Louis de Vaucelles de Ravigny
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| Conseiller général de la Mayenne | |
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| Député de la Mayenne | |
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| Maire de Champfrémont |
| Naissance | |
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| Décès |
(à 52 ans) Ancien 2e arrondissement de Paris |
| Nationalité |
français |
| Activités |
| Propriétaire de |
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Alexandre-Louis-Henri de Vaucelles de Ravigny (Argentan, - Paris, ) est un égyptologue, voyageur, orientaliste et homme politique français. Il est reconnu comme l’un des pionniers de l'égyptologie en Nubie, grâce à ses travaux sur les monuments antiques et ses interprétations des hiéroglyphes, réalisées avant même la publication des travaux de Jean-François Champollion sur le sujet.
Origine
Fils d'Emmanuel-Alexandre de Vaucelles, seigneur de Ravigny, maire de Champfrémont, et de Henriette Le Forestier de La Durandière, il est égyptologue et propriétaire à La Poôté.
La famille de Vaucelles est originaire du Poitou, dont les titres forment un fonds considérable[1] aux Archives départementales de la Vienne[2]. Depuis le XVIIe siècle, les Vaucelles habitent la terre de la Bellière. Les armoiries sont : d'argent au chef de gueules, chargé de 7 billettes d'or, 4, 3.
Formation et influences
Louis de Vaucelles se forme très tôt à l’école de Jean-François Champollion, découvreur du système d’interprétation des hiéroglyphes[3]. Dès 1824, il assimile les méthodes de Jean-François Champollion et prépare un voyage en Égypte, motivé par des recherches en ornithologie[4] et en archéologie. Il publie en 1833 une traduction de l’arabe de l’Adjroumieh par Mohammed ben Daoud[4], mais c’est surtout sa Chronologie des Monuments antiques de la Nubie (1829) qui marque l’histoire de l’égyptologie. Louis de Vaucelles de Ravigny voyage : au Piémont en 1820, en Ecosse et en Angleterre en 1821, à Rome et en Sicile en 1823[3]. Il semble que Champollion ait primitivement offert à Louis de Vaucelles de l’emmener avec lui.
Voyage en Égypte et en Nubie (1826)
D'un esprit ouvert à toutes les sciences, il apprend en quelques mois l'arabe et acquiert à l'école de Champollion des notions suffisantes sur les hiéroglyphes pour entreprendre un voyage en Égypte[3].
En 1826, Louis de Vaucelles entreprend un voyage d’un an en Égypte et en Nubie. Parti de Marseille le il arrive le lendemain à Alexandrie où il reste jusqu'à mi-mars avant de rejoindre Le Caire. Il remonte le Nil jusqu'à Wadi Halfa, au sud de la première cataracte puis redescend le fleuve en explorant ses deux rives, visitant les principaux sites archéologiques : Alexandrie, Le Caire, Karnak, Louxor, Denderah, Abydos, Philae, Assouan, et bien d’autres[3]. C'est ainsi qu'il voit tous les principaux temples, recueillant avec la plus grande attention les cartouches des personnages qui les ont fait construire, augmenter ou réparer. Il relève et interprète les cartouches et inscriptions des temples, tombeaux et palais, utilisant les méthodes de Champollion. Son journal de voyage et ses relevés permettent de corriger les théories antérieures sur la datation des monuments nubiens, notamment celles de François-Christian Gau, qui datait les monuments nubiens avant ceux de Memphis et Thèbes[4].
