Loïk Le Floch-Prigent

homme d'affaires français From Wikipedia, the free encyclopedia

Loïk Le Floch-Prigent, né le à Brest (Finistère) et mort le à Paris[1],[2], est un ingénieur, homme d'affaires, et dirigeant d'entreprises français.

Nom de naissance
Loïk Gérard Henri Marie Joseph Le Floch-PrigentVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Président de la SNCF, 1995-1996 ...
Loïk Le Floch-Prigent
Loïk Le Floch-Prigent en 1999.
Fonctions
Président de la SNCF
-
Président
Gaz de France
-
Président
École nationale supérieure de création industrielle
-
Président
Elf Aquitaine
-
Directeur général
Rhône-Poulenc
-
Directeur de cabinet
Ministre de l'Industrie (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Loïk Gérard Henri Marie Joseph Le Floch-PrigentVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Gérard Le Floch-Prigent (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Gabrielle Le Floch-Prigent (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Fatima Belaïd (d) (de à )
Janine Le Floch-Prigent (d)
Marlène Le Floch-Prigent (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Fanny Vergnon (d)
Vincent Le Floch-Prigent (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Lieux de détention
Site web
Tombe de Loïk Le Floch-Prigent au cimetière du Père-Lachaise (division 81).
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Son ascension à la tête d'entreprises publiques a été favorisée, dans un premier temps, par les fonctions qu'il a occupées au cabinet du ministre de l'Industrie et son entregent dans le monde politique. Il est notamment PDG de l'entreprise pétrolière Elf entre et 1993, puis président de la SNCF de à . Il est par la suite condamné par la justice à des peines de prison ferme pour détournements de fonds dans le cadre de l'affaire Elf, il est notamment connu dans le milieu de la « Françafrique »[3].

Biographie

Formation

En 1967, Loïk Le Floch-Prigent sort diplômé de l’École nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble (Grenoble INP - Ense3). En 1968, il termine ses études à l'école de journalisme de l'université du Missouri-Columbia[4].

Carrière

De 1969 à 1981, Loïk Le Floch-Prigent travaille à la Délégation générale à la recherche scientifique et technique (DGRST)[4]. Il est notamment chargé de mission contractuel urbanisme transports, conseiller chargé de la recherche industrielle, chef du service du fonds de recherche, puis conseiller du directeur général de l'Agence nationale de valorisation de la recherche. Durant ces années, il est un militant actif du Parti socialiste « dont il choisit l'aile gauche »[4]. Il côtoie néanmoins régulièrement Raymond Barre et rencontre Pierre Dreyfus, ex-patron de Renault de conviction socialiste[4].

En 1981-1982, il est directeur de cabinet du ministre de l'Industrie, Pierre Dreyfus[4]. C'est « un zélé artisan des nationalisations » qui ont lieu alors[4]. Il gère notamment le dossier Creusot-Loire. Il se lie avec Maurice Bidermann, PDG du groupe textile du même nom[4].

En 1982, il se trouve bien placé pour être nommé par le Premier ministre Pierre Mauroy, et le ministre Jean-Pierre Chevènement, avec l'aval de l'Élysée, au poste de président-directeur général de Rhône-Poulenc dont il assume la présidence jusqu'en 1986. Il participe au redressement de l'entreprise qui accumulait les pertes avant son arrivée et qui redevient profitable[4]. Par l'intermédiaire d'Alain Boublil, il se rapproche de François Mitterrand[4]. Lorsque Jacques Chirac est nommé Premier ministre en 1986, Le Floch-Prigent se dit favorable à la privatisation de Rhône-Poulenc, mais ne conserve pas son poste[4].

D' à , il est chargé d'une mission d'étude sur l'avenir de l'industrie chimique, pharmaceutique et pétrolière française, auprès de Roger Fauroux, ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire.

En , Michel Rocard le nomme PDG d'Elf Aquitaine, alors premier groupe industriel français[4]. Il reste à ce poste quatre années pendant lesquelles la société double sa production de pétrole[4].

