Marcel Callo
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| Marcel Callo | |
| Bienheureux | |
|---|---|
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Rennes, France |
| Date de décès | (à 23 ans) |
| Lieu de décès | Mauthausen, Troisième Reich |
| Nationalité | |
| Béatification | 4 octobre 1987 Rome (synode des Laïcs) par Jean-Paul II |
| Vénéré par | l'Église catholique romaine |
| Fête | 19 mars |
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Marcel Callo est un jociste français, né le à Rennes et mort le à Mauthausen. Il a été béatifié le .
Cadet d'une famille de neuf enfants, dans un milieu profondément chrétien, Marcel Callo entre en apprentissage à douze ans chez un typographe à Rennes, tandis qu'un de ses frères rejoint le séminaire. Il adhère à la croisade eucharistique, (renommée depuis Mouvement eucharistique des jeunes) obéissant à la devise : « Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre » et entre chez les Scouts de France. Plus tard, il quitte le scoutisme à regret, pour entrer à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé à cette époque. Devenu président de la section, il se dépense sans mesure pour assumer toutes sortes de responsabilités.
Ses proches témoignent que son caractère était très affirmé et qu'il pouvait défendre ses points de vue avec opiniâtreté.
Marcel Callo se fiance avec une jeune fille, Marguerite, également membre de la JOC, le .
L'armistice de 1940 constitue un grand tournant : les activités des associations sont officiellement interdites et les sections doivent agir dans la clandestinité ; on parle alors de « JOC des catacombes ».
La guerre, le STO et la déportation
Au lendemain du bombardement de Rennes par les Américains, le , tandis que sa sœur Marie-Madeleine meurt sous les bombes, il reçoit l'ordre de partir en Allemagne au titre du Service du travail obligatoire. Il part le pour Zella-Mehlis en Thuringe. Il continue l'action catholique de façon clandestine, n'hésitant pas à prendre des responsabilités et à participer à des activités interdites : réunions, récollections en des lieux différents réunissant des responsables jocistes de villes différentes, messes interdites… Seule organisation catholique clandestine au sein des travailleurs forcés, la Jeunesse ouvrière chrétienne permit aux militants de divers mouvements d'action catholique venus de France de continuer leur pratique catholique en cachette, alors que le clergé allemand avait reçu l'interdiction de les assister religieusement.
Dès , un séminariste, Jean Tinturier, l'avait incité à reprendre l'action catholique. Marcel entraîne alors avec lui d'autres camarades français, guère familiers de la fréquentation de l'église. Il se comporte « en missionnaire, pour aider ses frères jocistes ». Un groupe chaleureux se forme ainsi autour de lui. Il est arrêté le par la Gestapo, à la suite d'un décret de Ernst Kaltenbrunner dirigeant le RSHA à la suite de Reinhard Heydrich. Ce décret concernait « l'activité de l'Action catholique française parmi les travailleurs français dans le Reich ».
Lors des interrogatoires à la Gestapo, il est contraint de détruire tous les papiers de la JOC, les lettres, les photos de sa mère et de sa fiancée. Transféré le à la prison de Gotha, il signe avec dix autres responsables jocistes, dont leur aumônier, le motif de condamnation suivant : « Par son action catholique auprès de ses camarades du Service du Travail obligatoire, a été un danger pour l’État et le peuple allemands ».

Début août, il est réuni avec onze de ses camarades arrêtés pour action catholique dans une grande cellule que l'un d'eux dénomme « la chambre haute ». Ils prient ensemble devant une croix tressée avec des fleurs d'immortelles. Le , ils partent pour le camp de Flossenbürg, où ils sont immatriculés à l'entrée avec les numéros à la suite 28901 à 28910. Il est transféré vers le à Mauthausen-Gusen II.
Là, il souffre de la faim et de la soif, est battu, travaillant dans l'usine souterraine B8 Bergkristall à Sankt Georgen an der Gusen. Bientôt, à bout de force, il est envoyé comme trois mille autres de Gusen II pour mourir à l'infirmerie aux portes de Mauthausen, à deux pas du four crématoire. Il y meurt d'épuisement, miné par la dysenterie, le . Le colonel Tibodo, qui avait vu mourir des milliers de prisonniers, témoigna au procès de béatification de Marcel avec ces mots : « Je n'ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien ».
Dans les années 1980
Béatification
Lors du Synode consacré aux laïcs à Rome, le , saint Jean-Paul II a béatifié Marcel Callo. C'est en effet au sein d'un groupe de responsables de l'Action catholique clandestine en Thuringe que Marcel Callo fut arrêté. En Autriche, la paroisse Marcel Callo à Linz-Auwiesen a été placée sous son patronage et la municipalité de St. Georgen/Gusen a donné son nom à une rue sur l'ancienne usine souterraine où Marcel a travaillé en dernier lieu. À Rennes, sa ville natale, une rue, une paroisse, une école primaire portent son nom, ainsi qu'une église à Tremblay-en-France, une école primaire à Nantes[1], une au Cannet-des-Maures dans le département du Var ; le lycée technique de Redon, devenu lycée d'enseignement général, technologique et professionnel d'enseignement catholique, porte également son nom.
La cause de la béatification collective d'une cinquantaine d'autres « martyrs du STO » a été validée le , par le pape Léon XIV, par un décret du dicastère des Causes des saints reconnaissant le martyre de 50 Français morts par haine de leur foi sous le régime nazi en 1944 et 1945. La messe de béatification a eu lieu le samedi à Notre-Dame de Paris.
Marcel Callo est fêté le (jour de sa mort), et le (arrestation à Zella-Mehlis) dans le diocèse de Rennes.
Depuis la béatification, un lieu permanent du souvenir de Marcel Callo a été installé dans l'église Saint-Aubin de Rennes, rebaptisée désormais basilique Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, qui est sa paroisse d'origine.
Une chapelle lui a été dédiée aussi dans l'ancienne église abbatiale rennaise Notre-Dame-en-Saint-Melaine.
Le nom de Marcel Callo figure sur le panthéon de Rennes, à l'hôtel de ville.
Un modèle pour la jeunesse d'Europe
Lors d'une rencontre à Strasbourg le avec des jeunes Européens, le pape Jean-Paul II a donné Marcel Callo et l'Allemand Karl Leisner comme modèles à la jeunesse d'Europe.
Des associations en Allemagne, Autriche et France (Les Amis de Marcel Callo, à Rennes) organisent régulièrement des voyages sur les lieux de vie de Marcel Callo, à l'occasion des anniversaires de sa naissance, de sa béatification ou de sa mort. Des personnes ayant connu Marcel Callo y participent aussi, dont des membres de sa famille, de moins en moins nombreux d'année en année en raison de leur âge.