famille noble italienne
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La famille Carafa, ou Caraffa, est une illustre famille de la haute noblesse italienne, originaire de Naples, branche de la famille Caracciolo. Divisée en plusieurs branches au cours du temps, dont les principales sont les Carafa della Stadera et les Carafa della Spina.
Les Carafa apparaissent à Naples au XIIesiècle et sont une branche de l'illustre famille Caracciolo, remontant au Xesiècle et elle-même l'une des plus puissantes familles de ce qui est alors le royaume de Sicile[2]. Le premier membre connu de la famille est un certain Gregorio Caracciolo (déjà cité en 1186), appartenant à la branche des Caracciolo-Rossi, dont le fils Tommaso se faisait appeler «de Caraffa» comme en témoigne un document daté de 1269[3]. C'est un peu plus tard au XIVème siècle, que Bartolomeo Carafa, décédé en 1362, consolida la place de la famille dans le royaume de Naples[1].
Le patronyme «Carafa» est lié à une taxe sur le vin que cette branche de la famille Caracciolo était chargée de percevoir au XIIIesiècle à Naples et qui était connue comme campione della Caraffa («échantillon de la carafe»)[4].
La famille Carafa, notamment la branche della Stadera, est devenue extrêmement influente et puissante quand l'un de ses membres Gian Pietro Carafa a été élu pape en 1555 sous le nom de Paul IV. Il faut noter qu'à cette époque, le pape était le père de l'Eglise catholique et donc tout-puissant sur les aspects religieux, comme il l'est toujours aujourd'hui d'ailleurs. Mais contrairement à aujourd'hui, le pape était, aussi de manière effective le souverain des Etats pontificaux, territoires stratégiques d'Italie. Cela conférait au pape une place centrale en Europe, que ce soit en temps de paix ou de guerre. De plus, dans le cas du pape Paul IV, ce dernier était réputé, plus que presque tous ses prédécesseurs, pour être népotique. Cela signifie que Gian Pietro Carafa quand il était pape, avait tendance à toujours favoriser les membres de sa famille. Ces pratiques, mal acceptées par beaucoup de catholiques, a permis à Carlo Carafa, pourtant pas religieux et à Alfonso Carafa de devenir cardinaux. Le frère de Carlo, Giovanni Carafa est devenu, lui, Capitaine général de l'Eglise, tout-puissant prince au service de l'Eglise, donc en l'espèce de son oncle, Paul IV. Ce népotisme et leur vénalité a toutefois conduit Carlo, Alfonso et Giovanni à leur perte mais pas la famille Carafa, bien au contraire. Ils furent tous les trois condamnés par l'Eglise, quand le pape Pie IV est arrivé au pouvoir. Carlo a été condamné à mort (il a finalement été étranglé en prison), Giovanni eut la tête tranchée car il était accusé d'avoir assassiné sa femme enceinte et Alfonso fut soumis à une amende de 100 000 écus. Ils furent toutefois réintégrés dans leurs honneurs et titres par Pie V[5],[6],[7]
Encore dans la branche des Carafa della Stadera, un fait a marqué toute l'Europe, à la fin du XVIesiècle, lorsque Carlo Gesualdo, prince de Venosa, surprend le jeune Fabrizio II, duc d'Andria en flagrant délit d'adultère avec sa femme, la belle Maria d'Avalos, et les assassine tous deux dans la nuit du 16 au [8]. Cette «affaire Gesualdo» est considérée comme le crime du siècle[9], qui établit définitivement la réputation du futur compositeur de madrigaux par «l'extraordinaire publicité» qui entoura son geste[10].
Marzio IV Carafa, duc de Maddaloni, musicien amateur, fut l'un des protecteurs du célèbre compositeur Giovanni Battista Pergolesi. Il le nomma son maître de chapelle[11], l'introduisit à Rome et lui commanda notamment sa Messe en fa majeur, exécutée en grande pompe dans la Cité éternelle en 1734[12].
Branche Carafa della Spina
Le fondateur de la branche Carafa della Spina était Andrea, parent de la reine Jeanne Ière qui suivit Charles III dans la guerre de Hongrie. Les représentants de la famille occupèrent les plus hautes fonctions dans les domaines civil, militaire et ecclésiastique jusqu'à atteindre le trône papal.
Dans la branche della Spina, plusieurs membres ont porté des titres de prince.
Il y a notamment eu les princes de Rocella dont le premier est Fabrizio I Carafa, aussi prince du Saint-Empire romain et comte palatin. Le titre existe encore et est aujourd'hui porté par Grégorio Carafa Cantelmo Stuart né en 1945[13].
