Sérum de vérité
type de drogue
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Le sérum de vérité est un terme générique désignant une substance médicamenteuse utilisée afin d'obtenir des informations d'un sujet non consentant, en général par la police, les services spéciaux ou les militaires.

Histoire
Ce « sérum », documenté depuis 1930 par le docteur William Bleckwenn[1], est toujours actuellement en usage. Le type de substance dont il est issu est découvert pour la première fois par le docteur Robert Ernest House[2]. House tente une expérience aux alentours de 1915 sur des femmes enceintes ; il leur injecte de la scopolamine et remarque un effet étrange dans leur comportement[3]. Lorsque celles-ci sont interrogées, elles répondent instantanément sans réfléchir[3]. Par la suite, House s'est plus particulièrement concentré sur des patients souffrant de troubles mentaux et a mené des recherches sur leur condition en faisant usage de plusieurs substances telles que la dopamine et le chloroforme[2]. En 1924, il tente de nouveau une expérience avec de la scopolamine, comme précédemment, il découvre un état mental différent chez ses patients, rendus plus impressionnables et spontanés[2]. Selon House, ses patients ne pouvaient cacher leurs émotions[2].
Description
L'utilisation d'un sérum de vérité quel qu'il soit est controversée[4]. Des scientifiques ont longtemps fait usage de sérums de vérité sur des espions, des patients en psychiatrie, des femmes enceintes ainsi que des suspects lors d'interrogatoires[3].
Les psychotropes employés aux fins de sérum de vérité ont été successivement l'éthanol, des extraits végétaux comme la scopolamine, le cannabis, des hallucinogènes comme le LSD et la psilocybine, ou encore des opiacés. Le plus célèbre est le thiopental sodique (plus connu sous son nom commercial de Pentothal), un barbiturique à effet rapide. Ces substances interfèrent avec la capacité de jugement et les fonctions cognitives supérieures. L'alcool, méthode populaire, serait également en usage chez les professionnels[5]. Washington Station, le récit[6] d'un ancien formateur du KGB basé à Washington, révèle ainsi l'emploi d'alcool presque pur pour vérifier la fiabilité d'un agent de renseignement.
Si les œuvres de fiction font la part belle aux méthodes d'interrogation utilisant ces substances, créditant ces drogues d'une efficacité quasi-magique, la réalité est différente.
L'information obtenue au moyen des sérums de vérité est peu fiable, les sujets interrogés mélangent faits réels et imaginaires. La sensibilité individuelle est extrêmement variable, ce qui, combinée à la difficulté de concentration et d'élaboration d'un discours construit qu'induisent ces substances, rend à la fois le dosage délicat et hasardeuse l'interprétation des informations obtenues. Une grande partie de l'effet attendu s'appuie sur la conviction du sujet qu'il ne peut pas mentir sous l'influence de la drogue. Dans les années 1990, les sérums de vérité étaient encore en usage au Canada dans le diagnostic de la schizophrénie, en particulier dans les cas de paranoïa[réf. souhaitée], pour surmonter la difficulté de l'établir par les seules ressources de l'entretien. L'intérêt des services secrets pour ce genre de méthodes aurait beaucoup décliné, bien que les attentats terroristes du 11 septembre aient conduit à leur réévaluation.
Anecdote
Inde
Le bureau central d'enquête en Inde utilise l'injection intraveineuse de sérums de vérité dans certains interrogatoires policiers[7]. Cette technique a été utilisée lors de l'interrogation de Ajmal Kasab[8], un militant pakistanais[9],[10] et membre du groupe islamiste Lashkar-e-Toiba, auteur des attaques de novembre 2008 à Bombay en Inde[11],[12].