Magdalena Abakanowicz

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Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
VarsovieVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Abakanovitchi, MagudarēnaVoir et modifier les données sur Wikidata

Marta Magdalena Abakanowicz-Kosmowska, née le à Falenty près de Varsovie en Pologne et morte le à Varsovie, est une sculptrice et artiste textile polonaise d'avant-garde.

Enfance et contexte politique (1930-1947)

Magdalena Abakanowicz naît le , à Falenty près de Varsovie (Pologne)[1],[2]. Elle est issue d'une grande famille d’origine tatare de l’aristocratie russe, propriétaires terriens exilés en Pologne depuis la Révolution de 1917[3],[4]. La guerre marque son enfance et la résout à devenir artiste. En effet la Seconde Guerre mondiale débute en 1939, la Pologne se faisant envahir par l'Allemagne et l'Union soviétique (URSS). Après la capitulation allemande en 1945, la Pologne devient un État communiste lié à l'URSSS deux ans plus tard[4].

Formation et débuts (1948-1959)

Elle débute sa formation artistique à l'école secondaire d'arts plastiques de Gdynia en 1949 et étudie le tissage l'année suivant à l'École supérieure d'État des beaux-arts de Gdańsk[4]. Elle se forme ensuite à la peinture et au tissage à l'Académie des beaux-arts de Varsovie entre 1950 et 1954 où elle rencontre l'ingénieur Jean Kosmowski, qu'elle épouse en 1956[4],[5]. Elle travaille ensuite pour l'usine de soie naturelle de Milanówek en Pologne et pour la coopérative des artistes de Ład. Elle est décoratrice d'intérieur mais s'intéresse plutôt au tissage[5],[6].

Reconnaissance internationale et Abakans (1960-années 1970)

Magdalena Abakanowicz réalise à la galerie Kordegarda à Varsovie en 1960 une première exposition personnelle de grandes gouaches sur papier et quelques tissages qui sera interdite par les autorités pour cause de formalisme[4],[7]. L'artiste tisserande Maria Łaszkiewicz l'invite dans son « atelier expérimental »[4]. Sa reherche artistique en tissage puise dans le constructivisme et l'art informel de l'avant-garde polonaise. Elle créé ainsi des peintures sur toile, des dessins industriels et des créations graphiques, et expose ses compositions dans des biennales d'art internationales[6].

La technique de tissage qu'elle met en place en usant de divers matériaux et la rupture qu'elle instaure avec la planéité, du relief à la sculpture, portent sa carrière à l'internationale[5]. En 1962, elle est invitée à la Ire Biennale internationale de la tapisserie de Lausanne (Suisse) pour représenter la Pologne avec Composition de formes blanche, une pièce tissée très librement[6],[7]. Le créateur de la biennale, Jean Lurçat espère ainsi provoquer le milieu de la tapisserie dominé par la tradition française du « beau tissu »[7]. C'est une véritable révolution pour la discipline et la Nouvelle tapisserie des années 1960[5],[6]. Les spectateurs sont étonnés par sa technique de tissage à l'échelle 1:1 réalisé sans l'aide d'un carton, mais aussi par son style et l'emploi des matériaux[6]. En 1962 elle réalise aussi un voyage en France pour étudier dans les ateliers d'Aubusson, notamment l'atelier Tabard qui tisse Construction[8] et une exposition personnelle à la galerie Dautzenberg à Paris[4].

Abakanowicz présente Desdemona à la 2e édition de la Biennale internationale de la tapisserie en 1965. Tout comme les autres œuvres des artistes polonais, elle va provoquer un débat opposant les partisans d'une tapisserie traditionnelle aux créateurs originaires d'Europe centrale et orientale assumant une liberté artistique complète. Cette même année, Abakanowicz obtient une Médaille d'or dans la catégorie des arts appliqués à la 8e Biennale d'art de São Paulo, et accède à une reconnaissance tant critique que publique[6],[7].

Ses créations textiles sont baptisées Abakans, terme qui apparait en 1964.

