1re brigade sud-africaine, porté disparu à 21 ans au Bois Delville le .

Le village de Longueval est occupé par les troupes allemandes des fin et devient un site clef de leur dispositif de défense. En 1916, au déclenchement de la Bataille de la Somme, Longueval est situé sur la deuxième ligne allemande. Les victoires alliées et la conquête des premières lignes allemandes début juillet, rapprochent progressivement le front de Longueval. La commune se trouve au cœur des combats à la mi-juillet.

Le , les troupes écossaises conquièrent le sud du village[18].

Canonniers britanniques du 156th Siege Battery auprès de leur pièce, en septembre 1916.

Le nord, notamment le Bois Delville, est défendu très fermement par les Allemands et empêche toute progression alliée. Face aux pertes écossaises conséquentes, la 1re brigade sud-africaine reçoit l'ordre de conquérir le bois Delville  appelé aussi le Bois du Diable (Devil Wood)  et de tenir la position. La bataille du bois Delville du 15 au est le premier grand engagement militaire national sud-africain sur le front occidental. Pris sous de très violents tirs d'artillerie  jusqu'à 400 coups à la minute  à peine protégés par des abris construits à la hâte[19], coupés de l'arrière, ils y vécurent un véritable cauchemar. Les pertes sont très importantes dans les deux camps. Lorsque la brigade sud-africaine est relevée le , seuls 142 hommes répondent à l'appel[20],[21],[22],[23].

Le , la division néo-zélandaise et ses tanks, partant de sa ligne de départ (entre Longueval et le bois des Fourcaux) attaqua Flers, qu'elle atteint le jour même. Le bois des Fourcaux - le fameux "High Wood" - tomba aux mains de la 47e (London) division le [24].

Le village est considéré comme détruit à la fin de la guerre[25],[26] ,[27],[28] et a été décoré de la Croix de guerre 1914-1918, le [29].

Les premiers habitants qui reviennent à Longueval sont protégés par des baraquements puis des habitations provisoires improvisées avec des matériaux récupérés sur l'ancien champ de bataille[30]. La râperie de betteraves est reconstruite à l'emplacement présumé de l'ancienne sucrerie Bulte fils et Cie, signalée en 1895. La râperie dépendait en 1962 de la sucrerie centrale d'Arras et employait alors plus de 100 salariés. Elle a fermé peu après[31].

Politique et administration

Rattachements administratifs et électoraux

La commune se trouve dans l'arrondissement de Péronne du département de la Somme. Pour l'élection des députés, elle fait partie depuis 1958 de la cinquième circonscription de la Somme.

Elle faisait partie depuis 1793 du canton de Combles[32]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune est désormais rattachée au canton de Péronne.

Intercommunalité

La commune était membre de la communauté de communes du canton de Combles, créée fin 1993.

Celle-ci fusionne avec ses voisines pour former, le , la communauté de communes de la Haute Somme dont est désormais membre la commune.

Liste des maires

La mairie.
Liste des maires successifs[33]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
19XX 19XX Gaston Duclercq   Agriculteur[34]
mars 2001 Jean Blondel   Décédé en fonction
septembre 2008[35] en cours
(au 26 mai 2020)
M. Jany Fournier   Retraité
Réélu pour le mandat 2020-2026[36]

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[37]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[38].

En 2022, la commune comptait 285 habitants[Note 4], en évolution de +3,26 % par rapport à 2016 (Somme : −1,26 %, France hors Mayotte : +2,11 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
560622609583590571551534503
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
506505469464505447411409407
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
415409363227319370340319319
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
301307267278237248266268280
2017 2022 - - - - - - -
271285-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[32] puis Insee à partir de 2006[39].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Activités économiques et de services

L'agriculture est l'activité dominante dans la commune. Cependant, la présence de mémoriaux, monuments et cimetières militaires de la Première Guerre mondiale génère un tourisme de mémoire.

Culture locale et patrimoine

Pour approfondir

Notes et références

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