Loup solitaire (terrorisme)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Un loup solitaire est une personne qui commet des actes violents en rapport avec un groupe, un mouvement ou une idéologie, mais le fait seul, en dehors de toute structure de commandement[1].

Origines

Ce terme est une traduction de l’expression anglaise « lone wolf ». Selon la Anti-Defamation League (Ligue antidiffamation), le terme aurait été popularisé par les suprémacistes blancs Alex Curtis et Tom Metzger dans les années 1990[2],[3].

Ensuite ce terme fut adopté par les agences gouvernementales américaines et par les médias pour désigner des individus utilisant cette stratégie. Le FBI et la police de San Diego nommèrent leur opération de surveillance des activités de Curtis « Operation Lone Wolf » largement à cause du fait que Curtis encourageait d’autres suprémacistes blanc à suivre l’activisme de type « loup solitaire »[4].

Usage actuel

Actuellement, la notion de terrorisme de type « loup solitaire » désigne des actes violents qui sont perpétrés en dehors d’une structure de commandement, quelle qu’en soit l’idéologie.

Généralement, le « loup solitaire » partage un lien idéologique ou philosophique avec un groupe extrémiste, mais ne communique pas avec ce groupe. Bien qu’il cherche à faire avancer la cause de ce groupe, le « loup solitaire » conçoit et organise sa tactique seul, sans recevoir d’ordres ou de conseils. Dans de nombreux cas, comme dans la tactique imaginée par Curtis, le « loup solitaire » n’a jamais aucun contact personnel avec un groupe. De ce fait, ce type de terroriste pose un problème particulier aux responsables de la lutte anti-terroriste, car il est beaucoup plus difficile de réunir des informations sur les « loups solitaires » que sur des groupes terroristes conventionnels.

Contestation du terme

Selon Gilles Kepel, « la théorie du loup solitaire est une imbécillité. Elle a été mise en place par des pseudo-universitaires et quelques journalistes qui les suivaient, qui ne travaillent pas et qui ne connaissent pas la réalité des textes et de l’action des jihadistes. C’est un pur fantasme, ça n’a jamais existé. Il y a des individus qui agissent éventuellement seul ou à deux mais ils font partie de réseaux, ils ont été inspirés. Pour ceux qui ont pris la peine de s’intéresser à ce qu’a fait Daech, cette théorie ne tient bien sûr pas une seconde[5]. »

Pour Wassim Nasr, journaliste de France 24 et spécialiste du djihadisme, « il n'y a pas de loup solitaire dans l'histoire des attentats djihadistes. [...] On découvre à chaque fois qu'il y a des ramifications, des contacts, des soutiens logistiques. [...] Il y a toujours, en arrière-plan, des gens qui aident »[6],[7].

Événements notables

Notes et références

Articles connexes

Related Articles

Wikiwand AI