Ludovico Calda
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Ludovico (ou Lodovico) Calda, né le à Parme et mort le à Gênes, est un typographe, journaliste et dirigeant syndical italien.
Formation typographique (1887-1900)
Fils de Giacomo et Erminia Bosi, Ludovico Calda naît à Parme en 1874. Lorsque son père, instituteur, partit travailler à Licciana en 1887, Calda avait déjà quitté le foyer familial pour entreprendre des études qu'il abandonna rapidement pour entrer dans la vie professionnelle typographe, d'abord dans sa ville natale, puis à Borgotaro, où il entra en contact avec l'association typographique[1]. Celle-ci, en , refusa un article de sa main « en raison de son langage impétueux »[1]. Il poursuivit son travail à La Spezia et, fin 1893, arriva à Gênes, où, en , il fut licencié de son entreprise pour avoir tenté de syndiquer les ouvriers. Ayant rejoint l'association typographique, il se rallia à Giuseppe De Felice Giuffrida et aux Faisceaux siciliens[1].
Travaillant occasionnellement à l'imprimerie du journal Il Secolo XIX, il devint un des dirigeants de la section génoise de la Fédération du livre, qui l'envoya au congrès de Bologne en [1]. Lorsque, en mai de la même année, le préfet ordonna la dissolution de l'organisation, Calda fut dénoncé aux autorités[1]. Par la suite, il collabora avec Leone Ricciotti et Giovanni Lerda à la reconstitution de la section des imprimeurs sous l'égide d'une société de secours mutuel et de la section du Parti socialiste italien (PSI) ; il fut condamné à une amende en . Un nouveau décret de dissolution fut promulgué en et il fut de nouveau condamné à un mois de prison[1].
L'organisation du mouvement syndical en Ligurgie (1900-1914)
À sa libération, il rejoignit Pietro Chiesa pour la reconstruction de la Chambre du Travail. Il collabora à Avanti ! et au Giornale del Popolo, ainsi qu'à Era nuova et Il Tipografo[1]. Il s'intégra rapidement à la direction syndicale ligure : en octobre, à Sampierdarena, il prit la parole au congrès régional des mutuelles, coopératives et chambres du travail et rédigea la motion en faveur de la Fédération nationale des chambres du travail[1].
En , il fut parmi les meneurs de la grande grève de Gênes et prit la parole lors d'une assemblée au Théâtre Carlo- Felice, le , au nom de la nouvelle commission exécutive, dont il devint premier secrétaire. Bien que mis par la suite en minorité au sein de la section socialiste, Calda continua à occuper une place importante au sein du mouvement socialiste réformiste génois qui présenta, le , à l'assemblée de la section socialiste de Gênes, la proposition de créer un organe de coordination de toutes les associations ouvrières de la région génoise[1]. Cinq associations se sont regroupées pour former un comité provisoire, dont Calda faisait partie ; il organisa le congrès fondateur en de ce qui allait devenir l'Union régionale ligure des associations de travailleurs. Lors du congrès, il proposa la publication d'un organe de presse quotidien intitulé Il Lavoro , qui, remplaçant le périodique Era Nuova, a commencé à paraître à partir du [1].
Fin juin, Calda collabora avec le président du Consortium portuaire afin de défendre les intérêts des dockers au sein de cette organisation, dont il était lui-même un partisan. Il dirigeait la Fédération nationale, basée à Gênes[1]. Parallèlement, lors des élections municipales de , Calda entra au Conseil municipal, poste qu'il perdit après les élections de 1906[1]. Dans le même temps, avec l'influence grandissante de l'aile révolutionnaire du Parti socialiste italien (PSI), les réformistes perdirent le contrôle de la Chambre du travail de la Sampierdarena mais formèrent, dans les mois suivants, une Fédération socialiste autonome dont Calda fut l'un des dirigeants[1]. En , il participa à la réunion de Milan, organisée par Angiolo Cabrini, où les disuctèrent des modalités du congrès fondateur de la Confédération générale du travail (CGdL), qui se tint deux mois plus tard. Lors de ce congrès, Calda représentant le groupe de Gênes, soutint la motion Ettore Reina qui jeta les bases d'une CGdL plus centralisée[1].
