Lucien Descaves

littérateur, journaliste, romancier et auteur dramatique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Lucien Descaves, né le à Paris 14e et mort le à Paris 16e, est un écrivain français.

Nom de naissance
Lucien Alexandre DescavesVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Président Académie Goncourt, 1945-1949 ...
Lucien Descaves
Portrait photographique par Charles Reutlinger pour le Théâtre en 1901.
Fonctions
Président
Académie Goncourt
-
Président
Syndicat national des journalistes
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Lucien Alexandre DescavesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Période d'activité
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Rédacteur à
Père
Alphonse Descaves (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Enfant
Autres informations
Idéologie
Membre de
Société d'histoire de la Révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
signature de Lucien Descaves
Signature au bas d'une lettre adressée à Nadar, le 30 avril 1899.
Sépulture au cimetière de la Villette.
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Journaliste, romancier et dramaturge naturaliste et libertaire[1], il a fait partie des premiers membres de l'Académie Goncourt et en fut le président.

En 1889, il est l’auteur de Sous-offs, ouvrage antimilitariste qui lui vaut des poursuites judiciaires.

Biographie

De 1861 à 1881

Lucien Alexandre Descaves naît au Petit-Montrouge, commune intégrée, l’année précédant sa naissance, à Paris. Il est le fils d'Alphonse Descaves (1830-1890), graveur en taille-douce, dont les parents étaient des teinturiers venus de Château-Thierry à Paris, et d'Hélène Château (1839-1882), fille de commerçants du quartier de Belleville à Paris.

Comme il est né chétif, ses parents l'envoient une année à Montreuil-aux-Lions, auprès d'une grand-tante maternelle et de son mari (l'oncle Denis, sabotier) vivant.

À Paris, il fréquente, avec ses grands-parents maternels, le théâtre de Belleville, où il voit de « vieux mélodrames ». On en trouvera la trace dans ses œuvres. Il traverse avec l'insouciance de l'enfance les événements de la Commune de Paris.

À 17 ans, en 1878, il entre en apprentissage à la banque Lehideux, rue Drouot, puis au Crédit lyonnais, boulevard des Italiens. Autodidacte, il compose ses premiers écrits en 1877-78, tant en vers qu'en prose, Scènes et récits de la vie intime (inédit).

En 1881, l’éditeur Kistemaeckers père lui refuse Choses des Rues et Choses d’Amour, gros recueil poétique qui demeurera inédit mais publie, l'année suivante, Le Calvaire d'Héloïse Pajadou, recueil de cinq nouvelles, dont le titre est celui de la plus longue d'entre elles. Son éditeur lui fait rencontrer Léon Hennique, Paul Alexis et surtout Joris-Karl Huysmans, que Descaves considèrera comme son maître et fréquentera pendant vingt-cinq ans.

De 1882 à 1892

En , dans le cadre de son service militaire, il intègre le 129e régiment d'infanterie en garnison au Havre-de-Grâce où il fait la connaissance du Général Hagron, alors commandant du deuxième bataillon. Il en sortira quatre ans plus tard avec le grade de sergent-major et en tirera la matière de ses écrits antimilitaristes dont Sous-Offs.

En , quand il est libéré de l'armée, il retourne vivre chez son père, veuf, à Montrouge. Il épouse Françoise Embocheur, avec qui il aura deux enfants, mais qui mourra en , à 26 ans.

Il débute dans le journalisme en entrant à La Revue moderne, qui publiera d'ailleurs un important article d’Oscar Méténier à son sujet. À partir de 1887, il collabore au Petit Moniteur universel, grâce à Alphonse Daudet et, en 1892 au Journal, dont il tiendra à partir de 1916 la rubrique littéraire avant d'en devenir en 1919 le directeur littéraire, succédant à Henri de Régnier.

Le , Descaves qui fréquente le Grenier d’Edmond de Goncourt, signe avec Paul Margueritte, Paul Bonnetain, Rosny aîné et Gustave Guiches le Manifeste des cinq, dirigé contre Zola et son roman La Terre. Il regrettera ce geste et s'en expliquera le , lorsqu'il présidera le Pèlerinage Littéraire de Médan :

« J’attendais depuis vingt-cinq ans ce rendez-vous, et c’est parce que je l’attendais en vain que je crus devoir à mon tour, il y a trois ans, faire acte de contrition en regrettant hautement, après Paul Margueritte, Rosny et Gustave Guiches, d’avoir mis ma signature au bas du Manifeste des Cinq, en 1887, à l’époque où Émile Zola publiait La Terre. »

En 1888, il est refusé à la Société des Gens de Lettres. Gustave Toudouze publie un article à ce sujet dans L’Événement du  : Guerre aux Lettrés ! L’Affaire Lucien Descaves.

