Antifascisme à Lyon

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Manifestation antifasciste en 2021 à Lyon.

L'antifascisme à Lyon désigne l'ensemble des mobilisations, organisations et pratiques militantes qui s'opposent, dans l'agglomération lyonnaise, aux mouvements et idéologies d'extrême droite, du fascisme et du nazisme jusqu'aux courants identitaires contemporains.

Dès les années 1930, Lyon constitue un foyer de résistance à la montée du nazisme, avant de devenir durant la Seconde Guerre mondiale l'un des principaux centres de la Résistance française. La lutte antifasciste prend une nouvelle forme dans le contexte de Mai 68, puis dans les années 1970 au sein des milieux libertaires, structurés autour de librairies et de collectifs issus de l'après-68, et à l'université Lyon-III face à la présence d'enseignants proches de la Nouvelle Droite.

Les premières percées électorales du Front national dans les années 1980 conduisent à la formation de nouveaux collectifs, dont le réseau SCALP, actif pendant près de huit ans, suivi dans les années 1990 par le réseau No Pasaran. Sur le terrain universitaire, l'association Hippocampe mène de 1993 à 1999 une bataille contre l'Institut d'études indo-européennes de Lyon-III, qu'elle obtient de faire dissoudre.

Depuis les années 2010, face à l'essor des mouvements identitaires, la mouvance antifasciste se recompose autour de plusieurs pôles aux orientations divergentes sur l'usage de la violence et le rapport aux institutions, notamment le Collectif de vigilance 69, le Groupe antifasciste Lyon et environs (GALE) et la Jeune garde.

De la montée du nazisme à la Seconde Guerre mondiale

À Lyon, la montée du nazisme après provoque de vives tensions politiques. La crise du 6 février 1934, perçue comme une tentative de coup de force factieux contre la République, suscite une réaction populaire massive, la grève générale du réunissant des milliers de manifestants à Lyon et Villeurbanne dans un élan commun aux militants cégétistes, communistes et socialistes[1].

Dans les mois suivants, des comités de vigilance et des organisations antifascistes se structurent localement, et le grand rassemblement du réunit quelque trente mille antifascistes dans les rues de Lyon. Des voix discordantes subsistent néanmoins, notamment autour de Léon Émery, qui défend un pacifisme intégral le conduisant à minimiser la menace hitlérienne et à assimiler toute mobilisation antifasciste à une nouvelle union sacrée belliciste[1].

La ville est l'un des principaux foyers de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale, mais également un repaire de la collaboration[2].

Mai 68 et les années 1970

Durant les événements de Mai 68, la mobilisation antifasciste se manifeste à Lyon sur les campus universitaires. Face aux tentatives des groupes néofascistes, notamment le mouvement Occident, de reprendre le contrôle des facultés occupées par les grévistes, des militants d'extrême gauche organisent une résistance physique. L'affrontement le plus important se produit à la faculté de lettres, où des étudiants progressistes repoussent un assaut mené par 150 militants d'extrême droite équipés de casques et de gourdins[3].

Dans les années 1970, la lutte antifasciste lyonnaise est portée principalement par les milieux libertaires, structurés autour de plusieurs librairies, revues et collectifs militants issus de l'après-Mai 68. La Coordination libertaire de Lyon, à l'origine notamment de la librairie La Gryffe fondée en 1978 dans le quartier de La Guillotière, constitue l'un des pôles de cette nébuleuse. À cette période, une partie du mouvement anarchiste lyonnais reste cependant réticente à faire de l'antifascisme une priorité politique en soi, considérant le fascisme comme le versant extrême d'un système capitaliste et étatique contre lequel l'ensemble du spectre politique doit être combattu[3].

C'est également durant cette décennie que l'université Lyon-III, récemment créée à la suite de la scission de 1973, voit s'installer en son sein plusieurs enseignants proches de la Nouvelle Droite, dont Pierre Vial, ancien responsable lyonnais de la Fédération des étudiants nationalistes, et que se développent les premières mobilisations étudiantes contre leur présence, notamment au sein de la faculté de lettres avec l'association Incidences[3].

Années 1980

Les années 1980 marquent un tournant dans la lutte antifasciste lyonnaise, avec le retour en force de l'extrême droite sur la scène politique française avec les premiers succès électoraux du Front national. Ce contexte national pousse les milieux libertaires locaux, jusqu'alors réticents à faire de l'antifascisme une priorité, à reconsidérer leur positionnement. En 1985, un premier collectif lyonnais centré sur cet objectif voit le jour sous le nom d'Urgence contre l'extrême droite. Il fédère au-delà des clivages traditionnels de la gauche[3].

