Louis Bourguet
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Louis Bourguet, né le à Nîmes et mort le à Neuchâtel, est un géologue, naturaliste, mathématicien, philosophe et archéologue neuchâtelois. Jules Thurmann l'appelle un des créateurs de la paléontologie[1], bien que cette place soit plus légitimement réservée à Guettard et Cuvier[2].
Jeunesse et études
Louis Bourguet naît le à Nîmes[3]. Il n'a que sept ans, lorsque la révocation de l'édit de Nantes contraint sa famille à l'exil[4]. Son père, Jean Bourguet, riche négociant huguenot de Nîmes, se retire d'abord à Genève avec sa femme Catherine Rey et son fils. Dès l'année 1687, après un court séjour à Lausanne, il s'établit à Zurich où, associé avec Jacques Bourguet et Jean Rey, il monte une grande fabrique de bas de soie, de mousselines et d'autres étoffes de luxe. Le succès obtenu en peu de temps le décide à créer en 1689 une seconde manufacture à Castasegna, dans l'actuel canton des Grisons. Il y emmène son fils Louis, entré au Collège de Zurich en 1688 et, le destinant à suivre la même profession que lui, il le retire du collège malgré ses rapides progrès[4].
Louis Bourguet a cependant peu de goût pour le commerce ; il est très attiré par les lettres. En 1690, il retourne à Zurich et, son oncle Rey étant mort deux ans après, il se remet avec ardeur aux études qu'il a été forcé d'interrompre et les poursuit jusqu'en 1696. Tout en surveillant la fabrique paternelle, il s'adonne à la numismatique et à l'archéologie. Ses études sont toutefois souvent interrompues par des tâches nécessaires aux entreprises familiales[4].
En 1697, il fait avec son père un voyage commercial en Italie. Il en profite pour visiter les bibliothèques de Milan, Vérone et Venise. Quoiqu'encore très jeune, il entre en contact avec des savants et collectionne livres et médailles[4]. Lors d'un second voyage en 1699, il prend des leçons d'hébreu d'un juif italien, sentant que cette langue lui est aussi nécessaire que le latin et le grec s'il veut approfondir sa science de prédilection.
En 1700, la ville de Zurich décide d'expulser les commerçants huguenots. Louis Bourguet et ses parents s'établissent à Berne[4]. Puis Louis Boutguet se fixe à Neuchâtel, d'abord provisoirement puis définitivement[3],[4] en 1716 après avoir abandonné le commerce. En 1702, à l'âge de 24 ans, il y épouse Susanne Jourdan, fille de Claude Jourdan de Marvejols en Gévaudan, réfugié à Neuchâtel. En 1713 il pense à se consacrer à la théologie, et Jean-Frédéric Osterwald (1663-1747) l'en dissuade en lui représentant que la faiblesse de sa poitrine ne lui permettrait pas de se livrer impunément à la prédication[5].
Carrière scientifique entre Neuchâtel et l'Italie
Dans les quatorze ans qui suivent, Bourguet retourne encore sept fois en Italie, en 1701, en 1703, en 1705, en 1707, en 1710, en 1711, rapportant de chaque voyage, non seulement de nouvelles connaissances acquises aiprès des savants les plus illustres de cette contrée, tels que Francesco Bianchini (1662-1729), Giusto Fontanini (1666-1736), Antonio Vallisnieri (1661-1730) ou Giovanni Battista Tolomei (1653-1726) ; mais de précieux manuscrits des rabbins, de curieux spécimens des antiquités de l'Égypte, de la Chaldée et de la Chine, des médailles rares de la Grèce et de Rome, des livres slaves ou orientaux. Pendant cette période, il correspond également avec le philosophe Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) de 1707 à 1716, date du décès de ce dernier[4].
