Lyon Antifa Fest

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Genrerap
punk
Périodefin de l'année (septembre-décembre)
ScènesLa Rayonne
Lyon Antifa Fest
LAF
Genre rap
punk
Lieu LyonVilleurbanne, Drapeau de la France France
Période fin de l'année (septembre-décembre)
Scènes La Rayonne
Date de création 2013
Organisateurs Culture de Classe
Groupe antifasciste Lyon et environs (GALE)
Site web

Le Lyon Antifa Fest (ou LAF) est un festival de musique antifasciste organisé annuellement à Lyon depuis 2013. Il réunit à la fois des artistes issus de la scène rap et de la scène punk, et est un rendez-vous annuel pour les communautés antifascistes et anarchistes de la région lyonnaise.

Fondé en réaction à la mort de Clément Méric, le festival, organisé par des associations locales et des groupes anarchistes, croît progressivement en nombre de visiteurs. Il rassemble de nombreux artistes au fil du temps, parmi lesquels Médine, Casey, Sinik, L'Allemand, 2L ou encore la Scred Connexion pour la programmation rap ; et Les Ramoneurs de menhirs, René Binamé, Ausgang, J’aurais voulu... ou encore Hors Contrôle dans le milieu punk.

À partir du début des années 2020, le festival est visé par une répression notable des autorités françaises. Les subventions pour la salle où il se produit sont retirées par Laurent Wauquiez, cette décision sera invalidée plus tard ; le collectif anarchiste qui coorganise l'événement est aussi interdit par Gérald Darmanin, et est dans l'impossibilité d'organiser le festival en 2022. En 2025, le festival est interdit par la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, avant que sa décision soit aussi invalidée par la justice française. Les critiques adressées au festival concernent son positionnement assumé à l'extrême-gauche, la critique qui y est faite des institutions policières et le soutien qu'il adresse à la cause palestinienne.

Situation du mouvement antifasciste à Lyon au début du XXIe siècle

Lyon a une histoire marquée par le mouvement anarchiste, la ville est impliquée dans l'essor de la presse anarchiste de 1882 à 1884, et est le lieu d'évènements historiques majeurs comme la première commune insurrectionnelle en 1870 ou l'assassinat de Sadi Carnot en 1894. Elle devient pourtant un bastion de l'extrême droite identitaire lors de la deuxième moitié du XXe siècle, abritant d'anciens membres de l'Action française qui y développeront leur activité militante autour du GRECE (fondé en 1968). Cette abondance y donne naissance, en réaction, à un mouvement antifasciste très actif[1],[2],[3]. Les antifascistes lyonnais croissent en nombre jusqu'à faire de la ville un des pôles principaux de l'antifascisme en France. Ces groupes sont majoritairement à tendance anarchiste, avec une minorité de marxistes-léninistes[3].

Lyon Antifa Fest

Premières éditions (2013-2019)

Dans ce contexte, le Lyon Antifa Fest est créé en 2013[4],[5],[6]. Il s'agit d'une réponse au meurtre de Clément Méric et à l'arrestation de vingt-cinq militants pour s'être battus avec des membres des jeunesses nationalistes et de L'Œuvre française[7]. L'organisation du festival est menée par l'association Culture de Classe et par le Groupe antifasciste Lyon et environs (la GALE), un groupe d'anarchistes central dans les milieux antifascistes lyonnais[3],[6]. Le festival se décrit comme[8]:

un évènement de lutte contre les discriminations et les rapports de domination basés sur l’origine sociale, ethnique, culturelle, religieuse, le sexe/genre et l’orientation sexuelle.

Lors de sa première édition, le Lyon Antifa Fest réunit plusieurs groupes de punk comme Los Tres Puntos, Heyoka et Brixton Cats, pour deux soirées[7]. L'initiative rencontre un certain succès selon les organisateurs, et permet de payer les frais de justice de leurs compagnons incarcérés[7]. L'année suivante cependant la deuxième édition du festival ne rencontre pas le même un succès et fait peser des doutes sur la poursuite de l'événement[7].

