Maison des médias libres
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La Maison des médias libres est un projet immobilier destiné à héberger des médias indépendants français de gauche dans un même bâtiment à Paris, aux loyers modérés pour garantir leur autonomie face aux pressions économiques[1]. Le projet est financé essentiellement par l’homme d’affaires et mécène Olivier Legrain.
En 2018 quatre-vingts structures, dont une soixantaine de médias, s'associent pour candidater à l'appel à projets « Réinventer Paris » et reprendre un bâtiment situé boulevard de Charonne, dans le 11e arrondissement. Leur projet prévoit notamment des espaces de débats pour animer « un lieu public de rencontre et d’échange, d’exposition et de formation autour du journalisme ». Mais en le projet n'est pas retenu par la ville de Paris[2].
Le , le Conseil de Paris vote à l’unanimité la vente d'un bâtiment situé au 70 boulevard Barbès, dans le 18e arrondissement à Paris, à un collectif composé d'Olivier Legrain et de la foncière Bellevilles[3].
En finançant ce projet immobilier censé abriter et soutenir une quarantaine de titres indépendants de gauche, Olivier Legrain entend répondre à l’expansion de la sphère médiatique « ultraconservatrice »[4]. Le projet est porté par une coalition de médias marqués à gauche, se définissant comme « indépendants » par opposition aux médias détenus par des milliardaires ou des grandes sociétés[5].
Début 2026, Olivier Legrain se rapproche de l'ancien président du Seuil Hugues Jallon pour accompagner ses réflexions autour de la Maison des médias libres[6].
En Mediapart révèle à la suite d'une enquête un comportement problématique d’Olivier Legrain avec plusieurs femmes ; plusieurs titres de la presse indépendante annoncent qu’ils se retiraient ou se mettaient en retrait du bâtiment financé par le mécène, qui doit ouvrir ses portes l’année suivante. Dans un communiqué, Olivier Legrain présente ses « excuses ». Le trimestriel féministe La Déferlante et le média en ligne Les Jours en sont partis à l’été 2025, après avoir appris l’existence d’une enquête journalistique en cours, le média Vert annonce « se mettre en retrait »[7], Politis, Alternatives économiques, Streetpress condamnent les faits. Beaucoup de médias partenaires demandent du temps pour se retourner « Avec la montée de l’extrême droite, on a besoin de cet espace, la période est trop grave pour qu’on soit trop faibles et totalement éparpillés », explique Éros Sana, cofondateur de Basta! . D’autres comme Au poste du journaliste David Dufresne, Orient XXI et Afrique XXI avaient déjà coupé les ponts début 2026, mais pour d’autres raisons : incertitudes sur la mise en œuvre du projet, désaccords sur l’orientation de la Maison, doutes sur le montage financier, etc. Le comité de pilotage de la Maison des médias libres apporte « tout [son] soutien aux femmes » qui ont témoigné dans Mediapart et « condamn[e] fermement tous les faits et comportements qui portent atteinte à la dignité et à l’intégrité des femmes », avant d’annoncer « réfléchir à toutes les options » concernant « l’avenir du projet ». Une réunion du conseil d’orientation a eu lieu le , un consensus semble se dégager autour de la poursuite du projet, mais sans Olivier Legrain[8].
Références
- ↑ « “Sauver l’information de l’emprise des milliardaires”, Olivier Legrain à la rescousse des médias | Les Inrocks », sur lesinrocks.com (consulté le )
- ↑ Grégoire Allix et Alexandre Piquard, « A Paris, pas de point de chute pour la Maison des médias libres »
, sur Le Monde, (consulté le ) - ↑ Aude Dassonville, « La Maison des médias libres verra le jour à Paris en 2026 »
, sur Le Monde, (consulté le ) - ↑ Gaspard Dhellemmes, « Les projets contrariés d’Olivier Legrain, mécène de la presse de gauche accusé de violences sexistes et sexuelles »
, sur Le Monde, (consulté le ) - ↑ Jérôme Lefilliâtre, « Un millionnaire de gauche veut sa «Maison des médias libres» »
, sur liberation.fr, (consulté le ) - ↑ Les plans du millionnaire Olivier Legrain pour faire monter la gauche en 2027, lalettre.fr, 14/01/2026
- ↑ Juliette Quef, « Après les accusations de violences sexistes et sexuelles contre Olivier Legrain, Vert se met en retrait de la Maison des médias libres », sur Vert, (consulté le )
- ↑ Lénaïg Bredoux, Marine Turchi, « Après les révélations sur Olivier Legrain, la Maison des médias libres fragilisée », sur Mediapart, (consulté le )