Maison verte (Vilnius)
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Le Musée de la Shoah (lituanien: Holokausto Muziejus), aussi connu sous le nom de Maison verte est l'un des trois musées[1] du Musée juif d'État du Gaon de Vilna, situé à Vilnius en Lituanie. la Maison verte est située au 12 rue Pamėnkalnio[2]. C'est le plus petit des trois, mais aussi le plus connu. Pendant de nombreuses années, il a été dirigé par Rachel Kostanian[3], qui a consacré une grande partie de sa vie à la recherche de la vérité sur la Shoah.
Un des fondateurs de ce musée est le Dr Rachel Margolis, qui a fait pendant plusieurs années la une des journaux comme vétéran partisane juive antinazie, cible de nombreuses campagnes antisémites par des historiens négationnistes[4] et poursuivie pour diffamation par des procureurs locaux. Dans l'impossibilité de retourner en Lituanie pour des questions de sécurité, après son départ pour Israël, sa cause a été relayée par des membres du Congrès des États-Unis et par des membres de la Chambre des lords britannique. Le musée est célèbre pour son témoignage simple et précis de la Shoah en Lituanie et de l'implication massive de la population locale dans les assassinats.
Sa présentation est traditionnelle, même un peu archaïque, très différente de ce que l'on trouve dans les musées modernes, mais est la création sincère des survivants de la Shoah[5].
À l'extérieur, sur le terre-plein devant le musée, se trouve un petit monument en l'honneur du vice-consul du Japon en Lituanie d'avant la Seconde Guerre mondiale, Chiune Sugihara, qui a émis, malgré les ordres reçus, des milliers de visas, sauvant ainsi de nombreux Juifs d'une mort certaine.
Le musée est situé dans une vieille maison en bois, repeinte en vert, d'où son nom. Il a été ouvert en 1991 et relate dans ses sept salles, le génocide des Juifs lituaniens, en exposant d'authentiques documents, des photographies, des sculptures, des lettres, des journaux intimes et autres reliques.
Un des buts de ce musée est de sensibiliser la jeunesse et de rétablir certaines vérités passées sous silence comme la participation de policiers et soldats lituaniens dans l'extermination des Juifs. Ce musée a été la première institution de toute l'ancienne Union soviétique à parler et à enseigner la Shoah dès les années 1990[6]
Malgré le manque d'argent, ce petit musée attire de plus en plus d'élèves et d'étudiants locaux ainsi que de nombreux visiteurs étrangers.
Fania Yocheles Brantsovsky, une des rares survivantes de la Shoah est consciente du rôle pédagogique du musée:
« Honneur aux partisans juifs. Les médias de masse antisémites, les procureurs et les politiciens peuvent continuer et continuer à diffamer les héroïques partisans juifs qui se sont échappés du ghetto pour se joindre au combat pour libérer la Lituanie des nazis. Mais ici, dans la maison verte de Rachel Kostanian, leurs photos restent en place, et ils regardent fièrement et courageusement afin d'inspirer pour toujours les nouvelles générations de jeunes gens et de les inciter à se lever contre la tyrannie et combattre pour la liberté. »
La Shoah en Lituanie
Le , quand les Allemands envahissent la Lituanie, environ 240 000 Juifs vivent dans le pays en comptant les réfugiés de Pologne. À la fin de la guerre, il n'en reste que 10 000. Près de 94 % des Juifs lituaniens sont enterrés à Poneriai, au neuvième fort de Kaunas, ou dans des puits près de leur maison, dans la forêt ou dans des cimetières juifs. Dans de nombreux cas, ils ont été assassinés par leurs voisins, leurs camarades de classe ou de travail, leurs patients.
La première étape de la Shoah se situe entre l'été et l'automne 1941, quand environ 100 000 Juifs sont assassinés dans la campagne et les bois autour des grandes villes. Les Juifs sont alors parqués dans des ghettos. À l'automne 1941, le ghetto de Vilnius rassemble 40 000 Juifs, celui de Kaunas (Ghetto de Kovno) 30 000 personnes et celui de Siauliai 5 950 personnes. Les Juifs de ces ghettos sont exploités par l'occupant et par la population locale, avant d'être progressivement éliminés. D'autres ghettos plus petits existent à Švenčionys et Oshmyany, liquidés au printemps 1943.
Quand les Allemands quittent la Lituanie à l'été 1944, chassés par l'Armée soviétique, ils embarquent les derniers Juifs survivants des ghettos, et la plupart d'entre eux vont mourir dans des camps d'extermination en Allemagne, Pologne ou Estonie. De rares survivants échappent aux rafles en se cachant dans les sous-sols du ghetto ou grâce à une poignée de Lituaniens qui les cachent au péril de leur vie.
- Le massacre de Poneriai (Photo la Maison Verte)
- L'entrée du ghetto de Vilnius (Photo la Maison Verte)