Sainte-Mère-Église (commune déléguée)
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Localisation
Sainte-Mère-Église est une commune du département de la Manche, dans la région Normandie. Elle est située à 14 km de Carentan et à 37 km de Saint-Lô.
Les communes limitrophes sont Amfreville, Beuzeville-au-Plain, Carquebut, Chef-du-Pont, Écoquenéauville, Fresville, Neuville-au-Plain, Picauville (d), Ravenoville, Sébeville et Turqueville.
Hydrographie
Sainte-Mère-Église est traversée par la rivière le Merderet[2].
Urbanisme
Voies de communication et transports

La commune est traversée dans le sens nord-sud par la route nationale 13 (2 × 2 voies).
Transport inter-urbain
Sainte-Mère est associée aux transports en commun départementaux par bus (Manéo) via la ligne 1 : Cherbourg-Octeville - Valognes - Carentan - Saint-Lô.
Toponymie
Formes latinisées Sancte Marie Ecclesia 1080 - 1082, Ecclesia de Sancte Maria, Saincte-Mariglise mention de 1317.
Sainte-Mariglise, « Sainte-Marie-Église », a été altéré en Sainte-Mère-Église. En effet, les formes anciennes impliquent une référence à Marie[3], sans rapport donc avec Méréglise (Eure-et-Loir) qui est attesté sous la forme Mater ecclesia, église-mère[4].
Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), la commune a porté le nom de Mère-Libre[5].
Histoire
Moyen Âge
Lorsqu'au début du XIe siècle, la première pierre de l'église de Sainte-Mère est posée, la paroisse est déjà en place. L'église est terminée en style gothique quatre siècles plus tard. Avant la Seconde Guerre mondiale, la place de l'église accueille un marché aux veaux[6]. Ce marché a été rouvert en 1973.
L'emplacement du village au cœur du Plain et à proximité de la côte va favoriser la circulation des idées, de même que sa situation privilégiée sur une voie de communication romaine. Son histoire a commencé bien avant « le jour le plus long », avec Henri Ier qui donne le bourg à l'abbaye de Montebourg[7], Guillaume de Sainte-Mère-Église, sacré évêque de Londres en 1199, les ravages des troupes anglaises au XIVe siècle, la peste, les guerres de Religion, l'existence d'une importante communauté protestante au XVIIe siècle, la Révolution de 1789, les Chouans avec l'exécution en 1796 de leur chef, le vicomte François-Claude-Marie de Bricqueville (1761-1796), l'épopée napoléonienne, la vie municipale sous le Second Empire, etc.[8]
Après 1106, Richard de Reviers, seigneur de Néhou, reçut d'Henri Ier la seigneurie de Sainte-Mère-Église ainsi que le patronage de l'abbaye de Montebourg, et les honneurs de Plympton (Devon), Christchurch (Dorset) et Carisbrooke (île de Wight)[9].
En 1350, Guillaume de la Marre, chevalier, est qualifié de seigneur de Sainte-Mère-Église et de la Mare, lorsqu'il reçoit la seigneurie de Saint-Martin-le-Hébert des Paynel[10].
Temps modernes
À la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, la paroisse a pour sieur Jean Simon († av. 1528), écuyer, sieur d'Aroult ou Arot en Appeville, de Beuzeville-au-Plain, Sainte-Mère-Église, Appeville et Rideauville[11].
En 1567, Jehan Mahieu, écuyer, tenant de la vavassorie de La Fière, est taxé pour ce fief dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. La vavassorie de La Fière à Sainte-Mère-Église était un fief noble[12]
Par lettres patentes de , enregistrées en 1581, un marché hebdomadaire fut créé au bourg de Sainte-Mère-Église[13].
La famille de Saint-Simon Courtomer fut seigneur de Sainte-Mère-Église[14]. Le , Jacques-Antoine de Saint-Simon de Couthomer, chevalier, comte dudit lieu, seigneur de Sainte-Mère-Église et des Bohons rend aveu[15].
Époque contemporaine
Seconde Guerre mondiale

Le , au cours de la bataille de France, les Allemands font leur entrée dans le bourg et placent sur la mairie un immense drapeau à croix gammée. L'occupation de Sainte-Mère-Église va durer près de quatre ans.
Bientôt des affiches annoncent l'exécution de patriotes coupables d'avoir voulu gagner l'Angleterre en bateau.
Le à 23 h, un incendie se déclare dans un bâtiment en face de la place de l'église[16]. Les pompiers et la population tentent de maîtriser l'incendie en se passant des seaux de mains en mains, surveillés par une cinquantaine de soldats allemands armés de fusils[6]. C'est dans ce contexte que des parachutistes américains atterrissent par erreur dans le village.
Les Allemands tirent sur les parachutistes qui s'abattent sur le sol, l'un d'eux se dirige vers l'incendie. L'un des parachutistes, John Steele, est emporté par son parachute sur le clocher de l'église où il reste accroché deux heures[17], pendant que les combats font rage en dessous de lui. Les parachutistes qui tombent dans les tilleuls bordant la place ou qui y restent accrochés seront tous tués[6].
