Louis Méjan est issu d'une famille protestante. Il est fils et frère de pasteurs[1],[2].
Il réalise une thèse de droit à l'université de Paris, en 1900, consacrée à «L’émiettement du sol dans la petite propriété rurale en France»[3]. Il entre dans la haute fonction publique et participe à des cabinets ministériels, d'abord avec Ernest Monis, garde des sceaux du gouvernement Waldeck-Rousseau, puis auprès d'Aristide Briand, lorsque celui-ci est rapporteur de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905. Louis Méjean joue un rôle important pour la rédaction du rapport et des textes d'application de cette loi[4]; selon Nicolas Roussellier, il s'attache à «conforter les principes libéraux de la loi»[5]. Il a ensuite à appliquer la loi comme directeur des Cultes[5].
Conseiller général du Gard, il est élu sénateur du Gard en 1924, inscrit au groupe de la Gauche radicale. Il est réélu en mais il démissionne, en , de son siège de sénateur et du conseil général du Gard[2].
Leur fils, François Méjan, est conseiller d'État (1960-1978), conseiller juridique de l'Église réformée de France, et président de la Société de l'histoire du protestantisme français (1978-1982)[8],[9]. Leur fille, Violette Méjan, est auteure d'une thèse sur la séparation des Églises et de l'État dans laquelle elle étudie le rôle de Louis Méjan[4].
Hommage
Une rue de Codognan porte son nom[2]. Une première rue portant le nom de Louis Méjan avait été rebaptisée rue des Écoles au début des années 1930, après la faillite de la banque familiale, la Banque régionale du Gard[10],[11]) et la démission de ses fonctions d'élus de Louis Méjan, c'est elle qui retrouve son intitulé préalable[2].
↑Thèse de doctorat de droit, Université de Paris, éd. A. Chevalier-Marescq, 1900, 342p.[lire en ligne]
12[compte rendu] René Metz, «L. V. Méjan, La Séparation des Églises et de l’État. L'œuvre de Louis Méjan, dernier directeur de l'administration autonome des cultes. Préface de Gabriel Le Bras, 1959», Revue des sciences religieuses, 1963, vol.37, no1 p.101-103[lire en ligne].
12Nicolas Roussellier, La Force de gouverner: le pouvoir exécutif en France (XIXe – XXesiècles, Gallimard, coll. « NRF Essais », 2015, p.138, n. 55.
↑Lucie Méjan, Sous la IIIe république. Le sénateur Méjan, Berger-Levrault, 1960.
↑Pierre Bolle, «François Méjan», dans André Encrevé (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine. 5 Les Protestants, Paris, Beauchesne, (ISBN2701012619), p.330-331.
↑Roger Zuber, «François Méjan (nécrologie)», Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, vol.140, janvier-mars 1994), p.177-180 (lire en ligne, consulté le ).
↑«L'entre-deux-guerres», dans Raymond Huard (dir.) (préf. Damien Alary), Le Gard: de la préhistoire à nos jours, Saint-Jean-d'Angély, Bourdessoules, (ISBN2-903504-40-7), p.284.