La même décennie est marquée par la montée en puissance du réseau Section carrément anti-Le Pen (SCALP), qui rassemble à Lyon étudiants, punks, militants anarchistes et communistes autour d'un antifascisme radical, sans cadre institutionnel, opposé tout à la fois à l'extrême droite et aux politiques sécuritaires et antisociales jugées responsables de sa progression. Sur le terrain universitaire, les affaires de négationnisme se multiplient à Lyon-II puis à Lyon-III, ce qui engendre des mobilisations étudiantes et associatives. C'est également durant cette période que l'université Lyon-III voit se consolider la présence d'enseignants proches du Front national au sein de son Institut d'études indo-européennes, fondé en 1982, contre lequel s'organisent les premières résistances militantes[3].

Années 1990

Durant les années 1990, le réseau SCALP, actif pendant près de huit ans, laisse place à la création du réseau national No Pasaran, qui fédère une trentaine de groupes locaux autour d'une conception élargie de la lutte antifasciste, articulant opposition à l'extrême droite, anticapitalisme et construction d'alternatives politiques locales. Sur le terrain universitaire, la fondation d'Hippocampe en 1993 à Lyon-III ouvre une décennie de mobilisations contre la présence de l'extrême droite intellectuelle au sein de l'établissement, et aboutit à la dissolution de l'Institut d'études indo-européennes en 1999[3].

Affaiblissement du mouvement dans les années 2000

Le réseau No Pasaran se dissout vers la fin des années 1990, ce qui affaiblit la mouvance antifasciste locale dans les années 2000, tandis que le paysage de l'extrême droite lyonnaise voit la multiplication de structures et l'émergence des mouvements identitaires, dérivés de la Nouvelle Droite, qui déplacent le combat sur le terrain culturel en privilégiant un patriotisme régional, national et européen[3].

Recomposition face à la résurgence de l'extrême droite depuis 2010

Durant les années 2010, face à l'expansion de l'extrême droite identitaire[3], le mouvement antifasciste se structure autour de plusieurs entités aux orientations divergentes. Ces pôles peinent à agir de concert, en raison de divergences profondes sur l'usage de la violence, le rapport aux institutions et la hiérarchisation des luttes[4].

Le Collectif 69 de vigilance contre l'extrême droite (CV69), fondé en 2010, rassemble une trentaine d'organisations, des syndicats aux associations féministes. Cependant, le collectif connaît à partir de 2012 des tensions entre ses composantes issues du Parti socialiste et ses éléments plus radicaux, ce qui conduit à son affaiblissement. En 2013 émerge le Groupe antifasciste Lyon et environs (GALE), fondé dans le sillage de la mort du militant Clément Méric, qui défend un antifascisme autonome et insurrectionnaliste, refusant tout recours aux institutions. En 2018 naît la Jeune garde, qui adopte au contraire une stratégie d'exposition publique et de coordination avec d'autres organisations de gauche. Elle relance une dynamique unitaire sous la forme du collectif Fermons les locaux fascistes[3].

Cette période est marquée par de nombreuses agressions de militants de gauche, féministes et LGBTI+ par des groupes d'extrême droite, ainsi que par la fermeture en 2018 du local du Bastion social, obtenue par la mobilisation conjointe des antifascistes et de la municipalité[3].

Durant les années 2020, la ville est le théâtre d'affrontements récurrents entre groupuscules d'extrême droite radicale et militants antifascistes[2],[5]. En , une manifestation antifasciste réunit plus de 2 000 personnes à Lyon, rassemblant syndicats et partis de gauche aux côtés de mouvements plus jeunes[2]. En , une rixe opposant des militants d'extrême droite et d'extrême gauche entraîne la mort de Quentin Deranque, étudiant de 23 ans qui participait, selon le Collectif Némésis, à son service d'ordre lors d'un événement. À la suite de cet affrontement, neuf personnes sont interpellées, dont l'attaché parlementaire du député Raphaël Arnault (issu de la Jeune garde), Jacques-Elie Favrot[6].

Acteurs de la mouvance

Réseau SCALP / No Pasaran

Fondé à partir d'une manifestation contre la venue de Jean-Marie Le Pen à Toulouse en 1984, le réseau SCALP rassemble à Lyon pendant près de huit ans étudiants, punks, immigrés, anarchistes et communistes autour d'un antifascisme radical sans cadre institutionnel. Outre la lutte contre l'extrême droite, le réseau s'oppose aux politiques sécuritaires et défend les luttes de l'immigration, considérant que le système libéral porte une responsabilité dans la montée du Front national. Sur le terrain, ses militants affrontent notamment les skinheads d'extrême droite présents dans le quartier de Perrache[3].

