Majka (rappeur)
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Péter Majoros, de son nom de scène Majka, né le à Ózd (Borsod-Abaúj-Zemplén), est un rappeur hongrois ainsi qu'une personnalité de la télévision. Il se fait connaître en 2002 en participant à une émission de téléréalité, puis devient animateur sur la chaîne RTL Klub. Il commence ensuite une carrière dans le rap, d'abord en duo avec Dopeman, puis en solo.
Longtemps perçu comme apolitique, il s'engage plus clairement contre le gouvernement Orbán à partir de 2025.
Début de carrière à la télévision
Péter Majoros naît le à Ózd, dans le comitat de Borsod-Abaúj-Zemplén, dans une famille aux origines modestes, ce qu'il ne cherche pas à cacher par la suite[1]. Il commence sa carrière médiatique en participant en 2002 à l'émission de téléréalité[2] Való Világ, déclinaison hongroise de Big Brother, qu'il remporte. cette victoire lance sa carrière dans les médias. Il se fait connaître pour son style perçu comme plus authentique et son franc-parler, qui lui assurent le succès dans les programmes de divertissement. Cependant, il garde une image controversée[1].
En 2010, il rejoint TV2, média privé appartenant à Lőrinc Mészáros. Il est pendant des années l'un des visages les plus connus de cette chaîne de télévision, connue pour sa soumission à la ligne éditoriale imposée par le Fidesz dont son financement dépend[1]. Dans ce contexte, bien qu'il se prétende « désintéressé de la politique », notamment en 2017[1], la position de Majka est parfois critiquée et il est accusé d'hypocrisie[3].
Débuts dans le rap
Majka entame ensuite une carrière de rappeur avec l'aide de Dopeman[1], puis en duo avec Curtis. En 2013, Majka sort, en collaboration avec Curtis et BLR, le titre Belehalok, qui devient l'une des chansons hongroises modernes les plus connues et est vue plusieurs dizaines de millions de fois[1]. En 2018, il annonce cesser sa collaboration avec Curtis, un fervent soutien du Premier ministre Viktor Orbán[4].
Alors qu'il reste présent sur TV2, une chaîne de plus en plus clairement alignée sur l'idéologie du Fidesz, la question de ses convictions politiques lui est de plus en plus posée. Finalement, lors d'une interview sur la chaîne Partizán, il déclare ne pas être un sympathisant du parti au pouvoir mais plutôt de la gauche, notamment par soutien aux syndicats de la télévision, tout en réaffirmant que la politique ne l'intéresse pas[1].
Par la suite, le rappeur poursuit son chemin en solo. Il apparaît également au cinéma et à la radio, notamment sur Danubius Rádió et dans le film Szőke kóla. Ses différentes responsabilités en tant que présentateur de télévision et rappeur font de lui une personnalité médiatique de premier plan[1].
Années 2020 : engagement politique croissant mais inclassable
Son engagement politique s'affirme à partir de la pandémie de Covid-19, lors de laquelle il dénonce les aides attribuées de manières arbitraire à certains artistes musicaux. Dès lors, il prend plusieurs positions publiques : il critique la mauvaise utilisation des fonds publics et la politique homophobe du gouvernement et appelle à ce que le Fidesz n'obtienne pas de majorité des deux tiers lors des élections législatives de 2022, tout en s'affichant aux côtés du ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó (rencontre considérée par Telex comme une humiliation pour le chanteur qui n'obtient rien de concret)[1].
En 2023, il quitte TV2 pour rejoindre RTL Klub[3]. En parallèle, sa carrière de rappeur connaît un succès croissant et il sort plusieurs chansons considérées comme des hits, devenant le rappeur le plus populaire de Hongrie[2]. En 2023, il est considéré par Forbes comme la célébrité la plus influente de Hongrie[1].
Il s'implique politiquement, critiquant de plus en plus ouvertement le gouvernement, aussi bien que l'opposition. Sans prendre de position partisane, il critique « l'injustice » de manière générale et se fait connaître pour sa franchise dans ses déclarations[3]. Il se définit comme « critique » par principe, de tous les camps à la fois. Selon Telex, il « fait de la politique essentiellement par émotion », dénonçant à la fois l'enrichissement de certains proches du Premier ministre, l'invasion de l'Ukraine par la Russie et le politiquement correct des figures de l'opposition. Le média écrit que « ses opinions ressemblent davantage à celles d'un citoyen lambda plutôt tourné vers l'opposition qu'à celles d'un commentateur politique réfléchi » et qu'elles sont amplifiées par les médias car le nom de Majka fait vendre[1].
Sa critique virulente de la réélection de Donald Trump lui attire définitivement les foudres des médias pro-gouvernementaux tels que Mandiner et Origo, ce qui fait augmenter la popularité de Majka et lui donne une plus grande audience parmi les sympathisants de l'opposition[1].
Depuis 2025 : succès de Csurran, cseppen
Le , il sort la chanson Csurran, cseppen (en français : « Goutte à goutte ») qui fait sensation. Le clip et les paroles racontent l'histoire d'un chef d'État corrompu, à qui est administré un sérum de vérité peu avant une interview, ce qui le rend fou et le pousse à dévoiler ses mauvaises actions. Malgré le caractère fictif de l'histoire, le personnage principal est vu, dans le contexte de la politique hongroise, comme une représentation de Viktor Orbán, d'autant que le serveur qui le drogue ressemble à son principal opposant, Péter Magyar. En quelques jours, le clip devient viral et atteint le haut des classements, non seulement en Hongrie, mais aussi en Autriche, en Roumanie et au Royaume-Uni[3]. Neuf mois plus tard, il a été vu 28 millions de fois, alors que la Hongrie compte moins de 10 millions d'habitants[2].
Jusque alors peu politisé, le rappeur Majka prend ainsi implicitement position contre le gouvernement du Fidesz, quelques mois avant les élections législatives hongroises d'avril 2026. Toutefois, il ne participe pas au Rendszerbontó Nagykoncerten (« Grand concert pour le changement de régime »), un concert anti-gouvernemental gratuit qui réunit des dizaines d'artistes sur Hősök tere. Selon l'organisateur Robeert Puzser, il est « entre l'élite et le peuple, et veut visiblement garder ses positions dans les deux sphères »[4].
Références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (hu) David Sajó, « Majka egészpályás letámadást kapott a NER-től, de ő csak profitál ebből », sur Telex, (consulté le )
- 1 2 3 (en) Viktória Serdült, « Hungary's Gen Z have only known one leader, Orbán », sur Index on Censorship, (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Martin Németh, « Political Satire or Musical Masterpiece? Majka’s latest song tops lists in Hungary, UK, Germany, Romania! », sur dailynewshungary.com, (consulté le )
- 1 2 Jean-Baptiste Chastand, « A Budapest, sept heures de concert pour précipiter « la fin du régime » de Viktor Orban », Le Monde, (lire en ligne)