Dans la branche della Stadera, plusieurs membres ont porté des titres de prince.
Il y a notamment eu le titre de prince d'Anzi, titre porté uniquement par Ottavio Carafa jusqu'en 1634; titre de prince d'Avella apparu en 1709 et disparu en 1780 avec Carlo Malizia Carafa; le titre de prince de Belvedere apparu en 1634 et disparu en 1871 avec Giulia Carafa; le titre de prince de Chiusano apparu en 1637 et disparu en 1742 avec Tiberio Carafa; le titre de prince de Pietrelcina porté uniquement par Francesco Carafa mort en 1769; le titre de prince de Sepino apparu en 1627 avec Francesco Carafa et disparu en 1656 avec Delizia Carafa; le titre de prince de Stigliano apparu en 1522 Antonio I Carafa della Stadera et disparu en 1644 avec Anna Carafa[14],[1].
Notons les titres suivants: duc d'Andria apparu en 1556 et toujours porté par Riccardo Carafa né en 1937; duc d'Ariano apparu en 1496 et disparu en 1528; duc de Campolieto apparu en 1608 et disparu en 1691; duc de Campora apparu en 1659 et disparu en 1768; duc de Cancellera disparu en 1682; duc de Castelnuovo apparu en 1630 et disparu en 1674; duc de Cercemaggiore apparu en 1599 et disparu avant 1616; duc de Chiusa apparu en 1738 et disparu en 1772; duc de Forlì apparu en 1625 et disparu en 1804; duc de Frosolone apparu en 1658 et disparu en 1717; duc de Jelsi apparu en 1606 et disparu en 1768; duc de Laurino apparu en 1591 et disparu en 1704; duc de Maddaloni apparu en 1558 et disparu en 1829; duc de Maiera apparu en 1667 et disparu à la fin du XVIIIè siècle; duc de Montenero apparu en 1688 et disparu en 1764; duc de Nocera apparu en 1521 et disparu en 1648; duc de Noja apparu en 1600 et disparu en 1886[1].
Armes
Armoiries des Carafa della SpinaArmes des Carafa.
Les armes des Carafa se blasonnent ainsi: de gueules aux trois fasces d'argent. Les Carafa della Spina arborent en plus une épine (Spina en italien) en bande sur le blason familial[15].
Diomede Ier Carafa (né à Naples en 1406 et mort à Naples en 1487), comte de Maddaloni, homme politique, militaire et humaniste.
Oliviero Carafa (né à Torre del Greco, le , et mort à Rome, le ), cardinal, archevêque de Naples, doyen du collège des cardinaux, protecteur de l'ordre dominicain, grand mécène de la Renaissance, oncle et mentor du pape Paul IV.
Carlo Carafa (né le et mort le ), cardinal puis duc de Paliano. Exécuté par strangulation sous Pie IV.Monument en l'honneur de Gregorio Carafa, grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, sur la façade de l'auberge d'Italie à La Valette.
Giovanni Carafa, duc de Paliano, frère de Carlo Carafa, neveu de Paul IV, exécuté sous Pie IV.
Antonio Carafa (né en 1538, mort le ), cardinal et neveu de Paul IV.
Alfonso Carafa (né en 1540, mort en 1565), fils d'Antonio Carafa, marquis de Montebello, cardinal et archevêque de Naples.
Gaetano Moroni, Dizionario di erudizione Storico - Ecclesiastica, Vol. IX , Venise, Tipografia Emiliana, 1841.
Benedetto Minichini, Del cognome e dello scudo dei Carafa, Nobili Napoletani , Naples, Stabilimento tipografico del Cav. Gaetano Nobile, 1860.
Berardo Candida-Gonzaga, Memorie delle famiglie nobili delle province meridionali d'Italia, G. de Angelis, 1883.
Tullio Torriani, Una tragedia nel cinquecento romano: Paolo IV e i suoi nepoti , Roma, Fratelli Palombi, 1951.
Donata Chiomenti Vassalli, Paolo IV e il processo Carafa: un caso d'ingiusta giustizia nel cinquecento, Milan, Mursia, 1993.
Volker Reinhardt, Le grandi famiglie italiane, Vicence, Neri Pozzi, 1996.
Luigi Perego Salvioni, Collezione di carte pubbliche, proclami, editti, ragionamenti ed altre produzioni tendenti a consolidare la rigenerata Repubblica Romana, 1798.
Album biografico di Roma, Rome, Pallotta, 1875
Angelo de Gubernatis, Dictionnaire International des écrivains du monde latin , Florence, Società Tipografica Fiorentina, 1905.