À l'issue de son activité, le SCALP contribue à la création du réseau national No Pasaran, qui fédère une trentaine de groupes locaux autour de la lutte contre « toutes les formes de domination » et de la construction d'alternatives politiques locales, combinant un travail d'information sur l'extrême droite, une présence physique pour ne pas lui laisser la rue et une coordination avec d'autres groupes antifascistes à l'étranger. Selon plusieurs militants lyonnais de l'époque, le réseau SCALP / No Pasaran a contribué à renouveler l'antifascisme et à en refaire une lutte politique à part entière, tandis que le Parti socialiste était accusé de favoriser indirectement la montée du Front national. Le réseau ne passe cependant pas le nouveau millénaire, et laisse un vide organisationnel dans le paysage antifasciste lyonnais au tournant des années 2000[3].

Hippocampe

L'université Lyon-III.

Fondée en 1993 à l'université Lyon-III par un groupe d'étudiants, l'association Hippocampe mène pendant près de quinze ans une bataille contre la présence de l'extrême droite au sein de l'établissement. Son action repose sur la dénonciation publique des enseignants affiliés à la Nouvelle Droite et au Front national, et l'organisation de conférences pédagogiques avec des historiens, des résistants et des juristes. Elle s'attache en particulier à obtenir la fermeture de l'Institut d'études indo-européennes, laboratoire aux thèses racialistes hébergé au sein de l'université, qui finit par annoncer sa propre dissolution en 1999 sous la pression conjuguée d'Hippocampe, de l'UNEF-ID et de l'Union des étudiants juifs de France, à la veille de la publication d'un rapport commandé par l'Éducation nationale. Tout au long de son existence, l'association fait face à des représailles violentes — menaces, saccages de locaux, agressions physiques de ses membres — ainsi qu'à l'inertie de la direction de l'université. Après près de 15 ans d'activité, l'association devient inactive. Ses archives sont aujourd'hui conservées au Centre d'histoire de la résistance et de la déportation de Lyon[3].

Coordination des groupes anarchistes / Union communiste libertaire

Logo de l'UCL.

La Coordination des groupes anarchistes (CGA) occupe une position intermédiaire entre radicalité et institutionnalisme, privilégiant une stratégie défensive et unitaire. Son groupe lyonnais est en 2017 le plus important de France avec une trentaine d'adhérents[4]. La CGA fusionne avec Alternative libertaire en pour former l'Union communiste libertaire (UCL). L'UCL a pour ambition de moderniser la lutte révolutionnaire en intégrant davantage les luttes féministes, antiracistes, LGBTI+ et écologistes qui mobilisent une partie de la jeunesse. Sur le terrain antifasciste, elle participe au collectif Fermons les locaux fascistes aux côtés de la Jeune garde et d'autres organisations de gauche, et assure la gestion de la librairie anarchiste La Plume noire, régulièrement prise pour cible par l'extrême droite lyonnaise[3].

Organisations syndicales

L'union syndicale Solidaires et la Confédération nationale du travail (CNT) comptent parmi les organisations les plus impliquées dans la lutte antifasciste à Lyon, certains de leurs militants assumant des mandats spécifiques sur les questions antifascistes. La CNT, dont le local de la Croix-Rousse a lui-même été attaqué par l'extrême droite, participe au collectif Fermons les locaux fascistes aux côtés de la Jeune Garde et de l'UCL[3].

Milieux féministes et LGBTI+

Les milieux féministes et LGBTI+ lyonnais constituent depuis plusieurs décennies un acteur à part entière de la lutte antifasciste locale. Le Planning familial du Rhône, régulièrement pris pour cible par des opposants à la contraception et à l'avortement, forme ses militantes au service d'ordre et participe aux coordinations antifascistes. Le groupe Lesbiennes contre le patriarcat défend un antifascisme qui refuse les codes virilistes, et alerte sur la récupération des luttes féministes par des collectifs identitaires comme Némésis, qui instrumentalisent le féminisme à des fins xénophobes. En 2021, un rassemblement de Lesbiennes contre le patriarcat place Louis-Pradel est assailli par une cinquantaine de militants d'extrême droite[3].

Groupes autonomes affinitaires

Des groupes autonomes affinitaires, discrets par principe, sont actifs notamment sur les Pentes de la Croix-Rousse au début des années 2010, notamment Antifa action Lyon, Riposte antifasciste autonome et libertaire et Les Voraces. Ils mènent des actions contre les groupes d'extrême droite et collectent des informations sur leurs militants, avant de disparaître pour la plupart en 2013, leur nature affinitaire rendant le renouvellement générationnel difficile[3],[4].

Collectif de vigilance 69

Le Collectif de vigilance 69 contre l'extrême droite (CV69), créé en 2010, rassemble à ses débuts jusqu'à une trentaine d'organisations allant de l'extrême gauche à la social-démocratie[3],[4]. Dans son texte fondateur, il appelle à « une riposte antifasciste unitaire » et établit un lien explicite entre les violences de l'extrême droite et la normalisation des discours racistes, islamophobes et homophobes dans le débat public. Le collectif mène plusieurs actions significatives, parmi lesquelles l'obtention de l'annulation d'une manifestation islamophobe du groupe Rebeyne (branche locale de Génération identitaire) et la fermeture d'un local néonazi à Gerland, et parvient à rassembler plusieurs milliers de personnes lors de manifestations contre l'extrême droite[3].

