Marguerite de Bourgogne-Tonnerre
reine de Sicile, comtesse de Tonnerre
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Marguerite de Bourgogne, née en 1249/1250, morte le , est comtesse de Tonnerre de 1262 à 1308. Elle devient reine de Naples, de Sicile et d'Albanie à la suite de son mariage avec Charles Ier d'Anjou, roi de Sicile.
| Marguerite de Bourgogne-Tonnerre | |
| Titre | |
|---|---|
| Reine de Naples | |
| – (2 ans, 4 mois et 3 jours) |
|
| Prédécesseur | création |
| Successeur | Marie de Hongrie |
| Reine de Sicile | |
| – (13 ans, 9 mois et 17 jours) |
|
| Prédécesseur | Béatrice de Provence |
| Successeur | Constance de Hohenstaufen |
| Reine consort d'Albanie | |
| – (12 ans, 11 mois et 6 jours) |
|
| Prédécesseur | création du titre |
| Successeur | Marie de Hongrie |
| Comtesse de Tonnerre | |
| – (46 ans, 8 mois et 3 jours) |
|
| Prédécesseur | Eudes de Bourgogne et Mathilde II de Bourbon |
| Successeur | Jean II de Châlon-Auxerre |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison capétienne de Bourgogne |
| Date de naissance | 1249/1250 |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Motte de Maulnes (Tonnerre) |
| Sépulture | Hôtel-Dieu de Tonnerre |
| Père | Eudes de Bourgogne |
| Mère | Mathilde II de Bourbon |
| Conjoint | Charles Ier de Naples |
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Biographie
Origines
Marguerite de Bourgogne naît vers 1249/1250[1],[2]. Elle est la fille d'Eudes de Bourgogne († ), comte de Nevers, d'Auxerre et de Mathilde II de Bourbon, dite Mahaut de Dampierre († ), comtesse de Tonnerre (1257-1262)[2],[3].
Elle a deux sœurs, Yolande et Alix.
Elle est la petite-fille du duc de Bourgogne Hugues IV[1] et la nièce du duc Robert II dont la fille se prénommant également Marguerite est cependant née 40 ans plus tard.
Enfance et mariage
Son enfance se déroule à la cour du duc Hugues IV[2]. Á l'adolescence, elle entre au couvent de Fontevraud[2].
Elle est mariée en , à l'âge de 18 ans[1], à Charles Ier (1226-1285), roi de Sicile, puis de Naples, roi de Jérusalem, comte d'Anjou, du Maine et comte de Provence, veuf depuis l'année précédente[2],[4]. Le mariage se déroule à Trani, dans la région des Pouilles, dans le sud de l'Italie[5].
Le couple ne semble pas avoir eu d'enfant. Selon l'historien Petit (1894) pourrait avoir été en enceinte, vers 1272, d'après une lettre de son époux[6].
Elle s'installe à Naples, où elle constitue sa cour[5]. L'ambition de son époux, qui lorgne du côté de l'Orient, débouche notamment sur les Vêpres siciliennes, en 1282[5],[2].
Son époux meurt en 1285[5]. « Après avoir réglé ses affaires et remis l'administration des états de ses beaux-fils à Robert d'Artois », elle rentre en France[7]. Elle rapporte le cœur de son mari et le fait déposer au couvent Saint-Jacques à Paris[7].
Succession de Tonnerre
Sa sœur aînée, Yolande, hérite lors de son mariage avec Jean Tristan († ), quatrième fils de Saint Louis, du comté de Nevers[8]. Leur père, Eudes, meut croisé en 1266, laissant ses filles comme héritières[9]. Jean Tristan cherche à obtenir les comtés d'Auxerre et de Tonnerre, s'appuyant sur le droit d'aînesse de son épouse[10]. La question de la succession fait débat et le Parlement de Paris se charge de la résoudre à la suite d'une enquête[10],[1]. Il faut attendre l'année 1273 pour qu'un arrêt aboutisse au partage de l'héritage, attribuant le comté de Nevers à Yolande, celui de Tonnerre à Marguerite — considéré comme « meilleur que l'Auxerrois » (Fromageot, 1973)[9] — et enfin Auxerre à Alix[10],[11],[12].