La prise de contrôle de la ville, à 4 h 30, est dévolue à la 82e division aéroportée. Sainte-Mère-Église a revendiqué le titre première ville libérée de France. Il semble aujourd'hui établi que la première commune continentale libérée a été Ranville[18],[19] et si l'on considère, comme les critères actuels, qu'une ville est peuplée d'au moins 2 000 habitants, c'est Bayeux qui peut revendiquer le titre de première ville[20], Sainte-Mère n'étant peuplé que de 1 163 habitants en 1936, dernier recensement d'avant-guerre.
Bientôt des renforts venus d'Utah Beach convergent vers Sainte-Mère-Église. L'artillerie allemande pilonne la ville les et , occasionnant de nombreuses pertes civiles et militaires.
Le , la 2e DB du général Leclerc débarque à Utah Beach, traverse la ville, chaleureusement accueillie par la population, puis se dirige sur Avranches pour soutenir la percée.[réf. nécessaire]
Après guerre
En 1962, la première pierre du musée des troupes aéroportées est posée.
Politique et administration
Le conseil municipal était composé, avant la fusion, de dix-neuf membres dont le maire et quatre adjoints[21].
Liste des maires
Jumelages
Sturminster Marshall (Royaume-Uni) depuis 1992.
Équipements et services publics
Espaces publics
Pour les services, la commune dispose d'un bureau de poste, d'un office du tourisme et d'une bibliothèque.
Enseignement
Sainte-Mère-Église est rattachée à l'académie de Caen. Il y a une école maternelle et primaire publique et l'école privée Notre-Dame, ainsi que le collège public Saint-Exupéry.
Santé
Une pharmacie et plusieurs médecins sont présents dans la commune.
Justice, sécurité, secours et défense
La commune dispose d'une gendarmerie.
Population et société
Les habitants de la commune sont appelés les Sainte-Mère-Églisais.
Démographie
Activités et manifestations
Commémoration autour du 6 juin
Chaque année se déroulent dans la commune de Sainte-Mère-Église les commémorations du 6 juin, cette manifestation comprend diverses animations : parachutages, concerts, feux d'artifice, reconstitutions, défilés de collectionneurs et militaires, randonnées etc.
Le , la veille du 60e anniversaire du débarquement, une émission présentée par Michel Drucker depuis la place de l'Église est retransmise en direct sur France 2 à 20 h 50 en première partie de soirée.
Fête du cheval
Chaque année, durant le week-end de Pâques, a lieu à Sainte-Mère-Église un concours hippique national.
Marché aux veaux
Jusqu'en 2014, chaque jeudi matin, un marché aux veaux avait lieu sous le marché couvert de Sainte-Mère-Église. Ce marché s'est développé au siècle dernier lorsqu'une prime fut offerte à tout cultivateur qui amènerait des veaux sur le marché hebdomadaire du jeudi qui se tenait sur la place de l'Église.
- 1973 : début de la construction du marché couvert actuel.
- : ouverture du marché couvert avec plus de 1 000 veaux.
C'était l'un des premiers marchés aux bestiaux de Normandie. Chaque année, environ 20 000 bêtes sont échangées. C'est un véritable spectacle où les marchés se concluent par la parole, commerçants et agriculteurs « se tapent dans la main » pour conclure leurs transactions. Ceux de Cherbourg et Valognes ont également disparu.
Ce marché est fermé depuis 2014. Il a été transféré à Carentan car le coût des travaux de mise aux normes sanitaires était trop élevé[réf. souhaitée].
Marché du Terroir et de l'Artisanat
Tous les mardis en juillet, on peut assister au marché du Terroir et de l'Artisanat de Sainte-Mère-Église et découvrir les produits de la région et les créations des artisans.
Marche internationale pour la paix
Depuis quelques années, la paroisse Notre-Dame-de-la-Paix de Sainte-Mère-Église organise une « marche internationale pour la paix » reliant Utah Beach à Sainte-Mère, annuellement au mois de mai.
Sports et loisirs
On trouve notamment un complexe sportif avec salle omnisports et stade.
Jusqu'en 2012, l'Association sportive Plain Cotentin faisait évoluer trois équipes de football en divisions de district[26].
Cultes
Jusqu'à la Révolution, la paroisse a relevé du diocèse de Bayeux et du doyenné de Trévières, et forma avec celles de Neuville, Chef-du-Pont, Lieusaint et Vierville, l'exemption de Cotentin ou l'exemption de Sainte-Mère-Église[27].
Aujourd'hui, la paroisse est rattachée au diocèse de Coutances et Avranches, à l'archidiaconé Centre, doyenné des Marais et des Havres, paroisse Notre-Dame-de-la-Paix.
Économie et tourisme
La commune dispose d'un parc d'activité avec la zone artisanale « les Crutelles ».
la Laiterie industrielle produisant le Petit Sainte-Mère est implantée sur la commune.
Depuis , Sainte-Mère-Église forme avec Ravenoville et Sainte-Marie-du-Mont un groupement de « communes touristiques »[28].


