Manufactures Charvet
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| Type d'usine |
Manufacture |
|---|
| Effectif |
2 400 (1763) 2 042 (1765) 1 600 (1789) 200 (1807) |
|---|---|
| Date d'ouverture |
1739 |
| Date de fermeture |
1857 |
| Produits |
textile |
|---|---|
| Production |
1 200 pièces (1787) |
| Situation |
Vienne - Armentières (depuis 1866) |
|---|
La manufacture Charvet est une manufacture textile fondée en 1739 à Vienne (province du Dauphiné) par Claude Charvet. Malgré un déclin après la Révolution, Victor Charvet, petit-fils du fondateur, relance la tradition familiale en 1866 en fondant une nouvelle manufacture à Armentières (Nord) qui perdure sous la dénomination sociale contemporaine TRP Charvet.
L'histoire de la manufacture des frères Charvet débute en 1728 avec Claude Charvet dont la manufacture textile Saint-Martin florissante à Vienne est installée sur les bords de la Gère[1],[note 1]. Claude Charvet s'associe à son oncle Laurent Revoire et à la manufacture Buisson de Limoux, ce dernier lui cédant sa propre manufacture[2]. En 1728, la manufacture Buisson emploie 400 travailleurs[2].
En 1739, quand Laurent Revoire décède et que Pierre Buisson quitte la société[3], Claude Charvet se retrouve seul à la tête de la manufacture. En 1765, le conseil du roi délivre le privilège de manufacture royale à son entreprise[4] ce qui lui permet de fabriquer à Vienne des étoffes de laine, soie, coton et autres. Par la suite, ses trois fils, Nicolas (1732-1799), Jean-Louis et André vont s'associer à lui.
Nicolas Charvet et la prospérité viennoise


Le fondateur meurt le laissant à ses fils une manufacture en activité. C'est Nicolas Charvet (1732-1799) [5] qui prend les devants. En 1763, ce sont près de 2 400 personnes qui travaillent pour la manufacture puis 2 042 en 1765. La manufacture royale produit alors des ratines pour l'habillement des troupes mais aussi des toiles, velours, étoffes de soie qui sont déjà exportées en Suisse, en Allemagne, Italie ou encore en Russie. La famille habite alors à Vienne. En 1769, Nicolas Charvet se marie avec Françoise Bajard, fille d'un marchand drapier local. Les années 1780 sont celles de la prospérité avant les difficultés de la Révolution et de l'Empire[6]. Ainsi, en 1789, elle emploie 1 600 personnes[7] et 50 métiers et produit 1 200 pièces[7]. Nicolas Charvet devient échevin de Vienne pendant les années 1790.
Déclin et disparition
La Révolution entraîne la perte des privilèges de la manufacture et le désordre monétaire du Directoire ajoute aux difficultés[7]. C'est alors que trois des enfants de Nicolas Charvet : Gaspard, Claude (1775-1863)[8] et André s'installent à Lille[4] à la fin du Directoire avec leur mère. Laissant l'entreprise familiale à leurs cousins[9],[5], leur père Nicolas Charvet meurt le , alors que l'activité rencontre des difficultés. Les vingt années suivantes entraînent une baisse significative de l'importance de la manufacture Charvet. En 1807, elle emploie encore 200 personnes mais ses deux plus grands concurrents en emploient 500 chacun, le troisième 300. De 1 200 pièces en 1787, la production est tombée à 400. En 1812, les Charvet n'occupent plus que la 7e place en importance dans la fabrique de Vienne[7]. Le gouvernement a promis des concours aux entrepreneurs qui se modernisent. Nicolas II Charvet (1755-1838) petit-fils du créateur, sollicite une aide et vient lui-même à Paris pour appuyer sa demande. Il presse par deux fois le ministre lui-même. Le , il rappelle, à l'appui de sa requête - 23 294 F, coût d'un assortiment de machines Douglas -, qu'il possède 200 000 F d'immeubles et sollicite une audience. Le , le ministre de l'Intérieur notifie aux Charvet l'octroi par le Trésor de l'aide sollicitée. Le , devant rembourser cette avance, le gouvernement leur accorde 3 ans de plus. Mais alors commence le temps de l'ultime détresse : les Charvet vendent leur possession pour rembourser cette dette, puis le moulin à foulon, qui est une pièce importante de la fabrication, est vendu pour 30 000 F. En 1817, l'administration insiste pour le remboursement total de ce prêt. Les Charvet sont rattrapés par la dette du , et la manufacture est démantelée. Jacques et Hippolyte, les deux fils de Nicolas II Charvet, vont racheter l'entreprise, mais le potentiel de la vieille entreprise est entamé. Dès lors, celle-ci vit ses dernières années avec une courte rémission sous la monarchie de Juillet. La récession de 1857 achève la vieille manufacture[7]. Hippolyte Charvet seul gère depuis la mort de son frère Jacques en 1849. Il arrête toutes ses activités industrielles, démissionne de ses fonctions de président du tribunal de commerce, vend des immeubles dont le produit couvre à peine le remboursement des dettes de l'entreprise. Quand tout est acquitté, il ne reste plus rien de la fortune industrielle que quatre générations avaient construite[7], du moins dans le Dauphiné.