En 1889, la publication de son célèbre roman antimilitariste, Les Sous-offs (dont le titre primitif était Les Culs rouges) lui vaut d'être traduit en cour d'assises en compagnie de son éditeur, pour injures à l'armée et outrages aux bonnes mœurs. Défendu par Maîtres Tézenas et Millerand, il est acquitté le .

De 1893 à 1903

Veuf depuis , il se remarie en avec Marie Lancelot (1876-1958), dont il aura un fils.

Entré à l'Écho de Paris en 1896, il est rédacteur à L'Aurore au moment de l'affaire Dreyfus, de 1894 à 1906, et apportera un vif soutien au capitaine Dreyfus.

En 1900, il fait partie des membres fondateurs de l'Académie Goncourt, avec Huysmans, Hennique, Mirbeau, Rosny aîné, Paul Margueritte, Élémir Bourges et Gustave Geffroy. Il s'en éloigne en 1932 après que le prix, qui semblait promis à Céline pour le Voyage au bout de la nuit, eut finalement échu aux Loups de Guy Mazeline. Il en devient cependant le président de 1945 à sa mort, succédant à Rosny Jeune.

Homme de lettres, Descaves publiera un nombre considérable d'ouvrages, romans ou pièces de théâtre, seul ou parfois en collaboration. En 1901, libertaire, il publie La Colonne, roman sur la Commune et l’affaire Courbet (destruction de la Colonne Vendôme). En 1902, avec notamment Élisée Reclus, Jehan-Rictus, Paraf-Javal, Maurice Donnay, Henri Zisly, Émile Armand, Georges Deherme, il est parmi les fondateurs de la Société pour la création et le développement d'un milieu libre en France, qui appuie la création, la même année, d'une communauté libertaire, La Clairière de Vaux (Essômes-sur-Marne, Aisne), « premier milieu libre » français non éphémère, mais qui sera dissous en 1907[2]. Ses échanges épistolaires en 1903 avec Marie Kugel montrent un intérêt réciproque pour les colonies libertaires et milieux libres[3].

De 1904 à 1914

En 1907, il confonde avec Henry Céard et Jean de Caldain une première société des amis de J.-K. Huysmans, après la mort de l'écrivain, dont il est l'un des exécuteurs testamentaires. Il est aussi l’artisan de la première édition illustrée de Là-bas, pour laquelle il a pressenti le graveur Fernand Hertenberger. En 1927, il fonde la Société J.-K. Huysmans[4], et rassemble les études et préfaces de Huysmans dans un volume intitulé En Marge et en 1941, il publie Les Dernières années de J.-K. Huysmans, dédié « À J.-K. Huysmans, mon Maître, mon Ami et mon refuge aux jours d’épreuve. ». Descaves a écrit de nombreuses préfaces : à Gustave Lefrançais, Souvenirs d’un Révolutionnaire ; au roman posthume de Léon Cladel, I.N.R I. ; et en 1922 une postface pour l’édition définitive de Sœur Philomène des Goncourt[5].

En 1913 il est membre du Comité de Défense des Soldats.

De 1915 à 1939

Le , aux côtés de Pablo Picasso, il est témoin de mariage du poète Guillaume Apollinaire avec l'artiste peintre Jacqueline Kolb[6].

En 1925, il accepte de faire partie du Comité d’Honneur de Pierre Kropotkine. En 1927, il signe en compagnie d'Alain, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine... la pétition (parue le dans la revue Europe) contre la loi sur l'organisation générale de la nation pour le temps de guerre qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d'opinion.

En , alors qu'il revient du Théâtre des Arts, en compagnie de son épouse qui conduisait leur véhicule et sa belle-sœur, Mme Cretel, ils sont pris en écharpe par un véhicule au croisement des rues Vavin et d'Assas. Les deux femmes s'en sortent avec des contusions multiples alors que lui souffre des côtes. Soigné à l'hôpital Cochin, il a été ramené à son domicile où on lui a prescrit du repos, pour au moins deux semaines[7].

En 1936 il vend, par contrat, sa collection de livres, journaux, brochures et documents manuscrits relatifs à la Commune, à l’Institut d’Histoire Sociale d’Amsterdam, pour 100 000 francs-or.

