Louis-Agathon de Flavigny de Renansart

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Louis-Agathon de Flavigny de Renansart
Louis-Agathon de Flavigny avec sa croix de commandeur de Saint-Louis (Archives de Parme, Italie)
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Louis-Agathon de Flavigny de Renansart, né le et mort le , est un gentilhomme picard qui cumule 38 années de campagnes militaires et 22 années de services diplomatiques à Liège puis à Parme.

Issu d'une famille de la petite noblesse militaire désargentée, il n'a de cesse de s'élever par ses mérites militaires puis diplomatiques auprès de Louis XV et de Louis XVI. Sa deuxième ambition est de redresser l'état de sa maison et d'agrandir la superficie de ses seigneuries, dans la généralité de Soissons.

L'importance d'un beau mariage et d'une famille de substitution

Louis-Agathon de Flavigny, dans sa jeunesse (Archives de la Somme)

Louis-Agathon de Flavigny naît le à Cugny (département actuel de l'Aisne), de César-François de Flavigny, vicomte de Renansart et Surfontaine, et de Marie-Madeleine-Agathe Truffier de Saint-Florent. Le nom de famille vient du fief de Flavigny[1], sis près de Guise dans le Soissonnais, et de la vicomté de Renansart, apportée dans la corbeille de mariée par Catherine de La Personne à Claude de Flavigny.

Louis-Agathon a un frère aîné, Claude Florimond[2] et une sœur cadette Françoise-Agathe[3]. Des trois enfants, seul Louis-Agathon survivra. À l'âge de 11 ans, il est envoyé comme enseigne au régiment d'infanterie de Bourbonnais où il sert dix ans. Il effectue cinq autres années dans divers régiments avant d'obtenir la charge d'une compagnie de gendarmes en 1748. Ce n'est qu'à l'âge de 37 ans qu'il peut envisager de se marier. Il épouse, le , Marguerite-Félicité Bernard de Montigny (-), fille cadette du Receveur Général des Finances de la province de Picardie. En ses beaux-parents, il trouve le soutien financier qui lui a manqué jusque là. De sa famille, il dit[4]: «C'est l'usage de ma maison depuis deux-cents ans de ne s'entendre à rien et de faire tout en dépit du bons sens, c'est cette cause morale qui a provoqué le malheur de mon nom et à laquelle je dois attribuer la dégradation de ma fortune et de mon peu d'existence dans le monde.»

L'année 1762 est marquée par deux décès, celui de son père et de son beau-père. Du vicomte de Renansart, il hérite d'un « château bâti de guingois, entouré de décombres, sans jardin, sans promenade, sans eaux et sans vue » et de 132 069 livres de dettes.

Carrière militaire

Louis-Agathon de Flavigny (musée du Pays de Laon, legs Flavigny 1882)

Louis-Agathon de Flavigny participe sous le règne de Louis XV à trois guerres: la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), la guerre de Succession d'Autriche (1741-1748) et la guerre de Sept Ans (1756-1763). Il mène en tout dix-sept campagnes, sans compter trois campagnes d'hiver[5].

Louis XV qui veut rendre la Pologne à son beau-père, Stanislas Leszczynski, engage ses armées contre la Russie et l'Autriche. Louis-Agathon, alors dans le régiment de Bourbonnais, participe au siège de Kehl en 1733, à celui de Philippsbourg en 1734, avant de diriger une compagnie à la bataille de Clausen en 1735. Vient ensuite la guerre de succession d'Autriche où la France se range du côté de la Prusse et de la Bavière. Il participe aux trois premières campagnes en Bavière, au sein du régiment de Bourbonnais, et aux cinq suivantes, dans la compagnie des gendarmes de la Reine puis dans celle des chevau-légers d'Orléans. Il se retrouve au siège de Fribourg en 1744, à la bataille de Fontenoy, au siège des villes de Tournai, Termonde, Audenarde et Ath en 1745, au siège de Mons, Charleroi, Namur et à la bataille de Raucoux en 1746. En cette même année, il devient chevalier de l'ordre de Saint-Louis et l'année suivante, il passe capitaine de la compagnie des gendarmes d'Anjou. En 1756, éclate la guerre de Sept Ans, premier conflit mondial. Cette fois, la France se range du côté de l'Autriche, face à la Grande-Bretagne et la Prusse. Louis-Agathon effectue les quatre premières campagnes dans la Gendarmerie et les deux dernières comme maréchal de camp, par brevet du , dont une en tant que commandant de la Gendarmerie, par le choix du roi. Il participe à la bataille de Hastenbeck, à la prise de Minden et de Hanovre, de Lutzelberg (1758) et de Cassel (1761) et de nouveau à celle de Minden où il reçoit quatre coups de fusil dans ses habits et a son cheval tué sous lui. En 1760, il se trouve aux affaires de Corbach et de Warburg ainsi qu'à la bataille de Kloster Kampen.

La période de paix qui suit en 1762 ne voit pas ses mérites reconnus. Ce n'est que le qu'il reçoit la distinction de commandeur de l'ordre de Saint-Louis, suivie le , par la distinction de grand-croix et le , du grade de lieutenant-général du roi.

Rapports avec la Cour

«C'est une furieuse besogne que de vaincre son étoile et d'arrêter la fortune quand elle s'obstine à vous fuir[6]. Il est aussi important de ne pas se laisser oublier de la cour qu'il est imprudent de trop se produire.»

