Manifestations de 2021 en Colombie
From Wikipedia, the free encyclopedia
- Abandon de la réforme fiscale
- Abandon de la réforme de la santé
- Démission du président Iván Duque et des membres de son gouvernement
- Réforme de la police nationale et de la brigade anti-émeute
- Respect des accords passés à la suite des manifestations de 2019 en Colombie
| Date | Depuis le |
|---|---|
| Localisation |
|
| Revendications |
|
|---|---|
| Types de manifestations | Manifestation, grève, concert de casseroles |
| Morts | 74 (au ) |
|---|---|
| Blessés | Plus de 2300 (au ) |
| Arrestations | Plusieurs centaines |
Les manifestations colombiennes de 2021 sont des manifestations qui débutent le dans plusieurs villes de Colombie en protestation contre la réforme fiscale du gouvernement du président Iván Duque.
La réforme est abandonnée après près d'une semaine de manifestations. Ces dernières continuent néanmoins, désormais dirigées contre les inégalités sociales, l'aggravation de la pauvreté dans le pays et les réformes prévues par le gouvernement concernant les politiques de santé et d'éducation.
La Colombie a également connu des manifestations de masse entre 2019 et 2020 contre le gouvernement que la pandémie de Covid-19 a interrompues, et une autre série de manifestations en septembre 2020 contre les violences policières.
Situation économique
La Colombie affronte une crise économique due principalement à la pandémie de Covid-19. Son PIB chute de 6,8 % en 2020, le taux de chômage monte à 16,8 % et la pauvreté frappe 42,5 % de la population[1].
Le modèle économique colombien présente des faiblesses structurelles. La Colombie est le septième pays le plus inégalitaire au monde et le deuxième en Amérique latine selon la Banque mondiale. La part de revenu captée par les 10% d'habitants les plus riches représente quatre fois celle des 40 % les plus pauvres. Le salaire minimum s'élève à 240 dollars et moins de 40% des travailleurs touchent plus que le salaire minimum selon les données du Département national des statistiques pour l'année 2020. L’accès à l’enseignement supérieur est réservé aux catégories de la population les plus aisées en raison d’un système universitaire majoritairement privé et très coûteux[2].
Réformes impopulaires
Les manifestations font suite à l'annonce par le pouvoir colombien d'une réforme fiscale visant à collecter 6,8 milliards de dollars. Ce projet de réforme prévoit la baisse du plancher d’imposition sur le revenu et une taxe de 1 % sur les actifs supérieurs à 1,3 million de dollars. Le gouvernement prévoit en outre une hausse de la TVA sur des services de base comme l’électricité, le gaz et l’assainissement, l’augmentation des prix de l'essence, l’installation de nouveaux péages, le gel des salaires dans le secteur public jusqu’en 2026 et des coupes dans les programmes sociaux[3],[4].
Perçu par les syndicats comme décuplant la pression fiscale sur les plus modestes et sur les classes moyennes, sans toucher aux privilèges des plus fortunés, ce projet de loi déclenche contre lui une grève nationale[3],[4].
Deux autres réformes doivent également être adoptées ultérieurement, l'une visant à une refonte du marché du travail pour en accroitre la flexibilité[5], et l'autre concernant le système de santé. Cette dernière inclut la régionalisation du système de santé et une libéralisation accrue du secteur[6].
Dérives autoritaires du gouvernement

L’impopularité du président Iván Duque et de son mentor, l'ex-président Álvaro Uribe, compte aussi parmi les principaux motifs de la contestation. Élu en 2018, Iván Duque est accusé de dérives autoritaires par l'opposition et des associations de défense des droits humains[7],[5].
L’ONG Dejusticia a notamment souligné « la concentration extrême des pouvoirs », les autorités ayant, à travers divers décrets et nominations, placé « des hommes proches du Président aux postes clés de contrôle de l'administration ». La Procuraduríax (l’entité de contrôle de la fonction publique), la Contraloría (service de contrôle fiscal) et le Défenseur du Peuple (entité publique chargée de la protection des droits), organismes théoriquement indépendants, sont tous dirigés par des proches du président. Le Fiscal (le chef du Parquet en Colombie) est également un ami d’enfance d’Iván Duque. Álvaro Uribe, mis en cause dans des affaires de corruption, est protégé par toutes les institutions du gouvernement qui tentent de lui éviter un procès[7],[5].
Insécurité
Les revendications contre les assassinats des leaders sociaux et d'ex-combattants et les violations de l'accord de paix entre le gouvernement et les FARC sont présentes dans les cortèges. Près d'un millier de dirigeants sociaux ont été assassinés depuis la signature de l'accord de paix en 2016 selon la juridiction spéciale de paix (JEP). En outre, 269 ex-guérilleros ont également été assassinés. Pour les magistrats de la JEP, de nombreuses personnes sont « en très grand danger en raison des menaces, des homicides, des disparitions, des enlèvements et autres attaques ». Le président Ivan Duque rechigne à respecter les termes de l'accord de paix supervisé par son prédécesseur[6].


