Marie-Claire Chevalier
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Cimetière de Meung-sur-Loire (d) |
| Nom de naissance |
Marie-Claire Catherine Chevalier |
| Nationalité | |
| Activité |
Figure militante pour le droit à l'avortement |
Marie-Claire Chevalier, également identifiée sous son seul prénom Marie-Claire, née le à Meung-sur-Loire (Loiret) et morte le à Orléans, est une figure de la lutte pour le droit à l'avortement en France. Elle a été défendue en par l'avocate Gisèle Halimi dans le procès de Bobigny pour avortement illégal. L'issue du procès a été une étape décisive, menant trois ans plus tard à la légalisation de l'IVG en France grâce à la loi Veil.
Jeunesse et formation
Marie-Claire Catherine Chevalier naît à Meung-sur-Loire, près d'Orléans, le [1],[2]. Elle grandit dans une famille des classes populaires avec sa mère et ses deux sœurs de un et deux ans ses cadettes, sans son père, dans une habitation à loyer modéré en banlieue parisienne[3],[4],[5].
Elle a 16 ans lorsqu'elle est violée en par un garçon de 18 ans, Daniel P., élève dans le même lycée qu'elle [4],[6] (l'âge de la majorité légale étant alors fixé à 21 ans, les deux protagonistes de ce drame sont mineurs). Se retrouvant enceinte, elle demande à sa mère, Michèle Chevalier, de trouver un moyen de la faire avorter[1]. Cette dernière a finalement recours à une faiseuse d'anges, mais Marie-Claire souffre ensuite d'une grave hémorragie et doit être hospitalisée[4],[5],[6].
Procès de Bobigny
Arrêté pour une affaire de vol de voiture indépendante du viol, le violeur décide de dénoncer Marie-Claire Chevalier afin d'obtenir sa libération[4],[6]. L'interruption volontaire de grossesse étant alors illégale en France, et punie de six mois à deux ans de prison, elle est mise en examen peu après[4],[7]. Elle est alors jugée dans le cadre du procès de Bobigny avec quatre autres femmes, dont sa mère. Toutes sont défendues par l'avocate Gisèle Halimi[1],[7].
Elle est finalement relaxée après le premier volet du procès, le , où elle est jugée à huis clos au tribunal pour enfants de Bobigny du fait de ses 17 ans[4],[8]. Sa mère est condamnée à une amende de 500 francs avec sursis et la faiseuse d'anges à un an de prison avec sursis après le second volet du procès, le [4]. Très médiatisée, l'affaire judiciaire se mue en « affaire politique » par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir, notamment[1],[8]. En , dans l'ouvrage Le procès de Bobigny, Gisèle Halimi qualifie le choix de l'avortement de Marie-Claire puis sa défense comme un « acte citoyen de désobéissance civique »[4].
Le retentissement de ce verdict aboutit à l'adoption de la loi Veil et la légalisation de l'avortement en France en [4],[7]. Le New York Times réalise un parallèle avec l'arrêt Roe v. Wade pris par la Cour suprême en , qui avait permis dans une situation similaire de rendre légal l'avortement aux États-Unis[5].
Vie après le procès
Après le procès et l'avortement, Marie-Claire Chevalier souffre encore de la situation et effectue une tentative de suicide. Elle retourne néanmoins à un certain anonymat, décidant notamment d'être usuellement désignée par son second prénom, Catherine[3],[5].
En , elle devient mère d'une fille prénommée Jennifer, après avoir un temps craint d'être devenue stérile à la suite de l'avortement[3],[4],[5]. Elle devient plus tard grand-mère[8].
Au début des années , elle entame des études pour devenir aide-soignante et exerce ce métier dans le Loir-et-Cher où elle réside, non loin d'Orléans (Loiret), jusqu'à sa retraite[9],[10]. Elle travaille également un temps comme soudeuse pour l'Armée française[5].
En , elle écrit la postface de la réédition du livre Le procès de Bobigny de Gisèle Halimi, évoquant notamment au sujet de la loi Veil que « cette loi, c'était un peu grâce à moi qu'elle était votée, c'était un peu la mienne »[4],[11]. Elle gardera par ailleurs le contact avec l'avocate longtemps après le procès[9].
Elle meurt le dans un hôpital d'Orléans après une « longue maladie » liée à une tumeur du cerveau[5],[9],[12]. Elle est inhumée dans le cimetière municipal de Meung-sur-Loire (carré A, allée A5, emplacement 1701)[10]. Sa sœur Martine, d'un an sa cadette, meurt la même année et est inhumée avec elle (voir les inscriptions sur sa tombe).

Hommages

En , une passerelle en métal bleu est nommée en son honneur et en mémoire du procès à Bobigny, devant le tribunal de la ville[7],[13],[14]. La passerelle est fermée en [15].
En , elle est incarnée par Juliette Lamboley dans le téléfilm Le Procès de Bobigny de François Luciani[8].
En , une pièce de théâtre intitulée Hors la loi, écrite et mise en scène par Pauline Bureau, met en scène le procès et est jouée à la Comédie-Française[1],[5].
En , une bande dessinée intitulée Bobigny , réalisée par Marie Bardiaux-Vaïente (scénario) et Carole Maurel (dessin et couleur), publiée aux éditions Glénat, retrace son histoire, le procès de Bobigny et la défense de la loi pour la dépénalisation de l'avortement[16].
Le a été inauguré, à Villetaneuse (Seine-saint-Denis), un centre départemental dédié à la santé sexuelle et la planification familiale qui porte son nom.
À sa mort, elle reçoit des hommages du président de la République[10], Emmanuel Macron et d'associations féministes, dont Osez le féminisme ![1],[5] ou encore Choisir la cause des femmes[17], dont Gisèle Halimi était la présidente, hommage que l'association réitère lors de l'inscription de l'IVG dans la constitution en [18].
Les élèves de la 48e promotion de l'Institut régional d'administration de Bastia choisissent de donner son nom à leur promotion en hommage[19].