À partir de 2012, le collectif voit se développer des tensions internes en son sein, le Parti socialiste, alors à la tête de la municipalité lyonnaise, refusant d'intégrer dans les communiqués unitaires des termes comme « racisme d'État » ou « islamophobie »[3]. Le CV69 entre en hibernation à la suite de la manifestation organisée contre le congrès du Front national de , au cours de laquelle des vitrines de banques de la Guillotière sont brisées dès le départ du cortège et plusieurs charges de police empêchent celui-ci d'atteindre son terminus[4].

À partir de l'hiver 2016-2017, la réimplantation du Groupe union défense dans le 5e arrondissement et les attaques contre la librairie La Plume noire et la Maison des passages, lieu culturel associatif, conduisent à une tentative de réactivation du CV69, qui publie une cartographie de l'extrême droite lyonnaise, mais ne rassemble plus qu'une poignée d'organisations[4].

Groupe antifasciste Lyon et environs

Logo de la Gale.

Le Groupe antifasciste Lyon et environs, fondé en à la suite de la mort de Clément Méric, revendique une cinquantaine de membres en 2017 et défend une ligne anarchiste et insurrectionnaliste[4]. Le collectif refuse tout recours aux institutions judiciaires et policières, qu'il considère comme des piliers du système capitaliste qui serait producteur du fascisme. Son action combine un travail de veille et de fichage de la nébuleuse d'extrême droite et une confrontation directe avec les groupes fascistes, parfois violente, revendiquée comme une forme d'autodéfense populaire légitime. Affilié au réseau international Action antifasciste, le collectif participe également à des actions sociales dans le quartier de la Guillotière, notamment l'ouverture de squats pour loger des personnes exilées[3].

En 2021, sept de ses membres sont poursuivis en justice après un affrontement place Bellecour avec des militants de Civitas en marge d'une manifestation antipasse sanitaire[2],[3], quatre d'entre eux étant placés en détention provisoire avant d'être finalement relaxés des principales accusations. L'année suivante, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin demande la dissolution du collectif sur le fondement d'une loi de 1936 initialement dirigée contre les ligues fascistes, mais le Conseil d'État annule cette procédure, estimant que rien ne prouve que les actes reprochés soient le fait de ses membres[3]. Le GALE est finalement dissous par le Conseil d'État en 2023, qui juge que cette action est adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des troubles susceptibles d'être portés à l'ordre public.

Jeune garde

Raphaël Arnault, à Paris en 2025.

La Jeune garde est fondée en par des militants parmi lesquels Raphaël Arnault en réponse aux actions du Bastion social[2],[3]. Elle s'impose comme le principal collectif antifasciste de la ville[5].

Elle tire son nom des Jeunes gardes socialistes et communistes des années 1930, qui assuraient le service d'ordre des partis de gauche face aux ligues d'extrême droite. Elle se démarque de l'antifascisme autonome du GALE, qu'elle juge responsable d'une dépopularisation de la lutte antifasciste, et privilégie l'exposition publique et la coordination avec d'autres forces de gauche, relançant une dynamique unitaire sous la forme du collectif Fermons les locaux fascistes, qui rassemble notamment La France insoumise, le Parti communiste français, le Nouveau parti anticapitaliste, l'UCL, Solidaires et la Confédération nationale du travail. Elle mêle pratiques héritées de l'antifascisme de terrain, tractage sur la voie publique, présence médiatique et participation aux échéances électorales. Le collectif est cependant la cible de violences répétées de la part de l'extrême droite, son porte-parole Raphaël Arnault ayant notamment été victime d'un guet-apens tendu par des néonazis des Zouaves Paris à la gare de Lyon en 2021. Certains de ses membres sont par ailleurs partis combattre au Rojava, en Syrie, contre les forces de l'État islamique[3]. Arnault est élu député en 2024[7].

Le , Lyon populaire, collectif d'ultradroite issu de la dissolution du Bastion social en 2019, et la Jeune garde sont dissous le même jour par le gouvernement, ce dernier reprochant au collectif antifasciste d'avoir « provoqué des agissements violents » en soutien d'un discours idéologique, notamment lors d'une rixe en et d'une agression ciblée en contre des militants nationalistes[5].

En , la Jeune garde est remplacée par un nouveau mouvement nommé Génération antifasciste : éteignons la flamme. Raphaël Arnault et Jean-Luc Mélenchon sont présents au lancement officiel de sa campagne[7].

Débats internes à la mouvance

Articles connexes

Références

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