C’est en 1965 qu’elle crée sa première grande sculpture en acier pour la 1re Biennale des formes spatiales à Elbląg en Pologne[9]. Entre 1965 et 1990, Magdalena Abakanowicz enseigne à l'École nationale supérieure des arts plastiques de Poznań[10], elle devient professeure en 1979[5]. Sa première exposition personnelle, comprenant des « pièces en reliefs et assemblages », a lieu en 1967, à la galerie de Alice Pauli à Lausanne. Dix autres suivront jusqu'en 1985[6].

Figuration (années 1970)

Entre 1970-1979, elle crée les Altérations, ensemble de sculptures et se met à l'écriture en écrivant des textes métaphoriques sur le cerveau, la mythologie et la religion. Elle commence à travailler sur des matériaux basiques, tels que le bois, la pierre, la céramique et débute les dessins au fusain.[réf. nécessaire]

En 1980, elle réalise Embryologie pour la Biennale de Venise. Deux ans plus tard, elle expose à la galerie Jeanne Bucher à Paris. En 1987, elle écrit avec Pierre Restany le livre Katarsis[11] et en 1988 réalise pour les Jeux Olympiques de Séoul 10 têtes d'animaux en bronze. Le Walker Art Center de Minneapolis lui commande en 1991 l'installation La Foule.[réf. souhaitée]

Invitée par la Mairie de Paris sur un projet de prolongement de l'axe de la Défense, elle propose Architecture arborescente constituée d'arbres-immeubles de 25 étages[5].

Elle créé à Varsovie en 2007 avec son mari la Fondation Marta Magdalena Abakanowicz-Kosmowska et Jan Kosmowski[4].

Mort

Magdalena Abakanowicz meurt le à Varsovie[2].

Œuvre

Démarche artistique

Citadelle de Poznań

Témoin de la guerre, elle en transmettra dans ses sculptures la mémoire et l'impact sur les corps et les esprits par un "langage sans mot".[réf. nécessaire]

L'approche de Magdalena Abakanowicz, utilisant des matériaux et des procédés novateurs suscite une certaine polémique. En 1966, les Abakans constituent son réel début en sculpture et, dès la fin des années 1980, elle se consacre particulièrement aux sculptures monumentales s'inspirant du monde organique et se basant sur la vie animale et végétale[12].

Magdalena Abakanowicz emploie des matériaux simples, comme le bois, la céramique, le verre, la toile de jute ou la pierre. Elle n'a pas simplement sculpté ; elle s'est également intéressée à la peinture et à l'architecture.[réf. souhaitée]

Elle transforme la signification usuelle de la sculpture ; le simple objet devient opportunité d’expérience. Ainsi, elle construit des espaces à contempler ; désirant que le spectateur « entre » dans le travail artistique, à l’intérieur de l’imagination de l’artiste et qu’il soit confronté avec la sagesse de la nature ; étant convaincue que chacun possède la sensibilité et l’intuition nécessaires mais qu’elles sont souvent érodées par l’influence de la civilisation[13].

« Mon intention est d’étendre les possibilités de contact de l’homme avec l’œuvre d’art par le toucher et l’enveloppement (…), je voulais imposer un rythme plus lent sur l’environnement comme un contraste à l’immédiateté et à la rapidité de notre environnement urbain »[14]

Œuvres principales

  • Abacanes (années 1960), formes tridimensionnelles mariant voile, toile et grillage métallique
  • Têtes (années 1975), corps sans visage[1].
  • Personnages assis (1975), sont douze silhouettes humaines assises. Elles sont creuses et ont été réalisées avec des toiles de jute et de la résine synthétique[1].
  • Dos (années 1980), moulages de corps humains en sisal, jute et résine, symbolisant des enveloppes vides sans individualités
  • Catharis (1985)[1] est constituée de trente trois troncs humains coulés en bronze pour la Fondation Guliano Gori de Florence.
  • Foules (années 1980-90), ensemble de formes hiératiques en bronze pour des installations en plein air
  • Jasnal, Gruby (2005), Winged Figure(2006) et Gawaine (2006-2007) abordent une approche plus onirique de son travail de sculptrice[14]

Expositions personnelles

De son vivant

Posthumes

Présence dans des collections publiques

Prix et distinctions

Notes et références

Annexes

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