Devenu secrétaire de la Confédération du Travail de Gênes, Calda continua son activité syndicale mais, à la suite du congrès de Reggio Emilia, « plaçant sa passion politique au second plan par rapport à sa passion syndicale », Calda démissionna du parti et refuse par la suite de s'occuper de politique électorale pour se concentrer sur le syndicalisme[1].
Ralliement à l'interventionnisme durant la Grande guerre (1914-1918)
Fermement opposé à la politique de neutralité, il plaida, au début de la Première Guerre mondiale, pour l'intervention de l'Italie dans les colonnes d' IlLavoro. En , il rallia définitivement le camp interventionniste et démissionna du secrétariat de la Chambre du Travail en : il démissionna à nouveau en octobre (en même temps que de son poste de conseiller de la CGdL). Trois ans plus tard, il devint vice-président du Fonds de protection sociale des travailleurs, succédant à Leopoldo Torlonia. En 1920, avec l'instauration de l'assurance obligatoire, l'institution fut transformée en Caisse nationale d'assurance sociale, et C. occupa l'une de ses deux vice-présidences (celle des travailleurs). Début 1917, il fut rappelé dans la milice territoriale, affecté à un bataillon stationné à Gênes, en remplacement d'Ancillotti, second secrétaire de la Chambre du Travail, et démissionna de nouveau de son poste de conseiller à la CGdL. Remplaçant alors Angiolo Cabrini, il rejoignit en août le Comité de mobilisation industrielle, présidé par le général Dallolio. Après Caporetto, il se mit à la disposition du général Pellegrini, chef du bureau de propagande, et collabora au journal Resistere.
Dans l'après-guerre (1919-1922)
Dans l'immédiat après-guerre, le mouvement ouvrier lui semblait saisi par un « vent de folie » : confronté aux luttes contre le coût élevé de la vie durant l'été 1919, il déclara que le problème devait être abordé avec « la plus grande solidarité fraternelle ». Le mouvement ouvrier génois avait également évolué : début 1920, la Chambre du Travail se scinda en deux. En juin, Calda démissionna de son poste de secrétaire[1]. Il demeura secrétaire de l'Union nationale des organisations portuaires, fonction qu'il cumula en août avec celle de directeur du Bureau d'assistance technique et de coordination du mouvement ouvrier génois. En , dans le contexte de l'agitation fasciste, Calda entama des démarches pour prévenir le préfet afin d'éviter les squadristes de faire des dégâts à Gênes. Vers la fin de l'année, Calda occupa temporairement le poste de rédacteur en chef d'Il Lavoro avant d'en être nommé peu après directeur par le conseil d'administration[1].
Le rapprochement avec le fascisme (1922-1927)
En janvier 1922, avec l'aide de Giulietti, il bloqua les revendications du syndicat des dockers, dont il demeurait secrétaire ; en juillet, il se déclara contre la grève générale ; en septembre, il fut parmi les premiers à appeler à la rupture du pacte d'unité avec le Parti socialiste[1]. Calda se déclara par la suite en accord sur plusieurs points avec le syndicalistes fascistes notamment que « la production n'est pas le seul produit du travail manuel et qu'il existe donc une solidarité entre les différents facteurs de production socialement utiles »[1].
En pleine consolidation du régime, il participa, en 1927, avec Rinaldo Rigola, Angiolo Cabrini et les membres de la « vieille école confédérale », au lancement de la revue Problemi del Lavoro et de l'Associazione Nazionale Studi - Problemi del Lavoro destinées à contribuer aux débats sur le corporatisme. Par la suite, on l'autorisa à relancer la publication d'Il Lavoro, journal dont Calda continuait de présider le conseil d'administration[1]. Le journal se fit connaître dans les années 1930 pour sa prestigieuse troisième page, fruit de la collaboration de plusieurs intellectuels antifascistes, mais surtout pour l'autonomie dont il bénéficiait, l'exemptant de fait de la publication forcée des tracts habituels imposés par les services de propagande du régime[2].
Décrit comme par le Ministère de l'intérieur comme un « admirateur et fervent partisan de Mussolini », Calda se plaignit malgré tout, entre 1933 et 1935, d'être l'objet d'un harcèlement policier. En mars 1938, il prit la direction d'Il Lavoro, qui continua de paraître jusqu'en 1944. Après 1942, il se retira progressivement de la vie publique[1] et déceda à Gênes en .