Elle n'entre vraiment en possession de Tonnerre qu'à la Toussaint 1273[11].
Comtesse de Tonnerre
Rentrée en France, elle s'installe à Ligny-le-Châtel, en [13]. L'année suivante, elle doit retourner à Paris afin de régler une partie de la succession de son grand-père, le duc de Bourgogne Hugues IV[13].
Elle s'installe, en 1287, à Tonnerre, en compagnie de deux de ses parentes, Marguerite de Beaumont, veuve de Bohémond VII, comte de Tripoli, et Catherine de Courtenay, impératrice titulaire de Constantinople[2]. Ces dames résident au château de Tonnerre où elles s'occupent à des exercices de prière et de charité.
Comtesse de Tonnerre, elle est également baronne de Montmirail et d'Alluyt (Alluyes?), dame du Mans, Montjai, Saint-Aignan, Selles-en-Berry, Valençay et Ligny-le-Châtel[2]. Elle élargit son patrimoine en Tonnerrois, faisant l'acquisition de biens à Chichée (1277), Villon, Vertaut et Magny (1288)[14],[15]. En 1287, elle passe un accord avec son oncle Robert II à propos de Nogent-lès-Montbard[2]. En 1287-88, elle doit renoncer à sa part sur la cité d'Autun, Arnay-le-Duc, Pouilly et sur la seigneurie de Montbard[1].
En 1291, elle affranchit les habitants de Lézinnes[15],[2].
En 1293, Marguerite fonde à Tonnerre l'Hospice Notre-Dame de Fontenille, et lui assure les revenus suffisant pour son fonctionnement[2]. Cet hôpital deviendra l'Hôtel-Dieu de Tonnerre. Il a été dit, sans preuves, qu'elle l'aurait fondé en expiation[16].
Retraite et mort
Marguerite se retire peu à peu, en renonçant partiellement à ses affaires temporelles, tout en restant dans sa résidence tonnerroise[17].
Dans des Lettres de convenance, datant de 1292, elle partage ses biens entre ses différents neveux[18]. Louis et Robert, fils de sa sœur aînée et de son second époux, Robert III, comte de Flandres, obtiennent respectivement ses terres du Perche et du Berry[18]. Guillaume, fils de sa seconde sœur Alix, comtesse d'Auxerre, obtient les droits sur le comté de Tonnerre[18],[19]. Fromageot (1973) souligne cependant que la comtesse « [conservait] un droit de regard et de contrôle sur les terres concédées »[19]. Guillaume meurt, en 1304, cependant au cours de la guerre de Flandre[20]. Bien que son fils Jean II hérite des titres d'Auxerre et de Tonnerre, c'est Jean Ier de Chalon, époux de sa sœur Alix († ) et père de Guillaume, qui semble prendre possession du comté jusqu'à sa mort en 1309[21].

Marguerite meurt le [22],[2], sur la motte de Maulnes dans un château aujourd'hui totalement disparu et, n'ayant pas eu d'enfant, lègue Tonnerre à son petit-neveu Jean II de Châlon-Auxerre.
Son corps est inhumé dans l'Hospice des Fontenilles[2].
Sceaux et armes
Les Archives départementales de l'Aube conserve, dans sa collection de sceaux détachés, un sceau de Marguerite de Bourgogne[23] :
- sceau : dans un polylobe, un écu mi-parti, au 1, chargé d’un semé de fleurs de lis au lambel de trois pendants brochant (Anjou) ; au 2, d'un bandé de six pièces à la bordure endenchée (issu de Bourgogne).
- contre-sceau un écu chargé d’un bandé de six pièces à la bordure endentée (issu de Bourgogne).
Un grand sceau (1282/1285) de Marguerite de Bourgogne, reine de Sicile, où elle apparait sculptée « debout, de face, épaules couvertes d'un manteau doublé de vair », tenant de sa main droite un sceptre fleurdelysé et de la gauche l'attache du manteau. On observe également « deux petits écus : à sa droite l'écu d'Anjou (à trois fleurs de lys brisé d'un lambel), à sa gauche celui de Tonnerre (bandé de six pièces à la bordure engrêlée). »[24]