Il entretient une vaste correspondance sur des sujets divers : sur l'antiquité et les médailles avec Caze, Abauzit, Bouhier de Dijon, Jablonsky de Berlin, le père Fléchier de Nîmes où ce dernier fouille les arènes pour Bourguet ; sur les antiquités chinoises avec Des Vignoles ; sur la philosophie et les mathématiques avec Leibnitz (plusieurs centaines de lettres), Wolf, Jean et Daniel Bernouilli (théorème de Bernoulli), Hermann, Mairan (le successeur de Fontenelle comme secrétaire de l'Académie des sciences) ; sur la géologie, l'entomologie et la botanique avec Sauvages (François ou Pierre ?) de Montpellier, Haller, Scheuchzer, Woodward en Angleterre, Etienne Jalabert à Genève, Réaumur et Geisel d'Erlangen ; sur les inscriptions anciennes avec La Croze à Berlin, Iselin de Bâle, Jacques Bibaud du Lignon de Lausanne, Gabriel Seigneux de Correvon ; sur la géographie, et notamment sur la jonction de l'Asie avec l'Amérique (un sujet privilégié de Bourguet), avec le géographe du roi Delisle et le commissaire de la marine Deslandes ; sur l'arrangement des bibliothèques publiques (auxquelles il donne de l'argent et des livres arabes et persans) avec Engel de Berne et le pasteur Jordan à Prenzlau[6]…
En 1710, il est « naturalisé par le roi de Prusse »[3] et devient membre de l'Académie royale des sciences de Prusse[7].
Après un séjour de quatre ans à Venise, de 1711 à 1715, il retourne à Neuchâtel, où sa famille s'est établie depuis 1700. L'histoire naturelle l'attire autant que la numismatique. En 1709, il parcourt le Jura pour étudier la formation des fossiles et des pétrifications. dans le même but, en 1710 et en 1715 il fait avec le docteur Zannichelli des excursions scientifiques dans les montagnes du Vicentin, du Véronais et du Bolonais.[réf. nécessaire]
Bourguet est de retour à Neuchâtel depuis deux ans, lorsque l'Académie de Lausanne lui offre la place que vient de quitter Jean Barbeyrac. Il a d'abord l'intention d'accepter, et compose même à ce sujet deux discours, l'un en français : Idée de l'histoire du droit naturel, l'autre en latin : De vero atque genuino juris naturalis studii usu, inséré dans la Tempe helvetica, t. III, sect. I. Cependant, il ne tarde pas à revenir sur sa première résolution, et il renonce aux disputes et aux exercices publics pour se renfermer dans son cabinet avec ses livres, ses fossiles et ses médailles.[réf. nécessaire]
Selon une autre version, Barbeyrac, recteur de l'académie de Lausanne, quitte sa place en 17117 pour un poste plus avantageux à l'université de Groningue. Il avertit Bourguet de son départ avant de demander son congé et engage Bourguet à postuler pour sa succession à Lausanne[5], lui écrivant trois fois à ce sujet. Bourguet fait des démarches dans ce sens, mais finalement la place est donnée à Aloys de Bochat, originaire de Lausanne et qui selon Barbeyrac manque d'érudition. Bourguet en est quelque peu froissé[8].
Ses travaux géologiques et archéologiques étendent sa réputation dans les pays étrangers. En 1731, il est, curieusement, à nouveau nommé membre de l'Académie des sciences de Berlin[7]. La même année, le Conseil de Neuchâtel crée pour lui une chaire de philosophie et de mathématiques à l'académie de Neuchâtel[9]. En plus de cet enseignement académique, il donne des cours ouverts au public où les femmes sont admises[3]. En 1733, l'Académie étrusque de Cortone l'admet en son sein. En 1738 sa femme meurt et il se retrouve avec quatre enfants, dont seule une fille lui survit. Il meurt en 1742.
Selon Jean-Frédéric Osterwald, qui prononce son oraison funèbre, il a joint aux qualités de l'esprit une grande pureté de mœurs et beaucoup de zèle pour sa religion, aussi est-il universellement regretté[réf. nécessaire].
