Louis Marvy
dessinateur, graveur et illustrateur (1815-1850)
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Louis Gervais Marvy, né le à Jouy-en-Josas et mort le à Paris, est un dessinateur paysagiste et graveur français de l'époque romantique.
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Louis Gervais Marvy |
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Biographie
Très jeune, Marvy débuta comme peintre sur textiles à la Manufacture de toiles de Jouy-en-Josas, puis travailla comme dessinateur dans une maison de commerce parisienne.
Il se consacra entièrement à l'art à partir de 1838, et apprit la gravure auprès d'Eugène Nyon (Nyon jeune, 1794-1878)[1]. Il commence par de la « gravure de commerce », des étiquettes pour les marchands et fabriques, et fait preuve d'une efficacité remarquable[2]. Sa dextérité provient du fait qu'il utilise la technique, alors tombée en déshérence, du vernis mou, lui permettant une production accélérée. Il excelle également dans les techniques de l'eau-forte, de l'aquatinte et de la manière noire, qu'il associe sur une même planche : il acquiert ainsi la réputation d'être un fin graveur et un coloriste raffiné[3],[4] :
« Comme tous les artistes d'une franche allure sans souci des écoles, qui ne s'appuient que sur leurs propres forces, M. Louis Marvy ne rencontre pas d'indifférents. Les esprits d'un autre âge, ceux qui ne voient dans la gravure qu'un jeu de patience, ne veulent pas le comprendre ; nous qui marchons avec notre temps, nous applaudissons tous ceux qui apportent quelque chose de nouveau et d'imprévu dans le monde de l'art. M. Louis Marvy est un paysagiste plein de feu et de couleur qui, avant tout, cherche l'effet. »
Le contenu de sa production originale atteste sa nette prédilection pour les sujets paysagistes, qu'il capte d'après nature[2]. Il expose régulièrement ses eaux-fortes au Salon de Paris de 1842[5] à 1850. Il publia les albums de paysages dessinés durant ses voyages (Bretagne, Normandie). Il fut l'illustrateur de nombreux livres (notamment les Contes de Perrault) et fournit également des illustrations à des journaux, dont L'Artiste, Les Beaux-Arts de Léon Curmer, Le Magasin pittoresque, La Galerie de l'amateur, L'Illustration[2].
On lui doit deux recueils illustrés de ses propres bois gravés (1845-1846)[2].
Outre sa production personnelle, Marvy interpréta en gravure les œuvres de nombreux autres artistes, essentiellement ses contemporains, notamment les paysagistes Jules Dupré, Théodore Rousseau, Charles Le Roux, Diaz, Louis-Nicolas Cabat et Alexandre-Gabriel Decamps[2], il est également l'un des premiers graveurs à reproduire des œuvres de Rembrandt, pour les diffuser auprès du public, travail effectué avec la Chalcographie du Louvre[6].
En 1847, il interprète quatre encres de Victor Hugo pour une loterie de bienfaisance[2].
Résidant au 11 de la rue Cadet, il fut contraint à se réfugier à Londres lors des troubles de 1848, Marvy y fut accueilli et aidé par le romancier britannique Thackeray, dont il avait été le camarade d'atelier lorsque ce dernier avait entamé des études artistiques à Paris en 1832[7]. Thackeray lui trouva de l'ouvrage au célèbre journal satirique Vanity Fair et l'introduisit auprès de Thomas Baring, dont Marvy put ainsi graver la prestigieuse collection d'œuvres des grands maîtres paysagistes anglais, de Gainsborough à Constable et Turner : Thackeray rédigea les notices explicatives du recueil réunissant ces reproductions, publié sous le titre de Sketches after English Landscape Painters (1850).
Louis Marvy était un ami personnel d'Eugène Delacroix et de Paul Gavarni. Il fut le maître de Léo Drouyn et eut aussi pour élèves Léon Villevieille et Adolphe Pierre Riffaut. Disparu prématurément, il fut enterré au cimetière Montmartre[8].
- Affiche pour Le Jardin des plantes (L. Curmer, 1842) avec Vivant Beaucé.
- Eaux-fortes et vernis mou (1843), album exécuté en compagnie de Charles Jacque.
- Paysage : crépuscule, eau-forte de Ch. Jacque d'après un tableau de Marvy.
- Paysage (impr. A. Delâtre)
- Mélancolie, aquatinte éditée par l'Alliance des arts (A. Delâtre, Paris)
Ouvrages illustrés et recueils
- Études de paysages, 7 eaux-fortes, 1840.
- Eaux-fortes, avec Ch. Jacque, Paris, L. Curmer, 1843.
- Eaux-fortes et vernis mous, avec Ch. Jacque, Paris, L. Curmer, 1843.
- Six eaux-fortes, paysages, 1844.
- Un été en voyage. Études et croquis d'après nature, 20 eaux-fortes, Paris, Goupil & Vibert, 1844.
- Marines et paysages par Charles de Tournemine, gravures, Paris, Sinette, 1844.
- Charles Blanc, L'Histoire des peintres français au XIXe siècle, bois gravés, 1845.
- Mary-Lafon, Le Languedoc ancien et moderne, 1846.
- Paysages, eaux-fortes, vingt sujet d'après nature et d'après Decamp, Diaz, Rousseau, etc., Delâtre frères, 1847.
- Croquis noirs, Paris, Victor Jeanron / Delâtre frères, 1847.
- Camille Leynadier, Histoire des peuples et des révolutions de l'Europe depuis 1789 jusqu'à nos jours, tome quatrième, quarante gravures sur acier par Th. Guérin, Eugène Leguay et Louis Marvy, Paris, Henri Morel éditeur, 1847.
- Sketches after English Landscape Painters, 20 gravures rehaussées, notices biographiques de W. M. Thackeray, Londres, Henry Vizetelly / David Bogue, 1850.