Le comte de Flavigny, se basant sur ces deux principes, s'efforce de faire sa cour avec assiduité et efficacité. Jeune, on l'appelle à la cour « le beau Flavigny »[7]. Plus âgé, il assiège les ministres pour « se peindre dans leur rétine », il se fait admettre aux chasses du roi, à Versailles comme à Compiègne. Il se fait inviter au grand couvert du roi comme à la table de Mme de Choiseul ou de M. de Penthièvre. En , il est convié au jeu par la reine. Comme ses moyens financiers sont limités, il loue à Versailles un appartement exigu et à Compiègne, un logement si éloigné du château qu'il arrive un jour en retard au dîner du roi. Les verrous sont tirés. Peu lui importe. Il s'enquiert à la cuisine du chemin des plats, le suit et se fait annoncer. Le roi est magnanime et l'accepte non seulement au dîner mais également à la cérémonie du coucher. Sa femme est aussi mise à contribution. Sur ses conseils, elle se lie d'amitié avec Mme de Rochecourt et la duchesse de Charost. A l'occasion d'une visite qu'elle rend à son oncle, Charles Brochet de la Forte Maison, en son château de Vérigny (actuel département d'Eure-et-Loir), son mari lui suggère d'inviter M. de Penthièvre qui demeure l'été en son château de Crécy.

C'est à ce prix que M. de Flavigny a obtenu les «bienfaits du roi» et a bien failli partir en Amérique en 1763, en tant que lieutenant-général du roi, le duc de Choiseul lui ayant assuré qu'il pouvait être tranquille sur son sort, même si la paix était revenue en France, car tout le monde le demandait.

Missions diplomatiques à Liège et à Parme

Don Ferdinand, duc de Parme: portrait miniature offert à M. de Flavigny (Musée du Pays de Laon, legs Flavigny 1882)
Marie-Amélie, infante de Parme. Portrait offert à Mme de Flavigny (Musée du Pays de Laon, legs Flavigny 1882)

Le roi qui sait compter sur son habileté le nomme, de à , ministre plénipotentiaire à Liège auprès du chapitre de la cathédrale Saint-Lambert. Sa mission est d'imposer, comme prince-évêque, un candidat favorable à la France[8]. C'est finalement François-Charles de Velbrück qui est élu et qui gardera un souvenir ému de Mme de Flavigny, au point qu'il lui demandera, dans une lettre du , de lui raconter ses amusements à Turin, alors qu'il «mène une vie stupidement tranquille à Liège.»

En , M. de Flavigny est nommé ministre plénipotentiaire au duché de Parme. Il est chargé par le roi d'une première mission à Turin: prendre des renseignements sur la conformation et la figure de la princesse Marie-Thérèse de Savoie, pressentie pour une alliance avec le comte d'Artois. M. de Flavigny arrive à Parme dans un contexte de forte tension. Marie-Amélie d'Autriche a épousé en 1769 le duc Don Ferdinand d'Espagne et elle entend substituer l'influence autrichienne à celle de la France et de l'Espagne. Le nouvel ambassadeur français doit faire preuve de diplomatie. Il y réussira et recevra, des infants, leurs deux portraits, en gage de respect. Sa mission à Parme est de représenter la France et de tenir le roi informé de tout ce qui a trait au duc de Modène, à l'archiduc Ferdinand et à leur gouvernement sans se mêler de l'administration interne[9]. Il y réussit très bien. Il est aux yeux d'Umberto Benassi «un esprit équilibré, un observateur plein de sérénité, un juge impartial»[10]. Jamais, les Français n'ont été autant aimés, l'Italie devient leur seconde patrie avec ses rites: bénédiction de leur maison et de leurs chevaux au début de l'année, banquet traditionnel de la Saint-Louis, représentation d'opéras comiques comme Le Tableau Parlant, Zémire et Azor, le Barbier de Séville, courses fréquentes du comte de Flavigny au palais ducal de Colorno, voyages d'agrément de la comtesse à Pise ou à Lucques. Un seul désagrément: la petite vérole en 1779[11]. De temps en temps, ils obtiennent un congé et rejoignent la France par les ports de Gênes et de Marseille. En 1777, la voiture anglaise subit l'assaut des vagues et la majeure partie du train perd sa dorure.

Fin de sa vie

Plaque sépulcrale en l'honneur du couple Flavigny décédé à Parme

De retour à Parme, le couple Flavigny accueille les émigrés sur le chemin de l'exil: Mme Vigée Le Brun, dès et les tantes de Louis XVI le puis deux jours plus tard, le comte d'Artois qui réside, depuis , à Turin chez son beau-père. Au début de , M. de Flavigny donne son dernier dîner annuel en l'honneur de l'infante et le , il remet au comte Ventura, ministre de Don Ferdinand, le texte de la Constitution votée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le roi. En , il reçoit l'ordre de rentrer en France car l'ambassade ferme. Néanmoins, il décide de rester à Parme et de ne pas prêter le second serment civique pour la liberté et l'égalité, exigé de tout fonctionnaire en pays étranger.

Après le décès de sa femme le , il se ravise et décide de rentrer en France mais il meurt d'une maladie de poitrine, le , à Parme. Sa mort, deux mois après celle de sa femme, fera dire à son fondé de pouvoir à Paris, Nicolas Régnault[12]: «Je pense que le chagrin et les désagréments qu'il a éprouvés dans sa place depuis sept ou huit mois ont beaucoup contribué à sa maladie[13].» Les dépouilles du couple Flavigny reposent à Parme, où leur petit-neveu, Alfred de Flavigny, fait mettre, le , dans la demi-rotonde de la porte de l'église Saint-Antoine, une plaque avec les vers inspirés par la fidélité conjugale des époux.

Le château de Renansart et les autres seigneuries

Ce qui est advenu de leurs biens

Notes et références

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