Louis-Alexandre Jard-Panvillier
homme politique français
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Louis-Alexandre Jard de Panvillier, né le à Aigonnay (généralité de Poitiers, actuel département des Deux-Sèvres), mort le à Paris (ancien 10e arrondissement)[1], est un homme politique de la Révolution française, du Consulat, du Premier Empire et de la Restauration.
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Biographie
Médecin à Niort et début de carrière politique
Jard-Panvillier est le fils de Jacques Gilles Jard, seigneur de Panvillier, maître es arts en chirurgie, médecin de Niort. Il s'engage dans la même voie que son père et est reçu docteur en médecine, avant de s'installer à Niort. Il devient un notable important de cette cité.
Grâce à sa position sociale, il débute avec la Révolution une carrière politique et est élu en premier maire constitutionnel de Niort. En juillet de la même année, le voici procureur-syndic du nouveau département des Deux-Sèvres.
Mandat à la Législative
La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, Louis-Alexandre Jard de Panvillier, alors procureur-syndic des Deux-Sèvres est élu député du département, le premier sur huit, à l'Assemblée nationale législative[2].
Il siège sur les bancs de la droite de l'Assemblée. En , il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance[3]. En août, il vote contre la mise en accusation du marquis de Lafayette[4].
Mandat à la Convention
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Louis-Alexandre Jard-Panvillier est réélu député des Deux-Sèvres, le deuxième sur sept, à la Convention nationale[5].
Il siège sur les bancs de la Plaine, mais il affiche des proximités avec les députés de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention, et le bannissement à la paix », et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[6]. Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Le , celui-ci le dénonce, dans son journal, comme membre de la « faction des hommes d’État »[8]. Le , il est absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[9].
Le , aux côtés de Michel-Mathieu Lecointe-Puyraveau (député des Deux-Sèvres), il est envoyé en mission près l'armée des côtes de la Rochelle dans les Deux-Sèvres[10]. Le , ils sont tous les deux rappelés sur motion de Marat et de Maximilien de Robespierre (député de la Seine)[11] :
J'appuie le rappel des commissaires qui sont violemment prévenus, pour ne pas dire convaincus, d'avoir favorisé les rebelles.
Son collègue Lecointe-Puyraveau est brièvement menacé d'arrestation en brumaire an II () par Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère) mais est élargi sur motion de Claude Basire (député de la Côte-d'Or)[12].
Après la chute de Robespierre, Louis-Alexandre Jard-Panvillier prend part à la réaction thermidorienne. Le 15 pluviôse an III (le ), au nom du Comité de secours public, il octroie une pension à la veuve de Pierre Philippeaux (député de la Sarthe), guillotiné aux côtés des indulgents[13].
Le 21 germinal (le ), il est envoyé en mission dans les départements, aux côtés de Jacques-Charles Bailleul (député de Seine-Inférieure), de Jean-François Barailon (député de la Creuse), de Charles-François Dupuis (député de Seine-et-Oise) et de Joseph Lakanal (député de l'Ariège), pour y « assurer l'exécution des lois relatives à l'instruction publique »[14]. Le 18 thermidor (le ), il est envoyé en mission aux côtés de Charles Cochon de Lapparent (député des Deux-Sèvres) près l'armée des côtes de Brest, de Cherbourg et de l'Ouest[15].
Le Directoire : le député clichyen
Sous le Directoire, Louis-Alexandre Jard-Panvillier est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le )[16]. Il est réélu aux Conseil lors des élections législatives de 1797, et n'est pas frappé par la proscription du coup d’État du 18 fructidor an V (). Le 1er fructidor (le ), il est élu secrétaire du Conseil aux côtés de Bertrand Dufresne (député de la Seine), de Salomon Johannet (député du Loiret) et de Jean-Baptiste Jourdan (député de Haute-Vienne), sous la présidence de Joseph-Jérôme Siméon (député des Bouches-du-Rhône)[17].
