Manoir de la Cour (Saint-Martin-le-Hébert)

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Type
Fondation
XIVe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Commanditaire
Jean d'Orglandes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Manoir de la Cour
Vue occidentale
Présentation
Type
Fondation
XIVe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Commanditaire
Jean d'Orglandes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Localisation
Localisation
Coordonnées

Le manoir de la Cour est une ancienne demeure fortifiée, du XIVe siècle, qui se dresse sur le territoire de l'ancienne commune française de Saint-Martin-le-Hébert, dans le département de la Manche, en région Normandie. L'édifice est totalement protégé au titre des monuments historiques.

Le manoir est situé à 200 mètres à l'est de l'église Saint-Martin de Saint-Martin-le-Hébert au sein de la commune nouvelle de Bricquebec-en-Cotentin, dans le département français de la Manche.

Historique

À l'origine, la seigneurie de Saint-Martin-le-Hébert relevait de la baronnie de Bricquebec[note 1]. En 1350, les Paynel, alors barons de Bricquebec, la cédèrent à Guillaume de la Marre, chevalier, seigneur de la Mare et de Sainte-Mère-Église. Sa fille cadette, Thomasse de La Marre, la fit passer à la famille d'Orglandes à la suite de son mariage avec Jean d'Orglandes en 1372[2]. C'est à celui-ci que l'on doit la construction, à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle, du manoir actuel, typique de l'architecture défensive[3]. La Cour restera pendant 238 ans dans cette famille d'Orglandes[2].

Le , Antoine d'Orglandes, né en 1573, fils de François d'Orglandes ( ), cède la seigneurie à son neveu, Jacques d'Orglandes (tué en 1621 au siège de Montauban), qui l'échangera aussitôt avec Guillaume Plessard, fils de Richard Plessard[note 2], procureur du roi en la vicomté de Valognes[4], contre sa terre de Tancarville[2].

En 1612, Guillaume, nouveau seigneur et patron de Saint-Martin-le-Hébert, épouse Catherine d'Orglandes, fille d'Antoine, ancien seigneur du lieu. Il modifie les bâtiments existants et en bâti de nouveaux dont un important colombier et le pavillon neuf, affirmant ainsi son autorité seigneuriale[4]. Son fils, Antoine Plessard lui succèda comme seigneur de Saint-Martin. Il testa en 1684, et ne laissa à sa mort que trois filles : Marie-Madeleine, Anne-Claude et Marie-Bonaventure. C'est Anne-Claude qui reçut les maisons de Saint-Martin-le-Hébert. Elle les donna en fief, le , à Jean de Marcadé, dont le fils, Louis de Marcadé avait épousé en 1688 la sœur aînée d'Anne, Marie-Madeleine. Françoise de Marcadé, fille de Louis et de Marie-Madeleine, dame de Saint-Martin-le-Hébert, épouse de Bon Antoine Michel de Querqueville, testa le [5].

Leur succéda Louis Osbert, fils de Marie-Bonaventure Plessard[note 3] et de Jean François Osbert d'Agneaux, époux d'Anne Davy d'Amfreville. Puis leur fille, Louise-Adrienne Osbert qui épousa Charles-Antoine Le Trésor d'Ellon. Ce couple n'eut qu'une fille, Anne-Louise Le Trésor d'Ellon qui épousa à Valognes le , Anne-Étienne-Michel Turgot, fils d'Étienne-François Turgot, et de Marguerite Capon. Leur fille, Anne-marguerite-Caroline Turgot, âgée de 17 ans, épousa le , Claude Antoine de Préval, colonel du régiment de cuirassiers, âgé de 30 ans. Le , les époux vendirent le manoir et la terre de Saint-Martin-le-Hébert à Louis Henri de Chivré (1748-1814), qui les lègueras à sa fille aînée, Anne-Marie-Henriette de Chivré (1778-1849), épouse de Louis-Michel-Alexandre Etard de Bascardon (1778-1853). C'est leur petit-fils, Charles-Félix-Marie-Raphaël de Tanoüarn, fils de Marie Delphine Etard de Bascardon (1801-1843) et de Charles Frédéric Louis Marie de Tanoüarn (1803-1875), âgé alors de 6 ans qui en hérite[6].

Le , celui-ci vend la Cour à Ferdinand Noël, auquel succède sa fille, Marie Noël (1868-1935) épouse de Georges Lesage (1860-1938). C'est leur fils, également nommé Georges Lesage qui en hérite et le lèguera à sa nièce, Monique Lesage, fille de Maurice Lesage (1887-1963) et de Gabrielle Vannier (1892-1973), qui épousa Jean Ribier, Conseiller Maître à la Cour des comptes, auquel succède leur fils, Wandrille Riblier, père de trois filles[7].

