Née le à Limoges, Marguerite Rouffanche[1] s'installe à Oradour-sur-Glane avec son mari, son fils et ses deux filles.
Le , vers deux heures de l'après-midi, les soldats allemands font irruption dans sa maison, et la somment de rejoindre une grange en compagnie de son mari, de son fils et de ses deux filles. De nombreux habitants d'Oradour-sur-Glane y sont rassemblés. Les soldats allemands les divisent en deux groupes: d'une part, les femmes et les enfants, de l'autre, les hommes. Les hommes et les femmes continuent d'arriver de divers endroits, et les enfants des écoles séparément. Marguerite Rouffanche est conduite par les soldats armés à l'église. Il y a toutes les femmes de la ville, des mères avec leurs bébés dans les bras, ou les poussant dans leurs petites voitures[2].
Marguerite Rouffanche parvient à sauter par une fenêtre de l’église. Blessée gravement par cinq balles, elle parvient à s'échapper seule des 350 femmes et enfants dans l'église. Elle dira plus tard: «Je dois la vie à l'idée de fermer les yeux et de simuler la mort.»[3].
Son mari et son fils sont exécutés dans une grange où les hommes du village avaient été regroupés. Ses deux filles et son petit-fils, âgé de sept mois, sont tués dans l'église.
Elle trouve refuge dans un potager voisin, secourue par un habitant de la région. Elle mettra plus d'un an à guérir de ses blessures.
Elle témoigne au procès de Bordeaux, en 1953[4]. Son témoignage est déterminant pour documenter les événements de cette journée et pour les procès tenus après-guerre contre les responsables du massacre.
Elle revient à Oradour-sur-Glane lors de la construction de la ville nouvelle et y vit jusqu'à sa mort, en , à l'âge de 90 ans. Lors de son inhumation le , Robert Hébras, un autre survivant du massacre, appelle à une minute de silence sur la tombe.
Elle reste une figure emblématique du devoir de mémoire lié à Oradour-sur-Glane, lieu de souvenir des victimes de la barbarie nazie.
↑«" J'ai honte pour les officiers qui n'ont pas eu le courage de venir aujourd'hui rendre des comptes " déclare l'Allemand Pfeufer après la déposition de Mme Rouffanche», Le Monde, (lire en ligne, consulté le )