En , le premier ministre Édouard Balladur le nomme président de Gaz de France poste qu'il occupe jusqu'en . Enfin, il est nommé par Jacques Chirac fin président de la Société nationale des chemins de fer français, en remplacement de Jean Bergougnoux. Il ne demeure à la SNCF que jusqu'au , date à laquelle il est mis en examen et écroué dans le cadre de l'affaire nommée alors « Elf-Bidermann »[5] qui porte notamment sur le financement de l'entreprise textile Bidermann par Elf entre 1989 et 1993.

De 1997 à 2003, il est consultant international (Energy and Transport Consulting). De 2003 à 2005, il est emprisonné à Fresnes.

De 2005 à 2010, pour le compte de Pilatus, et dans le cadre de ses expertises minières, il se rend en Afrique, au Congo-Brazzaville, en république démocratique du Congo, au Mali, au Bénin, en Tanzanie, en Égypte, mais aussi en Irak (Kurdistan irakien), en Oman, aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Syrie, en Turquie, au Canada, aux États-Unis.

À partir de 2008, il est accusé d'être le responsable de l'organisation d'une escroquerie à la nigériane impliquant Pilatus Energy AG[6]. De 2010 à 2011, il est à nouveau emprisonné à Fresnes pour non-paiement d'amendes antérieures.

En 2011 est créé Pilatus Group à Brazzaville, société au nom similaire à celui de Pilatus Energy AG, avec tentative de reprise d'un permis appartenant à Pilatus Energy Congo Sarl[7].

De 2012 à 2013, il est en détention préventive au Togo[6] puis relâché pour raison médicale dans l'attente d'un jugement dans le cadre d'une affaire d'escroquerie permettant de réduire la liquidité de l'actionnaire de Pilatus Energy AG et donc sa capacité à forer dans le cadre du permis. En 2013, il est de retour en France.

Soutien à Éric Zemmour

En 2021, plusieurs médias révèlent la possibilité qu'il soit le conseiller économique d'Éric Zemmour pour sa potentielle candidature à l'élection présidentielle de 2022[8].

En , il est invité à participer à un débat de Reconquête lors de l’université d’été du parti[9]. En 2023, il rejoint un « comité stratégique » du média d'extrême droite Livre noir[10].

Climato-scepticisme

Loïk Le Floch-Prigent nie ouvertement les conclusions du travail du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ainsi que les conséquences attendues du changement climatique[11].

Mort

Loïk Le Floch-Prigent décède dans la nuit du au [2] à l’hôpital Cognacq-Jay (15e arrondissement de Paris) des suites d'un cancer, à l’âge de 81 ans[12],[13]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 81, ligne 7 face à la division 82, tombe 15 face à la division 79).

Vie privée

Loïk Le Floch-Prigent est le neveu du poète breton Maodez Glanndour et l'oncle du journaliste Erwan Chartier[14],[15].

Il est d'abord en couple avec Jeanine Fournier avec qui il aura deux enfants, Fanny et Vincent[16]. Puis, entre -, il est marié à Fatima Belaïd[17],[18] avant de se mettre en couple avec Marlène Hamon, sa dernière épouse[19].

Affaires judiciaires

Condamnations pour détournement de fonds

Dans le cadre du procès de l'affaire Dumas, Loïk Le Floch-Prigent est condamné en appel le à 30 mois de prison ferme et deux millions de francs d'amende. Il est incarcéré à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) le .

Dans le cadre de l'affaire Elf[20], l'ancien président du groupe est condamné par trois fois notamment pour abus de biens sociaux. Il est écroué le et se trouve soumis à six mois de prison préventive jusqu'au , date de sa libération sous caution de 500 000 F, soit environ 76 225 euros. Le , il est condamné à cinq ans de prison ferme et 375 000 euros d'amende. Il n'a pas fait appel de cette condamnation. Il est remis en liberté le pour raisons de santé. Lors de son procès, Loïk Le Floch-Prigent niera avoir aidé Bidermann pour des raisons d'« amitié », mais « à la demande des pouvoirs publics ». Il désigne plus particulièrement Pierre Bérégovoy et Jean-Yves Haberer, l'ancien président du Crédit lyonnais, enfin des courriers de Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, en faveur « de l'emploi »[21],[22].