La troisième édition du festival se déroule en 2015 et est divisée, pour la première fois, en deux soirées différentes, la première consacrée à la scène rap (Casey, la Scred Connexion et Original Tonio) et la seconde à la scène punk / metal (Black Bomb A, Burnings Head et The Foxy Ladies)[4],[7]. Cette troisième édition est un succès suffisant pour assurer une petite pérennité financière au projet[7]. Les recettes serviront à aider un militant en garde à vue et un lieu militant qui avait été vandalisé. La même année, les organisateurs tiennent aussi un concert de métal en soutien aux réfugiés, avec Napalm Death, Benighted et Whores Nation à l'affiche[7].

Le Lyon Antifa Fest reprend plus tard la formule de deux soirées orientées rap et punk, avec parfois un concert d'annonce avec des groupes de metal, et acquiert le surnom de « LAF »[6]. En 2019, le lieu où doit se dérouler le festival, le CCO de Villeurbanne, est visé par une tentative d'incendie par l'extrême droite[5].

Accroissement de l'audience et répression (2021-2026)

En 2021, une polémique force le Lyon Antifa Fest à changer de salle après la publication d'une vidéo où le groupe Lax & Orginal Tonio fait chanter au public le refrain d'une de ses chansons, dont les paroles sont : « Tous les flics c’est des bâtards », lors de leur concert au festival en 2015[5]. En réponse, le président de la région Auvergne-Rhône Alpes, Laurent Wauquiez, coupe les subventions annuelles de la salle qui acceptait de recevoir l'événement jusqu'à présent, une décision jugée disproportionnée par les organisateurs[5],[9]. Cette décision est contestée en 2025 par le tribunal administratif et la région sera condamnée à une forte amende[10].

L'année suivante, la GALE est dissoute par Gérald Darmanin. L'organisation du festival est une des raisons avancées par les autorités françaises pour justifier cette dissolution[11]. La décision du ministre de l'Intérieur est ensuite annulée par le Conseil d'État pour plusieurs raisons, notamment l'incapacité à démontrer une connexion entre la GALE, soutenant le mouvement des gilets jaunes, et les dégradations commises par le mouvement en soi[12].

Dans ce contexte difficile, le Lyon Antifa Fest est annulé[6],[13],[14]. L'évènement réunissait à l'affiche des groupes comme Les Ramoneurs de menhirs, René Binamé, Ausgang et IRA Rap[15]. Dans leur communiqué, les organisateurs annoncent que l'événement touche à sa fin.

En 2023, dans une situation « électrique », selon le journaliste Pierre Lemerle, le LAF célèbre ses dix ans[6]. Pour l'occasion l'évènement accueille pour la première fois l'artiste Médine[6]. Le festival s'associe à la semaine antifasciste, ayant lieu en même temps à Lyon, et un seul concert aura lieu dans la salle La Rayonne[16]. Cette édition dénonce le génocide des Palestiniens, commencé un mois plus tôt par l'état d'Israël dans la bande de Gaza[6],[17],[18].

En 2025, le festival est visé par l'élue d'extrême droite Tiffany Joncour, qui critique le positionnement « ouvertement antifasciste » de l'événement, et appelle à son interdiction[19].

Cette demande est suivie par la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, qui dépose un arrêté la veille de la tenue du festival, avançant un risque de trouble à l'ordre public et citant les paroles de certains groupes jugées susceptibles d'inciter à la violence, envers la police notamment. Cet arrêté est annulé par la justice quelques heures avant le début de l'événement[20],[21]. Dans sa synthèse de sa décision de justice, le tribunal soutient que[21] :

Le juge note que le Lyon Antifa Fest est organisé depuis 2013 sans qu’aucun trouble particulier n’ait été constaté lors des précédentes éditions. Il indique que la préfète ne démontre pas que l’édition 2025 pourrait faire craindre qu’il en aille autrement lors des concerts en cause.

Les organisateurs sont tout de même contraints de déprogrammer le rappeur Da Uzi, par précaution financière, qui sera remplacé au dernier moment par la rappeuse 2L.

La ville de Lyon interdit également la tenue d'une conférence de l'activiste palestinien Salah Hamouri, en marge du festival durant la semaine antifasciste[22],[19].

Programmation

Articles connexes

Références

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