De ce voyage, il publie deux ouvrages, un journal de voyage daté de 1826, et, en 1829, une Chronologie des monuments antiques de la Nubie dans lequel il est le premier à nommer la plupart des pharaons, des Ptolémées et des empereurs romains qui ont bâti ou augmentés ces monuments. Il écrit dans cet ouvrage :
« Pendant un voyage que je fis en Nubie en 1826, pour étudier les antiquités de cette intéressante contrée, je m'aperçus que la lecture des légendes hiéroglyphiques des rois pouvait seule fournir le moyen de déterminer l'âge de ses temples. Les découvertes de M. Champollion le jeune venaient d'être publiées. Profitant alors des notions qu'elles me donnaient, je recueillis avec la plus grande attention tous les cartouches des princes qui ont construit ces ouvrages ou qui les ont réparés et augmentés. »
— Chronologie des monuments antiques de la Nubie, page 8
Contributions à l’égyptologie
Louis de Vaucelles est le premier à attribuer correctement les noms des pharaons sur les monuments de Nubie, avant même que Champollion[5] ne publie ses propres interprétations. Sa Chronologie des Monuments antiques de la Nubie' (1829) est considérée comme un ouvrage fondateur, bien que certaines erreurs de succession dynastique y figurent, dues aux connaissances limitées de l’époque[4]. Il est salué comme un « pionnier de l’égyptologie » par des spécialistes comme Warren Royal Dawson[6].
Jean-François Champollion mentionne Louis de Vaucelles de Ravigny dans ses lettres et journaux (Lettres et Journaux de Champollion, H. Hartleben, éd., vol. 1, 1902, p. 272)[3]. Jean-François Champollion a également écrit sur la vie et les réalisations scientifiques de De Vaucelles[7].
Politique
Il est élu député du grand collège de la Mayenne aux élections législatives de 1830, en remplacement de Michel du Mans de Bourglevesque, démissionnaire. Il prête serment au gouvernement de Louis-Philippe, mais n'a qu'un rôle parlementaire effacé. Il est nommé par ordonnance du gouvernement de la monarchie de Juillet le , membre du conseil général de la Mayenne.
Il échoue aux élections législatives de 1831 dans le 4e collège du même département (Mayenne extra-muros) face à Marie-Théodore de Rumigny. Il se représente sans plus de succès aux élections législatives de 1834.
L'Abbé Angot indique que Louis Vaucelles — il avait renoncé à la particule[1] — adressa en 1834 une profession de foi à Messieurs les électeurs du deuxième arrondissement électoral de Mayenne. Il est élu comme républicain aux Élections cantonales de 1848 dans la Mayenne.
Il réside au château de La Bellière, en Mayenne, et au château de Lignou, en Normandie, où une pancarte d’offrandes égyptienne, rapportée de son voyage, est toujours conservée.
Postérité
Un de ses arrière-petits-neveux, Pierre de Vaucelles, fut ambassadeur de France en Irak et représentant-adjoint de la France à lONU[4]. La famille de Vaucelles conserve des archives et des objets rapportés de ses voyages, dont une pancarte d’offrandes, datée de la fin de la Ve dynastie égyptienne, qui sera conservée par ses descendants au château de Lignou jusque dans les années 1980[8]. Sa collection sera dispersée par ses descendants comme un papyrus écrit en Écriture hiératique anormale[9] conservé désormais au British museum[10].
Ouvrages
- Chronologie des monuments antiques de la Nubie : d'après l'interprétation des légendes royales contenues dans les bas-reliefs hiéroglyphiques, Paris, Librairie orientale de Dondey-Dupré Père et fils,, (lire en ligne), In-8° , 24 p., 4 pl. Ce livre s'inspire de son carnet de voyage manuscrit, Journal de Voyage en Égypte et Nubie, datant de 1825[11].
- Ibn Ajarrum; Traducteur de la Grammaire arabe de Mohammed-ben-Daoud; publiée à Paris, avec le texte arabe, en 1833, in-8. (Bachelin-Defiorenne, en 1870, no 309, 2 fr. 50.)
- Ibn Ajarrum, L'Adjroumieh, grammaire arabe, de Mohammed-ben-Daoud; publiée en arabe et en français. Paris, 1834, in-8 de 44 pp. (Quérard. Brunet, n° 11584.)