En , il est condamné à 15 mois avec sursis dans le dernier volet judiciaire de l'affaire Elf : un système d’emplois fictifs mis en place en Suisse au début des années 1990[23]. Parmi les bénéficiaires de ces emplois de complaisance présumés se trouvaient des proches de François Mitterrand, de Charles Pasqua ou de l'homme d'affaires corse et ami d'Alfred Sirven, Mathieu Valentini[24].

Roger Quigniot, juge d'application des peines (JAP) à Paris, ordonne le son retour en détention. Libéré en 2005, il n'aurait pas respecté les obligations de son suivi judiciaire. En particulier, le JAP lui a reproché en effet de s’être rendu à l’étranger sans autorisation. Il appartient alors au parquet de Paris de faire exécuter la décision[25],[26]. Le , la cour d'appel de Versailles révoque partiellement sa libération conditionnelle pour avoir « manqué à l'obligation d'indemniser la partie civile en proportion de ses facultés contributives »[27]. Le , la Cour de cassation ordonne son incarcération pour six mois. Il est placé en détention à la prison de Fresnes le . Il est ensuite libéré.[Quand ?]

Affaire d'escroquerie internationale

En , le Togo a émis un mandat d'arrêt international à son encontre, à la suite d'une plainte d'Abbas Yousef, un homme d'affaires de Dubaï. Ce mandat a été réactivé le et mis en application en Côte d'Ivoire le , avec remise immédiate à la police du Togo.

Détenu au Togo, Loïk Le Floch-Prigent a déposé le à Paris, par l'intermédiaire de son avocat Me Patrick Klugman, une plainte contre X pour « corruption » et « atteinte arbitraire à la liberté par une personne exerçant une fonction publique ».

Un comité de soutien fondé par sa famille en a contacté les autorités françaises et la presse pour favoriser la prise en compte des importants problèmes de santé que Loïk Le Floch-Prigent rencontre dans le cadre de sa détention au Togo, où il ne peut recevoir les soins dont il a besoin, et obtenir son rapatriement en France.

Ce comité a également organisé un rassemblement devant l'ambassade du Togo à Paris le . Il publie un site internet pour rassembler l'ensemble de la documentation, des témoignages et des articles de presse relatifs au différend qui oppose Abbas El Youssef à Loïk Le Floch-Prigent. Dans un billet publié dans Le Point du , Patrick Besson appelle à la libération de Loïk Le Floch-Prigent[28]. Le , pour des raisons de santé, il a été libéré de sa prison togolaise et transmis aux autorités françaises.

Publications

Ouvrages

  • Pour des fonds de pension européens, Éditions Petrelle, 1998
  • Affaire Elf, affaire d'État, entretiens avec Éric Decouty, Le Cherche midi, 2001 (ISBN 2-8627-4926-5)
  • La Crevette et le Champignon, Le Cherche-Midi, 2005 (ISBN 978-2-7491-0368-6)
    Relation de son expérience de la pêche à pied.
  • Une incarcération ordinaire, Le Cherche midi, 2006 (ISBN 2-7491-0501-3)
    Essai sur l'organisation des prisons à partir de son expérience.
  • Granit rosse, Coop Breizh, 2012
    Roman policier situé à Trébeurden, son lieu de séjour familial.
  • Le Mouton noir : 40 ans dans les coulisses de la République, Pygmalion, 2014
    Ses mémoires.
  • La Bataille de l’industrie - La France va-t-elle la perdre ? Peut-elle la gagner ?, Jacques Marie Laffont éditeur, 2016
  • Carnets de route d'un Africain, éditions Elytel, 2017
  • Il ne faut pas se tromper : pour en finir avec les idées reçues sur l'énergie et l'industrie, éditions Elytel, 2018
  • Le Silence des dolmens, De Borée, 2019 (ISBN 978-2-8129-2557-3)
  • Pour une France industrielle, éditions Elytel, 2020
  • Repenser la prison, Paris, éditions Michalon, 192 p., 2020 (ISBN 978-2-8418-6944-2)
  • Capitaines d'industrie : ces Français qui font les succès industriels de la France, éditions Elytel, 192 p., 2022 (ISBN 978-2-917182-19-2)
  • 1997 Année zéro du déclin de la France, éditions Elytel, 142 p., 2024[29] (ISBN 978-2-917182-23-9)

Articles

Notes et références

Voir aussi

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