Il s'attaque à la fameuse loi du 3 brumaire an IV excluant les parents d'émigrés des emplois publics. Le il propose l'aliénation de tous les presbytères, un projet qu'il n'aura de cesse de défendre. En effet ces bâtiments sont alors réquisitionnés par l'État pour servir d'écoles ou de mairies. En bon catholique, Jard-Panvillier espère qu'en vendant les presbytères les curés pourraient racheter ceux-ci à bas prix du fait de la dépréciation de l'assignat. Sa proposition est ainsi soutenue par le parti royaliste mais n'aboutit pas[18].
Il intervient à plusieurs reprises à la tribune au sujet des presbytères, puis fait liquider les pensions des gagistes de la liste civile. Il propose également de réviser la loi sur la liquidation des dettes des émigrés puis intervient sur les questions religieuses.
Il se fait ensuite remarquer le en combattant la loi sur les otages, ainsi qu'en refusant que l'on déclare la patrie en danger. Le , il combat comme anticonstitutionnelle et liberticide la proposition du général Jourdan déclarant traîtres à la patrie ceux qui voudraient réviser la constitution ou attenter à l'intégrité du territoire de la République[19].
Un grand notable du régime napoléonien
Après le Coup d'État du 18 brumaire Jard-Panvillier se rallie au régime consulaire. Cela lui permet d'être envoyé comme commissaire dans plusieurs départements, dont la Vendée. Puis il entre au Tribunat et occupe les principales fonctions de cette assemblée, dont il est secrétaire, questeur et finalement président. En 1804 il est rapporteur de la proposition concernant l'établissement du Premier Empire, et en fait la lecture devant le Sénat conservateur. Son discours est marqué de violentes attaques envers la Maison de Bourbon. La même année il est fait chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur.
En 1805-1806, Jard-Panvillier tente de se faire nommer au Sénat mais n'y parvient pas. À la suppression du Tribunat, Napoléon Ier le nomme président de chambre à la Cour des comptes. Le il est fait chevalier d'Empire, puis baron le . En il fait partie de la délégation chargée d'accueillir l'empereur après la retraite de Russie. Il en profite pour effectuer à l'égard de Napoléon des protestations de fidélité après l'échec de la conspiration de Malet.
En 1814 il soutient la déchéance de l'empereur mais se rallie à ce dernier lors de son retour de l'Ile d'Elbe, le . Après la défaite de Waterloo, Jard-Panvillier retourne une nouvelle fois sa veste et soutient le retour de Louis XVIII.
La Restauration : le monarchiste constitutionnel
La Restauration permet à ce royaliste modéré de poursuivre sa carrière politique. Le les Deux-Sèvres l'élisent de nouveau député avec 91 voix sur 173 votants. Réélu successivement en 1816 et 1817, il siège au centre, au sein du groupe des monarchistes constitutionnels fidèles à l'esprit de la Charte de 1815. Il suit en cela la trajectoire d'autres anciens conventionnels conservateurs tels que Lanjuinais.
Le , il est chargé en tant que doyen des présidents de la Cour des comptes de haranguer le roi Louis XVIII à l'occasion du deuxième anniversaire de son entrée dans Paris. Oubliant quelque peu son ancien bonapartisme, il flétrit dans son discours les Cent-Jours auxquels il avait adhéré.
Jard-Panvillier meurt en cours de mandat en 1822 à l'âge de 64 ans. Il repose au cimetière du Père-Lachaise[20],[21]. Son fils Charles-Marcellin Jard-Panvillier (1789-1852) suit les traces de son père et devient conseiller-maître à la Cour des comptes[22].
Hommage
Une rue de la ville de Niort porte son nom.
Sources
- « Louis-Alexandre Jard-Panvillier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Joseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, 1858, Volume 20, p. 566-567.
- Georges Lefebvre, La France sous le Directoire (1795-1799), Paris, Éditions sociales, 1977
- Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, ou Supplément annuel et continuation de toutes les biographies ou dictionnaires historiques, 3e année, 1822, Paris : Ponthieu, 1823, p. 121-122