De 1940 à 1949

En , la maison de Lucien Descaves où il passait ses vacances depuis plus de trente ans, à Senonches, est « non pas pillée, mais cambriolée dans toute la rigueur du terme par des professionnels[8]. » Pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne, il s'y est retiré et y écrit ses mémoires, qui seront publiés en 1946 sous le titre : Souvenirs d'un ours.

À sa mort, il a été inhumé au cimetière de la Villette[9],[10],[11].

Famille

Lucien Descaves était le frère d'Eugène Descaves, commissaire de police et collectionneur d'art, l'oncle de la pianiste Lucette Descaves et le père de l'écrivain et homme de radio Pierre Descaves.

Œuvres

  • Tiers État, 1902, comédie en un acte (Théâtre Antoine, ). Lire en ligne.
  • Importante préface à Souvenirs d’un Révolutionnaire de Gustave Lefrançais, 1902. (Descaves est son exécuteur testamentaire).
  • Les Souliers, 1903, scène judiciaire (avec René Vergught), « destinée à être jouée devant un public socialiste » (R.V.) (Théâtre de la Coopération des Idées, ).
  • Oiseaux de passage, avec Maurice Donnay, Théâtre Antoine, . Lire en ligne.
  • Préface pour Mon Oncle Benjamin de Claude Tillier, 1905.
  • Flingot, avec des illustrations de Pierre Georges Jeanniot, A. Romagnol, 1907
  • Importante préface à La Vie tragique des Travailleurs de Léon et Maurice Bonneff, 1908.
  • La Vie douloureuse de Marceline Desbordes-Valmore, 1910, biographie. Lire en ligne.
  • Atelier d’aveugles, drame en un acte, représentée au Grand Guignol le . Lire en ligne.
  • Philémon, vieux de la vieille, 1913, roman sur la Commune de Paris, lire en ligne sur Gallica, réédition : La Découverte, 2019, avec un appareil critique (présentation, notes, repères chronologiques et index des noms propres) de Maxime Jourdan Lire en ligne.
  • La Saignée, avec Fernand Nozière, drame en cinq actes, Théâtre de l'Ambigu-Comique, . Lire en ligne.
  • Barabbas, Paroles dans la Vallée, 1914, roman illustré par Steinlen,1914, lire en ligne sur Gallica
  • La Maison anxieuse, 1916, roman inspiré par la guerre.
  • Préface à la réédition de Force ennemie de John-Antoine Nau (premier Prix Goncourt en 1903), 1918.
  • L’Imagier d’Épinal, 1918.
  • Ronge-Maille vainqueur, 1920, pamphlet antibelliciste [sur les prévaricateurs de guerre], censuré en 1917. Lire en ligne.
  • L’As de cœur, comédie en trois actes, Théâtre des Arts, .
  • Les Vestales, comédie en un acte, Odéon, .
  • Préface pour Les rustiques de Louis Pergaud, 1921.
  • Postface pour l’édition définitive de Sœur Philomène des Goncourt, 1922.
  • Pierre Dupont, comédie en un acte, 1922. Lire en ligne.
  • Du petit monde, 1923, recueil de 30 nouvelles.
  • L'Hirondelle sous le toit, 1924. — Roman paru en feuilleton dans le Journal du 11 juin au 21 juillet.
  • Le Cœur ébloui, pièce en quatre actes, mise en scène de Lugné-Poe, Théâtre Daunou, . Lire en ligne.
  • En Marge, 1927. (compilation des études et préfaces de Huysmans.
  • Les Fruits de l'amour : pièce en trois actes (Théâtre des Arts, le 25 février 1928), Paris (lire en ligne sur Gallica).. Lire en ligne.
  • L'Ascension de Virginie, avec Maurice Donnay, comédie en 3 actes, Théâtre de la Michodière,
  • Regarde autour de toi, 1930. Recueil de 29 nouvelles.
  • La Tuile d'argent, avec Henri Duvernois, comédie en 3 actes, La Potinière, 1931
  • Préface pour le roman posthume de Léon Cladel I.N.R I., 1931.
  • Les Dernières années de J.-K. Huysmans (Albin Michel), 1941. Dédié « A J.-K. Huÿsmans Mon Maître, mon Ami et mon refuge aux jours d’épreuve ».
  • Préface pour La mort de Mindrais de Maurice Vlaminck, 1941.
  • Souvenirs d'un ours, 1946, autobiographie

Bibliographie

Notes et références

Liens

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