Le manoir à usage de ferme

En 1734, Françoise de Marcadé, dame et patronne de Saint-Martin-le-Hébert, qui résidait alors à Valognes, devenu veuve, concéda en bail d'une duré de sept ans la terre du dit lieu, avec maison, grange, pressoir... à Nicolas Orange. À partir de la Révolution, le domaine de 40 hectares de la Cour de Saint-Martin fut loué à des familles de fermiers. Se succédèrent notamment la famille de Pierre Couppey, vers 1809, la famille Taillefesse, vers 1895, la famille Adam, vers 1904, puis la famille Rose qui arriva en 1923[8].

Seconde Guerre mondiale

Le manoir, occupé à partir d', servit de dépôt de ravitaillement pour le Nord du département. L'occupant y cuisait 4 000 boules de pain par jour, dans des fours à pain installés dans les avenues du manoir où près de 1 500 sacs de farine étaient stockés sous bâche[9].

Le manoir dans la fiction

Le manoir inspira Aristide Frémine (1837-1887) pour son roman Un Bénédictin.

En 1996, la Cour de Saint-Martin-le-Hébert, a servi de cadre au téléfilm La Comète, adaptation libre du roman La Fille du joueur de vielle de Suzanne Jacques-Martin. Les habitants de la commune participèrent au tournage comme figurants[10].

Description

La Cour de Saint-Martin, située au bout d'une longue allée plantée de hêtres[note 4], constitue un ensemble composite bâti entre les XVe et XVIIe siècles. Les bâtiments, d'habitation au sud-ouest, et la ferme de l'autre, couverts en schiste grossier de Tourlaville, s'ordonnent autour d'une cour carrée d'environ 40 mètres de côté. L'ensemble est ceint de douves.

On pénètre à l'intérieur de la cour d'honneur par une porterie qui a été refaite au XVIIe siècle[3] et qui était à l'origine l'unique accès à la demeure fortifiée dont l'entrée se situait au sud. Les avenus ont été créées par la famille Noël. Le porche, précédé d'un pont-levis, était flanqué d'échauguettes, aujourd'hui disparues, qui communiquaient avec la salle des gardes située au-dessus de celui-ci. Aujourd'hui, c'est un pont dormant qui enjambe les douves[11].

Le pavillon neuf, construit dans l'angle sud-ouest par Guillaume Plessard après 1610, se présente comme un bâtiment à deux étages, avec une petite échauguette dans l'angle du logis, qui contenait une horloge et une cloche. Il s'éclaire par des fenêtres à meneaux surmontées de frontons. C'est à cette époque que trois des tours d'angle furent reconstruites, et, que l'on étendit à l'ensemble des bâtiments médiévaux conservés l'habillage des fenêtres à meneaux et les frontons[12].

La tourelle nord-ouest abrite en partie basse un lavoir octogonal intérieur alimenté par une source située dans le coteau. L'eau chemine par un chemin de bois creusé dans un arbre de sept mètres de long qui enjambe la douve. Il a une capacité de 5 700 litres d'eau, profond de 0,55 m, avec des côtés d'environ 1,30 m, et devait à l'origine servir probablement de réserve d'eau[13]. C'est de ce côté que fut aménagé un second accès via un petit pont terminé par une passerelle de bois, permettant en cas de danger d'être abattu, empêchant un assaillant de pénétrer à l'intérieur. Ce petit pont permettaient au seigneur du lieu et ses hôtes de rejoindre l'église qui surmonte le coteau, en traversant les jardins étagés en terrasses, situés sur la rive ouest de la grande douve, et reliés entre eux par des escaliers en pierre.

Le grand colombier, bâti par Guillaume Plessard, comporte 31 rangées de 52 alvéoles, soit 1 595 boulins. Sa toiture fut restaurée en , avec la participation du conseil général de la Manche et des monuments historiques. Quant au petit colombier, qui abritait 500 boulins, il fut restauré en 1991[14].

Les châteaux de Saint-Martin-le-Hébert, de Chiffrevast, de Sotteville et de Crosville présentent une certaine analogie tant du point de vue architectural que décoratif, qui laisse penser que ces constructions « monumentales » appartiennent à une même école architecturale cotentinaise[note 5] couvrant la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle[16],[note 6].

Intérieur

On pénètre dans la grande salle après avoir descendu quatre marches en pierre. Une imposante cheminée avec un manteau très avancé et soutenu par deux piliers en occupe une partie.

Protection

Notes et références

Voir aussi

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